Skip to main content

L’audace paie quand on cherche un stage à l’étranger

L’audace paie quand on cherche un stage à l’étranger

Pour décrocher un stage à l’étranger, pensez à la candidature spontanée, ne vous contentez pas de répondre aux annonces.

« De la niaque, de l’audace – il faut s’imposer gentiment – et de la méthode » : telles sont pour Dominique Girerd, fondateur du Club Teli, les qualités requises pour décrocher un stage à l’étranger. L’association, créée en 1992, aide les jeunes « voyageurs-travailleurs » de tous niveaux de qualification dans leurs démarches de recherche de job ou de stage à l’international.

La candidature spontanée, avec relance, ça marche

Répondre aux offres de stage ne suffit pas, il vous encourage à utiliser la candidature spontanée. Modérons toutefois ce conseil selon les régions du monde. « Au Japon et dans les pays asiatiques en général, hormis à Hong-Kong et Singapour marquées par la culture anglo-saxonne, la candidature spontanée peut être perçue comme une intrusion, répondre à une annonce est préférable », observe notre interlocuteur.

Hormis cette réserve, il recommande de passer plus de temps à prospecter des employeurs (80% de son temps) qu'à répondre aux annonces (20%) car, avec relance, la candidature spontanée fonctionne très bien. « En Espagne par exemple, l’employeur attend votre appel, en Angleterre aussi, il part du principe qu’un candidat motivé n’attend pas d’être appelé », précise-t-il.

Osez les pays « sensibles »

Nous parlons des pays dits sensibles au niveau économique. En Grèce et en Espagne où le taux de chômage explose, les offres de stages sont nombreuses, on aurait donc tort de penser qu’il vaut mieux éviter ces contrées. « Des destinations peuvent faire peur du fait de leurs difficultés économiques mais, à l’exception de l’Irlande où en 2009 les offres s’étaient arrêtées du jour au lendemain, nous constatons le maintien des opportunités en Grèce et en Espagne », note Dominique Girerd. De plus, la rareté des candidats vers les destinations jugées sensibles fait l’opportunité pour ceux qui osent, ce qui est aussi valable dans les pays où le marché caché de l'emploi atteint des niveaux records : « Battez-vous là où ne vont que 20% des candidats. »

Postulez à temps

Septembre/octobre est une bonne période pour chercher un stage à l’étranger. La recherche commence par la préparation de son « équipement », à savoir un CV et une lettre de motivation en langue étrangère – nos conseils pour les candidatures à l’anglo-saxonne ici.

Ne sous-estimez pas la barrière de la langue

« Faites simple, définissez un projet réaliste ! Pensez aussi à la vocation linguistique du stage et visez les pays où vos bases linguistiques sont suffisantes pour que ce soit jouable », insiste-t-il. Les jeunes négligent encore trop souvent cet aspect et se créent donc des difficultés inutiles.

Soyez confiants, culottés et débrouillards

« Les jeunes Français sortent de leurs écoles avec de bons niveaux, en langues aussi, ils sont loin d’être à la rue », remarque Dominique Girerd. Une façon de dire qu’ils ont tort de douter de leurs capacités à décrocher un stage à l’étranger. Plein de ressources, comme des annuaires d’entreprises à télécharger sont à disposition sur le Web, ils aident à trouver les PME qui elles aussi cherchent des stagiaires, pensez à vous en servir ! Et n’attendez pas les réponses, provoquez-les. Comme cette étudiante ayant déposé sa candidature à l’ONU, qui ne voyait rien venir comme réponse et qui a sauté sur l’occasion qui se présentait un jour dans la file d'attente d'une boulangerie genevoise. Deux femmes devant elle parlaient d’ONU et de stages, avec qui elle a engagé la conversation. Un mois plus tard elle avait son stage.

Quant aux jeunes peu ou pas qualifiés, il leur conseille de viser un petit job et de rebondir à partir de lui : « Vous améliorerez ainsi votre niveau de langue et votre confiance en vous. » Rien de tel à ses yeux que la mobilité internationale pour donner aux jeunes l’enthousiasme et la confiance dont ils peuvent manquer, par peur la plupart du temps car les discours ambiants la distillent soigneusement… « L’œil qui pétille du jeune qui rentre » est la preuve de ce qu’il prône.

Sophie Girardeau