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(Bien) aborder l'aspect rémunération, ca s'apprend !

(Bien) aborder l'aspect rémunération, ca s'apprend !

Votre rémunération est le résultat d’une négociation et vos prétentions, pour être acceptables, doivent être légitimes. Bien négocier passe par une connaissance de votre prix sur le marché et par une attitude lucide et ouverte.

– Je vaux tant.

– En êtes-vous sûr ? Sur quelle base vous appuyez-vous pour l’affirmer ?

« Sous prétexte qu’ils ont vu une offre d’emploi qui leur correspond, annonçant telle rémunération, les candidats s’estiment à ce prix-là, ça suffit ! Il faut être légitime dans ses prétentions, or, souvent, les candidats ne le sont pas », réagit Claire Romanet, fondatrice et dirigeante d’Elaee, cabinet de recrutement spécialisé dans les métiers de l’Internet, de la communication et du marketing. Elle rappelle deux réalités : « En changeant de poste en externe, il est admis qu’on peut viser maximum +20%, c’est très difficile de se vendre plus haut. En évolution interne, si on a des responsabilités accrues, l’augmentation de salaire est fonction de la grille salariale de l’entreprise. » tous les postes sont en effet soumis à une convention collective qui décrit une qualification et un coefficient auxquels correspond une fourchette de rémunération ; la logique, le bon sens veulent qu’on vise une ligne au-dessus de son niveau, pas trois lignes au-dessus… « Plus on coûte cher, plus le niveau d’exigence de l’employeur sera important, il faut donc bien se positionner », rappelle-t-elle.

Se situer dans la fourchette

Raisonner à partir de fourchettes est source d’erreur car elles sont très larges. Et si elles sont très larges c’est que plein de critères les modulent. Pour bien se situer, il faut savoir faire la différence entre un salaire parisien et un salaire de province, entre plusieurs niveaux d’expérience, et ne pas oublier que la typologie et la taille de l’entreprise conditionnent également la rémunération.

Savoir ce qu’on vaut

« Pour bien parler de rémunération, il faut avoir les idées claires sur sa valeur en termes de salaire, faites votre étude de marché ! », conseille Claire Romanet. Comment ? En vous informant, sans perdre de vue les critères évoqués précédemment. Les collègues, le réseau, les études de rémunération que l’on trouve sur les sites de nombreux cabinets de recrutement (vérifiez de quand elles datent) ou dans la presse (le dossier salaire annuel, ce marronnier), les fiches métiers, le Guide des salaires, la convention collective de l’entreprise, consultable sur le site de la Direccte, les syndicats, les applications mobiles, telles que SalairOmètre de Randstad, SimuSalaire d’Expectra, ou, pour les salaires de la communication, Salairecom d’Elaee : autant de moyens de savoir ce que vous valez. Veillez cependant à croiser les informations obtenues pour vérifier leur cohérence et affiner votre positionnement.

Savoir ce qu’on veut

« De plus en plus de candidats pensent job au-delà du salaire », constate Claire Romanet. Des différents critères qui composent un poste – localisation géographique, statut, ambiance, horaires de travail, rémunération, culture de l’entreprise, intérêt de la mission, degré d’autonomie, etc. –, lesquels sont prioritaires pour vous ? Répondre à cette question demande de bien se connaître, ce qui permet de clarifier son projet professionnel et de « savoir quelle est la position du critère salaire par rapport à tous les autres critères », préconise-t-elle. Et donc de savoir ce sur quoi lâcher prise ou non.

Laisser le recruteur amener le sujet

Le sujet est sensible, il vaut mieux donc laisser le recruteur l’amener lui-même. Si le salaire est une condition sine qua non pour vous, si rien ne vient de la part du recruteur, vous ne paraîtrez pas déplacé en abordant le sujet en fin d’entretien. « Si la question n’est pas abordée en premier entretien, elle le sera au second, s’il doit y en avoir un », précise Claire Romanet. Mais il ne s’agit pas de vous donner LE timing, car un entretien est un échange, et un échange demande de l’écoute. Développer cette faculté vous sera bien plus utile que de connaître l’heure du gong.

Toujours laisser une porte ouverte

« Un chiffre sur une annonce n’a pas de valeur en soi, c’est juste un indicateur, le salaire que l’on va vous proposer est le résultat d’une négociation, a fortiori pour un poste de commercial », souligne la dirigeante d’Elaee. Une négociation réussie est le fruit d’arguments pertinents, amenés au bon moment, avec l’attitude qui va avec : non campée sur une position ferme, dénuée d’agressivité. Autrement dit, au lieu de viser un chiffre, ce qui restreint terriblement votre marge de manoeuvre, abordez le sujet en parlant de fourchette, de ce que vous voulez cette fois-ci. C’est ainsi que la porte reste ouverte, le temps de la réflexion.

Sophie Girardeau