Août au bureau : productivité ou procrastination ?

Août au bureau : productivité ou procrastination ?
En août il règne une ambiance très particulière dans les bureaux. L’atmosphère légère et chaleureuse incite à revoir notre manière de travailler. Rester au bureau en août, c’est souvent un choix. Celui d’éviter la cohue sur les plages de sable blanc. On a déjà bien assez souffert de celles des transports en commun toute l’année. D’ailleurs, ce qui change vraiment en août, c’est la manière dont on aborde sa journée. On se réveille sous le soleil (enfin, lorsque la météo ne ressemble pas à celle d’un mois de novembre), on ne se bat pas pour se faire sa place dans le bus ou le métro, on ne hurle pas après cet imbécile qui rêvasse quand le feu est vert alors que ça fait près d’une heure qu’on est coincé dans les embouteillages. On est dé-ten-du. On arrive au bureau le sourire aux lèvres, et on prend le temps de discuter 5 minutes avec ses collègues avant de s’atteler à la tâche. A la pause déjeuner, même décontraction. On flâne dans les jardins publics ou on s’attable à la terrasse d’un café, profitant de la langueur estivale. En bref, on vit en mode été 3 mois dans l’année, de juin à septembre. Alors que les aoûtiens vivent leurs vacances comme une journée de boulot, entre queues interminables chez le marchand de glace et places à se faire au soleil sur les plages bondées, nous, on profite des villes quasi vides que le stress a déserté.   Plus de boulot en août « Même si en vérité on a plus de travail en août, on le fait de manière plus sereine » dit Mélanie. Plus de boulot puisqu’on doit assumer ses propres dossiers et ceux des collègues partis se dorer la pilule, mais quasi plus de temps pour le faire : personne ou presque pour venir nous interrompre à tout bout de champ en nous demandant des précisions sur tel ou tel dossier. Notre productivité est au top. Et c’est tant mieux ! Parce que depuis quelques années les grandes entreprises adorent briefer leurs prestataires en juillet afin de s’assurer une livraison en septembre. Ils s’en vont en vacances l’esprit tranquille : leurs gentils petits prestataires vont travailler d’arrache-pied en août. Quand ils rentreront, ils n’auront plus qu’à vérifier le travail accompli pendant leurs vacances. Pas de temps mort, efficacité optimale. « En août, c’est le moment idéal pour avancer sur des sujets de fond » apprécie Gérôme. Pas de coups de fil des clients toutes les 3 minutes pour savoir si on a avancé sur tel ou tel point. La concentration est à son maximum. Et pour les plus prévoyants, c’est le bon moment pour revoir les méthodologies de travail, préparer des outils et autres matrices qui leur feront gagner du temps tout au long de l’année. Pour les freelances ou les intérimaires, choisir de se rendre disponible en août a aussi ses avantages. Tous les autres sont absents, alors ils décrochent des missions en veux-tu en voilà, et accrochent de nouveaux clients qu’ils se promettent de ne pas lâcher en septembre. Tout l’art du « qui va à la chasse perd sa place ».   Mais sur un mode plus créatif Août peut être particulièrement déprimant quand on cherche un job. Sauf si on est inventif. Le peu d’interlocuteurs disponibles chez vos entreprises cibles sont souvent plus ouverts à la discussion. C’est le bon moment pour élargir ou qualifier votre réseau. Imaginez une enquête ludique ou un sujet original sur lequel échanger : ça change des habituelles questions que vous posez à vos interlocuteurs et eux en profitent pour se détendre 5 minutes. En les surprenant, vous vous faites remarquer et récoltez d’éventuels contacts pour la rentrée. Pendant leurs pauses syndicales, certains de ces fameux interlocuteurs estivaux s’adonnent peut-être à une vaste post-it war. En ce moment, la guerre fait rage à La Défense, à Montreuil ou encore Issy-les-Moulineaux. Kesako ? Une bataille rangée où les armes sont des post-it de toutes tailles et couleurs, que les employés collent sur les vitres de leurs tours de Babel. Mais pas n’importe comment : ils rivalisent de créativité pour agencer ces fameux papiers colorés de manière à représenter des personnages de jeux vidéo. Les managers apprécient, paraît-il, cette lutte bon enfant qui détend l’atmosphère. Et les responsables des achats de fourniture ? Certains salariés disent acheter les post-it avec leur argent de poche… Comme quoi, le mois d’août a tout bon !