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Chercher un autre job quand on est en poste, une sorte de double vie

Chercher un autre job quand on est en poste, une sorte de double vie

Pas de perspectives d’évolution, relations difficiles avec votre manager, sentiment d’avoir fait le tour de vos fonctions… Pour l’une de ces raisons, ou une autre, vous voulez « bouger », changer de job et d’entreprise. Conseils et points d’attention.

 

Vous voilà prêt à vous mettre en mouvement pour quitter votre entreprise actuelle. Votre démarche est officieuse, elle requiert donc de la discrétion vis-à-vis de votre employeur, de la diplomatie dans vos échanges avec vos différents interlocuteurs (relations réseau, recruteurs...) mais aussi, comme toute recherche d’emploi, de la préparation et de l’organisation. Selon Cyril Capel, cofondateur de CCLD Recrutement, votre recherche a des chances d’avancer relativement vite : « C’est le bon moment quand on est en poste, on est en effet perçu comme plus séduisant qu’un candidat au chômage ». Un avis que nuance Olivier Brevet, directeur exécutif chez Menway Carrières : «Toute recherche d’emploi est longue et chronophage. Dans ce cas, vous avez un peu une double vie, ou du moins, une double préoccupation : continuer de faire votre job tout en menant le travail off de votre recherche ».

Préparation

Rappelons un principe : se mettre sur le marché demande d’avoir la meilleure employabilité possible, ce qui induit de l’avoir travaillée en amont, en s’étant informé sur les besoins des entreprises et formé si nécessaire pour actualiser ses compétences . Il faut aussi préparer votre mental à un emploi du temps chargé, au fait de devoir faire des choix et de s’exposer. Votre bon sens est également de la partie : vous éviterez absolument de suivre l’exemple, véridique, de ce cadre qui utilisa un jour tout son carnet d’adresses professionnel pour annoncer son futur départ de l’entreprise alors qu’il n’avait pas trouvé de nouveau job. Vos outils (CV, pages de réseaux sociaux) sont à jour.

Le même bon sens vous soufflera qu’on ne quitte pas un emploi sans avoir entre les mains la promesse d’embauche ferme d’un autre employeur. Votre communication est au point, vous saurez expliquer à votre réseau, premier levier de votre recherche, votre volonté de partir.

« Préparez l’histoire que vous raconterez à votre réseau de manière à lui présenter votre recherche comme une confidence, expliquez-la de façon constructive, il ne s'agit pas de casser votre entreprise actuelle ou votre manager », conseille Cyril Capel. Commencez par votre réseau proche et s’il manque de répondant, élargissez et adaptez si besoin votre « histoire » à un public qui vous connaît moins et que vous croisez dans des salons, des associations professionnelles (selon les métiers : ANDRH, DCF, etc.) ou d’anciens élèves. Olivier Brevet recommande de « penser en amont à ce qui freinerait votre candidature comme votre  préavis ou une clause de non-concurrence, les employeurs apprécient en effet la disponibilité immédiate d’un candidat ».

Organisation

Entre vos fonctions actuelles, votre recherche de nouveau job et votre vie privée, vous allez devoir jongler entre plusieurs emplois du temps. Cela demande « d’établir des priorités et de mettre pour un temps certaines activités personnelles entre parenthèses, pour dégager plus de temps », souligne Olivier Brevet. Vos débuts et fins de journée, l’heure du déjeuner, des bouts du week-end seront consacrés aux entretiens et à tout ce qui y mène (un CV travaillé, une veille pour s’informer, une réflexion sur la façon d’aborder les gens et les entreprises, etc.).

Discrétion

 Êtes-vous sûr que vos collègues et votre manager ignorent tout de votre projet ? Vos airs de conspirateur quand vous décrochez votre téléphone portable dans l’openspace (il ne faut pas, vous rappellerez votre correspondant en dehors de vos heures de boulot) ou quand vous ouvrez une page web pour surfer sur les sites emploi et les réseaux sociaux (évitez aussi) vous trahissent peut-être.

Autre très mauvaise habitude, hélas répandue, l’utilisation de votre courriel professionnel pour postuler ailleurs. « C’est très rédhibitoire et perçu d’emblée comme un manque de loyauté caractérisé par un éventuel futur employeur », prévient Cyril Capel.

Le choix des lieux de rendez-vous importe aussi. « Choisissez des lieux neutres, qui ne vous mettent pas en porte-à-faux si quelqu’un que vous connaissez vous y voit », conseille Olivier Brevet. Nous recommandons également de vous informer sur le secteur et ses acteurs, en tant qu’entreprises et que personnes, connaître les amitiés et les inimitiés qui sont à l'oeuvre vous évitera quelques bévues. C’est facile, le monde est petit et les gens, bavards, autant qu’Internet.

Diplomatie

La finesse relationnelle est utile dans vos rapports avec votre réseau – le spammer, c’est mal ! – et lors de vos entretiens. Comme le souligne Olivier Brevet, « en entretien, il faut avoir un excellent dosage entre ce que vous dites de vos fonctions actuelles et de ce que vous voulez faire ensuite. Si vous ne parlez que de votre poste actuel, vous risquez de fatiguer votre interlocuteur ou de l’inquiéter sur votre capacité à vous détacher de votre entreprise, notamment quand vous y travaillez depuis longtemps ».

Il vous faudra aussi être diplomate quand vous annoncerez votre départ. Cela peut être un bon moyen d’obtenir la promotion et l’augmentation que vous n’attendiez plus et que votre employeur vous propose enfin parce qu’il veut vous garder. Attention à ce que votre annonce ne passe pas pour du chantage. « Ce cas de figure vaut quand il n’y a pas de conflit relationnel, pointe Cyril Capel. Dans le cas où vous êtes vraiment déterminé à partir, dites à votre employeur que vous voulez discuter avec lui avant d’accepter l’offre, pour ne pas le mettre devant le fait accompli ». Soigner votre sortie facilitera les prises de références à venir.

Par ailleurs, sachez que si vous êtes gêné par une clause de non-concurrence, vous n’êtes pas obligé de dire chez qui vous partez à votre employeur. Un autre point requiert de la souplesse : la négociation salariale. « Un chômeur a déjà lâché quelque chose, il vit la baisse de ses revenus, il peut être plus souple que vous dans la négociation, le jeu concurrentiel n’est pas forcément à votre avantage à ce niveau », conclut Olivier Brevet.

Sophie Girardeau

 

 

 

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