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Passer du public au privé ? Comme de vie à trépas…

Passer du public au privé ? Comme de vie à trépas…
Voici deux termes qui s’opposent. Etre un agent public ou un salarié du privé ce n’est tout de même pas la même chose. Tant et si bien que j’ai décidé de m’interroger sur les difficultés que rencontrerait un agent du public qui déciderait de renoncer à son statut pour passer du côté « obscur de la force ». Voilà ce qu’il en découlerait.
Avant toute chose, si le fonctionnaire en question n’a pas accompli 15 années de service dans la fonction publique, cette transaction lui coûtera chère en remboursement de ses cotisations retraite. En effet, les fonctionnaires ne cotisant pas aux mêmes taux, ni aux mêmes caisses que les salariés du privé, un agent qui n’aurait pas ces quinze années de cotisation devra demander la récupération de ses années de cotisation publique à sa nouvelle caisse et lui payer par conséquence la différence. En revanche, au-delà de quinze ans, le fonctionnaire peut demander son admission à la retraite et percevoir une pension au prorata de ses années de service au moment de sa radiation des cadres de la fonction publique.
C’est une contrainte financière qu’il est important de prendre en considération.
En dehors de ce désagrément, l’agent public va devoir se métamorphoser en salarié du privé. S’il s’agit d’un agent d’exécution, il devra réaliser des tâches qu’il connaît avec une cadence rythmée par le rendement et les bénéfices que doit réaliser sa boîte. Et ça, c’est très nouveau pour lui.
S’il s’agit d’un cadre, le changement va être brutal. Finies les réunions interminables où la DGS (Directrice Générale des Services) finit la séance en abordant la scolarité de ses enfants. A partir de maintenant, le temps c’est de l’argent. Il s’agit donc d’être pertinent, efficace et ….pro duc tif ?
Voilà un nouveau mot qu’il devra rajouter à son vocabulaire. Jusqu’à présent il avait, selon son administration, des objectifs à réaliser sur la qualité de service rendu aux usagers. Il a à présent des objectifs chiffrés, quantifiés et datés. Et surtout, il va devoir les réaliser en temps et en heures.
C’est un changement radical qui est en train de s’opérer pour lui. Par exemple, il peut commander directement aux fournisseurs sans être obligé de faire un marché. Il va  agir et réagir, sans le visa systématique de son supérieur hiérarchique. En contrepartie de quoi, il devra assumer les conséquences de ses initiatives et ses dé ci sions. Ah, encore un nouveau mot à rajouter à son vocabulaire. Et oui, certes, il a un Chef d’entreprise, certainement un Directeur, mais il est un cadre autonome et il est bien payé pour cela. D’ailleurs, n’est-ce pas ce salaire mirobolant (+ de 30% du sien) qui lui a fait quitter la fonction publique ? Son employeur attend donc de lui de l’initiative, de la créativité, de l’efficience et de l’efficacité. Bref, il va devoir cravacher pour garder son poste, qui bien qu’en CDI, ne lui est pas dû à vie. Bien entendu, la « placardisation » des cadres n’est pas réservée à nos seules administrations, mais en temps de crise, rares sont les entreprises qui ont les moyens d’entretenir un haut salaire pour compter les mouches.
Soyons clair, je suis Responsable RH dans un EPIC qui gère autant d’agents publics que de salariés de droit privé. Je parle donc en connaissance de cause. Il ne s’agit pas là d’une critique acerbe du fonctionnariat et loin de moi l’idée d’opposer ces deux mondes. Mais il est tout de même plus facile pour un salarié d’intégrer la fonction publique (bien que pour lui ce soit une  « hallu » !) que l’inverse. Dans la Fonction Publique il a intégré des réflexes et des habitudes qu’il est difficile de gommer. J’ai cependant autour de moi de très grandes réussites d’intégration de hauts fonctionnaires dans de grandes entreprises privées. La raison vient certainement du fait que dans leur carrière, ces personnes ont aussi acquis rigueur et fiabilité.
N’hésitez pas à réagir à cet article.

Voici deux termes qui s’opposent. Etre un agent public ou un salarié du privé ce n’est tout de même pas la même chose. Tant et si bien que j’ai décidé de m’interroger sur les difficultés que rencontrerait un agent du public qui déciderait de renoncer à son statut pour passer du côté « obscur de la force ». Voilà ce qu’il en découlerait.

Avant toute chose, si le fonctionnaire en question n’a pas accompli 15 années de service dans la fonction publique, cette transaction lui coûtera chère en remboursement de ses cotisations retraite. En effet, les fonctionnaires ne cotisant pas aux mêmes taux, ni aux mêmes caisses que les salariés du privé, un agent qui n’aurait pas ces quinze années de cotisation devra demander la récupération de ses années de cotisation publique à sa nouvelle caisse et lui payer par conséquence la différence. En revanche, au-delà de quinze ans, le fonctionnaire peut demander son admission à la retraite et percevoir une pension au prorata de ses années de service au moment de sa radiation des cadres de la fonction publique.

C’est une contrainte financière qu’il est important de prendre en considération.

En dehors de ce désagrément, l’agent public va devoir se métamorphoser en salarié du privé. S’il s’agit d’un agent d’exécution, il devra réaliser des tâches qu’il connaît avec une cadence rythmée par le rendement et les bénéfices que doit réaliser sa boîte. Et ça, c’est très nouveau pour lui.

S’il s’agit d’un cadre, le changement va être brutal. Finies les réunions interminables où la DGS (Directrice Générale des Services) finit la séance en abordant la scolarité de ses enfants. A partir de maintenant, le temps c’est de l’argent. Il s’agit donc d’être pertinent, efficace et ….pro duc tif ?

Voilà un nouveau mot qu’il devra rajouter à son vocabulaire. Jusqu’à présent il avait, selon son administration, des objectifs à réaliser sur la qualité de service rendu aux usagers. Il a à présent des objectifs chiffrés, quantifiés et datés. Et surtout, il va devoir les réaliser en temps et en heures.

C’est un changement radical qui est en train de s’opérer pour lui. Par exemple, il peut commander directement aux fournisseurs sans être obligé de faire un marché. Il va  agir et réagir, sans le visa systématique de son supérieur hiérarchique. En contrepartie de quoi, il devra assumer les conséquences de ses initiatives et ses dé ci sions. Ah, encore un nouveau mot à rajouter à son vocabulaire. Et oui, certes, il a un Chef d’entreprise, certainement un Directeur, mais il est un cadre autonome et il est bien payé pour cela. D’ailleurs, n’est-ce pas ce salaire mirobolant (+ de 30% du sien) qui lui a fait quitter la fonction publique ? Son employeur attend donc de lui de l’initiative, de la créativité, de l’efficience et de l’efficacité. Bref, il va devoir cravacher pour garder son poste, qui bien qu’en CDI, ne lui est pas dû à vie. Bien entendu, la « placardisation » des cadres n’est pas réservée à nos seules administrations, mais en temps de crise, rares sont les entreprises qui ont les moyens d’entretenir un haut salaire pour compter les mouches.

Soyons clair, je suis Responsable RH dans un EPIC qui gère autant d’agents publics que de salariés de droit privé. Je parle donc en connaissance de cause. Il ne s’agit pas là d’une critique acerbe du fonctionnariat et loin de moi l’idée d’opposer ces deux mondes. Mais il est tout de même plus facile pour un salarié d’intégrer la fonction publique (bien que pour lui ce soit une  « hallu » !) que l’inverse. Dans la Fonction Publique il a intégré des réflexes et des habitudes qu’il est difficile de gommer. J’ai cependant autour de moi de très grandes réussites d’intégration de hauts fonctionnaires dans de grandes entreprises privées. La raison vient certainement du fait que dans leur carrière, ces personnes ont aussi acquis rigueur et fiabilité.

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