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Jeune diplômé : à quel point peut-on négocier son premier salaire ?

Jeune diplômé : à quel point peut-on négocier son premier salaire ?

La question de la rémunération cristallise bien le décalage entre l’employeur - contraint de recruter à bas coût du fait du poids des charges - et le jeune diplômé d’aujourd’hui, ouvert, franc, direct… décomplexé. C’est en contournant cette question et en vous concentrant sur le choix de votre première expérience que vous négocierez au mieux votre salaire… et surtout, celui de votre deuxième poste, et des suivants.

Les diplômés des grandes écoles ne connaissent pas la crise
Débutants issus d’une école de commerce (HEC, ESSEC, EDHEC, EM Lyon…) ou d’ingénieurs (X, Centrale, Ponts, Mines…) de rang A, vous avez choisi la voie royale qui fait de vous des profils extrêmement convoités et encore mieux payés qu’il y a dix ans. Normal (ouvrez et fermez les gros guillemets), vous avez le diplôme et le cerveau qui rassurent l’entreprise. ''On constate une fois de plus en France une inégalité, elle est réelle sur le marché'', pointe Charles de Lauzanne, manager sur les fonctions commerciales, marketing et ventes chez Mac Allister. La question de la négociation ne se pose presque pas pour vous tant les grilles de salaire vous sont favorables. Mais la réalité du marché est ailleurs. Si les Bac+5 ont moins de difficultés que d’autres à se vendre, le contexte actuel est inquiétant pour les très nombreux jeunes diplômés qui se disputent le peu de postes en CDI.

Choisir sa voie, c’est aussi choisir son salaire
C’est bien en amont des entretiens d’embauche que la question du salaire se joue. C’est à un âge insouciant qu’il est déterminant, et difficile, de choisir une formation, une spécialisation, de viser un diplôme, puis, encore plus qu’avant, de réfléchir en termes de poste et de secteur - on le dit, on le répète, on le rabâche mais les recruteurs déplorent toujours d’avoir affaire à des jeunes mal orientés et mal informés. Sachez par exemple que l’excès de profils marketing sur le marché nivelle leurs salaires par le bas. '' Dans le contexte économique actuel, d'offre globale, il faut des spécialistes sur chaque secteur. Les spécialisations sont donc valorisées. De même que l'alternance. Au lieu d'un Bac+5, pourquoi ne pas opter pour un Bac+2 ou 3 en alternance ?'', conseille Charles de Lauzanne.

Savoir où l’on va
Les stages et la spécialisation conditionnant aujourd’hui fortement le début de carrière, appuyez-vous donc sur eux pour élaborer un discours clair, logique, qui montre que vous vous projetez dans l’avenir. Un discours qui donnera envie à l’entreprise de vous attirer chez elle. '' Misez aussi sur votre personnalité, les recruteurs y sont très attentifs, qui cherchent de jeunes potentiels capables de parler de ce qu'ils veulent réaliser '', note le recruteur.

Renverser les a priori
Intégrité, respect, professionnalisme… autant de valeurs que les entreprises espèrent trouver chez les candidats, tous niveaux d'expérience confondus. Entreprises qui ne comprennent pas que les jeunes, eux, sont en quête de valeurs différentes, et qui voient dans la Génération Y, une génération d'enfants gâtés ou d'enfants perdus. À vous jeunes diplômés de leur montrer tout le contraire, c'est-à-dire que vous avez un cadre, une vision de carrière, que vous savez argumenter votre choix d’entreprise, signe que vous vous êtes informés. '' Si votre motivation n'est que financière, cela fait peur à l'entreprise'', souligne Charles de Lauzanne - que les employeurs se rassurent, la rémunération n’est pas le principal moteur de cette génération… Bref, distinguez-vous de la foule de jeunes diplômés qui ne savent pas où ils vont, qui ont l’air d’être arrivés là (en entretien puis en entreprise) par hasard.

Objectif deuxième poste
L’enjeu de votre premier poste est l’expérience et la carte de visite, transformables en sésame, pas le salaire. ''Aller au plus offrant peut-être dangereux. Sur le marché français, qui a besoin de références, raisonnez plutôt en termes de 'bonne' entreprise par rapport à votre projet. La vision et la cohérence entre le parcours universitaire et le premier poste sont valorisées et valorisables'', souligne Charles de Lauzanne. La bonne première entreprise en France, c’est souvent la grosse boîte, qui, dès l’étape stage, donne du poids au CV. Donnez-vous le temps d’un premier job pour être dans la configuration qui vous permettra de négocier un bon salaire. C’est rarement en sortant de l’école qu’on peut se positionner comme expert métier ou secteur.

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