Candidat en situation de handicap : "rester factuel et transparent"

Candidat en situation de handicap : "rester factuel et transparent"

Kevyn Kohler est le directeur associé d’AKTISEA, une entreprise adaptée basée à Nice, dont plus de 80% des salariés sont en situation de handicap et qui est experte dans le recrutement pour les Missions Handicap de grands groupes. Il nous donne quelques conseils pour valoriser au mieux ses compétences et bien mener ses recherches et ses entretiens quand on est un candidat en situation de handicap.

 

Faut-il indiquer son handicap sur son CV ?

Oui bien sûr, il faut indiquer que l’on est en situation de handicap. En apposant par exemple la simple mention RQTH. Pas besoin d’en dire davantage sur le CV. Mais c’est important de l’indiquer. Cela permet une identification rapide et cela fait gagner du temps à tout le monde, au recruteur comme au candidat. Certaines situations restent plus délicates et ce n’est parfois pas simple de faire le choix de l’indiquer. On peut alors dans ce cas partager cette information plus tard lors des échanges avec les recruteurs.

 

Avez-vous des conseils pour l’attitude à adopter en entretien ?

Dès les entretiens il faut être transparent et communiquer sur le handicap. On ne rentre pas dans les détails non plus en entretien. Mais on informe sur les adaptations nécessaires du poste (clavier, écran, logiciels spécifiques… ). Cela permet de parler du handicap tout en restant très factuel sans entrer dans la dimension de vie privée. Mais tout cela vient après les compétences !

 

Comment justement valoriser ses compétences ?

En les mettant en avant, en tout premier ! Avant le handicap. Ce sont les compétences qui comptent et qui sont prioritaires face au handicap.

En revanche, si le handicap va être bloquant d’une manière ou d’une autre pour l’entretien en lui-même, là, dans ce cas précis, il vaut mieux le dire en introduction. Par exemple, si vous avez un problème visuel il est important pour le recruteur de savoir qu’il ne peut pas vous solliciter sur certains supports pendant l’entretien. Cela aide votre interlocuteur à savoir comment se comporter pendant votre entrevue. Plutôt que de ne rien dire et semer le trouble avec une attitude inhabituelle durant l’entretien avec le recruteur. Ce dernier va alors se poser des questions, il va uniquement voir un candidat qui se comporte avec une gêne et ne plus être concentré sur les compétences. Encore une fois : être transparent et factuel !

 

Faut-il cibler les entreprises qui s’engagent  sur l’emploi de personnes en situation de handicap ? Et si oui, comment ?

Il ne faut pas brider ses recherches ni ses cibles, mais l’avantage de s’adresser à une Mission Handicap c’est de ne pas être noyé dans un volume de candidats et d’avoir une attention particulière lors du processus de recrutement et ensuite d’intégration dans l’entreprise.

Il est assez facile d’identifier les Missions Handicap sur les sites carrière des entreprises et également sur les réseaux sociaux. On peut ainsi identifier les chargés de recrutement. Il existe également des structures spécialisées : GESAT, UNEA, HANDECO Pas@Pas… On peut également poster son profil sur notre plateforme AKTISEA. Il suffit de remplir très précisément son profil et nous le faisons matcher avec les besoins de nos clients. Cela permet une intégration dans notre vivier et un suivi tout au long de la carrière, d’un emploi à un autre.

 

Quels sont les outils Monster que vous conseillez aux candidats en situation de handicap ?

Ils peuvent déclarer leur situation de handicap sur leur profil afin d’être identifiés plus facilement grâce aux filtres mis à disposition du recruteur. Ils ont également beaucoup de FAQ, guides de bonnes pratiques à adopter ou encore divers conseils sur les rédactions de CV notamment. Ce sont des ressources valables pour tous les candidats et que j’encourage vivement à consulter.

 

Lors d’une prise de poste, comment s’intégrer facilement à l’entreprise ?

Rester soi-même, assumer son handicap et l’expliquer. Une fois que le handicap a été compris, l’intégration est facilitée. Le problème est surtout la perception et le regard des autres. La personne en situation de handicap est souvent victime de préjugés et mal perçue, comme par exemple étant une personne plus souvent absente. Encore une fois il faut expliquer son handicap de manière factuelle. Et il est aussi du travail du manager et des RH de sensibiliser les collaborateurs au handicap. Il est certain que les entreprises qui adoptent une Mission Handicap sont plus matures sur le sujet et l’intégration du salarié en situation de handicap qu’une entreprise qui ne possède aucun dispositif.

Si vous souhaitez être accompagné de manière plus personnalisée dans votre prise de poste alors, oui, il vaut mieux choisir des entreprises qui animent une Mission Handicap.

 

Chez AKTISEA vous avez un management très original basé sur la gamification, pensez-vous qu’une entreprise de ce style soit idéale pour des personnes qui se ré-insèrent dans le monde du travail ?

C’est une excellente manière de reprendre le chemin de la vie professionnelle mais ce n’est pas une obligation : qu’on soit en situation de handicap ou non, certains candidats se retrouvent dans cet esprit-là de jeu et d’autres non. Une entreprise qui anime ses équipes grâce à la gamification du travail a besoin comme les autres de collaborateurs compétents et dans une dynamique positive. La gamification est un outil au service de la performance et du bien-être au travail.