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Burnout: trois conditions pour en parler pendant l’entretien

Burnout: trois conditions pour en parler pendant l’entretien

Évoquer son burnout en entretien demande d’être prêt et préparé. C’est au recruteur d’amener le sujet, s’il le fait, optez pour une réponse factuelle et concise.

« Burnout » : en attribuant ce nom à des difficultés qui se vivaient autrefois sans qu’on les nomme, on a contribué à libérer la parole autour de ce qu'on appelle aussi syndrome d’épuisement professionnel. Généralement, un burnout éloigne durablement du monde du travail et il arrive que des personnes soient arrêtées pendant un ou deux ans.
Si c’est votre cas, votre « inactivité » est visible sur votre CV et vous pouvez vous attendre à être questionné sur ce point par le recruteur.

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On en parle si le recruteur amène le sujet

S’il y a un moment pour parler d’une difficulté vécue, c’est celui de l’entretien, et non au stade du CV qui est un outil qui sert à provoquer la rencontre et non à semer le doute sur vos capacités. « Quand vous avez été en burnout, vous ne devez pas pour autant trafiquer votre CV », insiste Myriam Bué, directrice de Menway Carrières Hauts-de-France, « et vous pouvez en parler pendant l’entretien si le recruteur amène le sujet dans la discussion ». Mettre de vous-même votre burnout sur la table aurait le même effet que de jeter un pavé dans la mare : troubler un instant qui demande plutôt d’apporter de la clarté. Éluder la question n’est donc pas non plus la bonne option, « votre absence de réponse peut être plus inquiétante pour le recruteur que le contenu de la réponse », ajoute-t-elle.

Sachez que même si chaque recruteur a une réaction qui lui est propre, les entreprises sont de plus en plus conscientes que personne n’est à l’abri de vivre ce problème et la tendance actuelle les pousse à être attentives à la qualité de vie au travail (QVT). « Elles font preuve de plus d’acceptation de l’accident de parcours en général, à condition d’en être sorti grandi », précise notre interlocutrice.

On se prépare à en parler, en travaillant une réponse avec laquelle on se sent à l'aise

Le recruteur s’inquiète plus de la fragilité de la personne face à lui que de la difficulté passée. Chercher un job après un burnout suppose donc d’être sorti de sa phase médicale, le faire avant serait non seulement contreproductif mais encore, destructeur. Cela demande en outre d’être accompagné. « Il s'agit d'être prêt plutôt que d'être fort, d’être prêt à expliquer clairement et calmement ce qui est arrivé », poursuit-elle. Il n’y a pas de réponse toute faite, chacun est différent dans sa façon de vivre les épreuves, il convient donc de préparer sa propre réponse, avec laquelle on se sent à l’aise.

Savoir poser et doser les choses

Un exposé synthétique, factuel et simple est ce qu’il y a de plus indiqué. « Il faut savoir expliquer cet épisode difficile de façon calme et posée, jusque dans son langage non verbal », recommande Myriam Bué. Votre attitude et vos paroles doivent être cohérentes. Indiquer l’année, nommer ce qu’on a vécu, un burnout donc, dire le temps que cela a pris pour s’en sortir est une façon claire et factuelle d’amener sa réponse. « On peut dire que cela a pu être pénible mais que l’expérience a permis de poser les choses, qu’on a pris le temps de se reconstruire et qu’on est maintenant prêt à travailler à nouveau, qu’on en a envie », complète-t-elle.

Inutile de détailler les causes (mieux vaut parler d’un ensemble de facteurs) et la thérapie suivie, de même que d’évoquer les débordements émotionnels (colère, violence…) et les insuffisances professionnelles que peuvent provoquer le burnout. S'attarder sur cet épisode, c’est risquer de s’embourber dans ses explications. Enfin, face à un recruteur empathique, vous pouvez être tenté de vous étendre sur le sujet. Gardez-vous en. « Il faut rester dans le contrôle d’éléments émotionnels et personnels, d’où l’importance de se sentir prêt car le recruteur sait souvent appuyer sur le bon bouton », conclut-elle.

Sophie Girardeau

 

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