L’alternance, un gage d’insertion quand on est motivé

L’alternance, un gage d’insertion quand on est motivé

Pour la cinquième année consécutive, la rentrée de Julien Vanderbecq est sous le signe de l’alternance. Retour sur son expérience de l’apprentissage et du contrat de professionnalisation.

« J’ai l’impression d’avancer vers mon objectif », estime Julien Vanderbecq quand il analyse son parcours d’alternant. Étudiant en master 2 à l’IAE de Valenciennes, en conseil en gestion de patrimoine, il a, à 24 ans, quatre ans de recul sur un dispositif qu’il a choisi pour avoir une autonomie financière, pour allier la théorie et la pratique et parce que l’alternance est à ses yeux « une porte ouverte sur l’emploi ».

Il peut témoigner à ce jour de trois expériences en entreprise. La première, en tant qu’assistant technico-commercial en apprentissage pendant deux ans chez Certifer, leader mondial de la certification ferroviaire basé à Anzin dans le Nord. « Une très bonne expérience avec un peu de mobilité internationale, en Arabie saoudite et en Algérie », alors qu’il préparait un DUT TC (techniques de commercialisation) à l’IAE de Valenciennes. La seconde au siège de Toshiba à Villeneuve d’Ascq, en contrat de professionnalisation pendant un an, en marketing et stratégie, dans le cadre d’un DESS Marketing, après l’obtention d’un bachelor Maestris, en marketing et stratégie d’entreprise. Et l’actuelle au Crédit Mutuel, dans le cadre de son master, en tant que conseil en gestion de patrimoine (CGP).

« L’alternance est une formidable opportunité de confirmer ou d’infirmer son orientation »

Julien connaît la difficulté de l'orientation, il sait aussi ce que changer ses plans veut dire. Il a renoncé à un Eldorado australien où il se projetait en tant qu’entrepreneur, d’où son orientation première en commercial. Sentant sa fibre entrepreneuriale s’user et son intérêt pour « les jeux financiers » grandir (il aime le challenge que représente le fait de jouer avec les hauts et les bas de la spéculation), il a choisi, après pas mal d’interrogations, une formation en stratégie pour apprendre à « détecter un manque sur le marché, savoir où créer de la valeur ». S’il a depuis longtemps le goût de la finance, il a pris conscience de la nécessité de comprendre ses mécanismes pour bien investir lui-même et conseiller les autres. « L’alternance est une formidable opportunité de confirmer ou d’infirmer son orientation », souligne-t-il.

« J’ai toujours galéré pour trouver mes contrats »

Julien dégage une double impression d’aisance et de persévérance. C’est un bosseur – il est sorti major de toutes ses promotions – mais un bosseur qui déteste l’école : « Les cours sont pour moi une redite de ce que j’apprends de mon côté, par mon travail personnel fait de rencontres avec des professionnels et d’énormément de lectures sur tous les sujets qui m’intéressent, la finance mais aussi la peinture, le domaine vinicole, le sport... » Ses bons résultats ne lui ont pas épargné les difficultés de la recherche de contrats d’apprentissage et de professionnalisation. « J’ai toujours galéré pour trouver mes contrats, je les ai toujours trouvés sur le fil ou au-delà de la date butoir. Les entreprises préfèrent les stagiaires, plus flexibles et moins chers, aux alternants », remarque-t-il.

La distance géographique est un autre motif de refus des employeurs, elle leur fait craindre le non-respect des horaires de travail. Jusqu’à ce qu’elle se transforme en atout « mobilité géographique », comme ça été le cas avec le Crédit Mutuel. Il prévient néanmoins que les longs trajets ne sont pas tenables longtemps, raison pour laquelle il a pris cette année un appartement à Calais pour éviter des allers-retours quotidiens de 300 kilomètres. Un mauvais timing lui a aussi parfois compliqué la tâche : « En janvier, c’est prématuré, les entreprises accueillent mal les demandes, mars-avril est le bon moment, plus tard, les places risquent d’être prises », note-t-il.

« Il faut effacer son côté scolaire »

Julien conseille à tous les étudiants qui tablent sur l’alternance de rester motivés malgré les non-réponses et les refus, nombreux dans le contexte actuel de marasme économique. Deux choses ont fait la différence pour lui, la confiance des employeurs d'abord, due à son attitude qui dégage du professionnalisme – « Il faut effacer son côté scolaire, être autonome, rigoureux, respectueux, avoir conscience d’être en entreprise dans un monde différent de celui de l’école ». Et le fait de se sentir compétent, sentiment renforcé par son travail personnel. « Certains étudiants n’ont pas conscience du décalage entre leur niveau de compétences et les attentes des entreprises. Quand on est jeune et qu’on a envie de sortir, il n’est pas toujours facile d’évaluer la charge de travail qui est importante, il faut savoir refuser une soirée pour bosser ses cours mais quand on est motivé, sérieux, qu’on le montre, l’alternance donne accès ou job dont on rêve », conclut-il.

Sophie Girardeau