Comment choisir son job coach

Comment choisir son job coach

Outplacement, coaching individuel, associations, dispositifs institutionnels ou solidaires… Les solutions d’accompagnement au retour à l’emploi sont nombreuses, que choisir, même quand on a peu le choix ? Vous poser les questions qui vous aideront à formuler clairement vos attentes, vous renseigner sur le professionnalisme des job coachs et vous attacher à la qualité de la relation d’aide sont trois axes qui vous aideront à vous décider.

 

Le choix d’un job coach dépend du contexte du licenciement. Difficile en effet de comparer la situation de quelqu’un dont l’accompagnement est payé par l’entreprise à celle de quelqu’un qui ne peut bénéficier de cette option et « qui décide de ne pas se limiter à ce que propose Pôle Emploi » comme le pointe Jean-David Gallet, coach et consultant RH. Cependant et bon à savoir quand on baigne dans la morosité, « la majorité des personnes rebondissent toutes seules et  le chômage s’est banalisé aujourd'hui, être chômeur ne vous étiquette pas looser », souligne Marc Saunder, dirigeant fondateur de Nexmove, cabinet de conseil en évolution professionnelle.

Aussi différentes soient les situations des uns et des autres, nous partons du postulat que la part de choix, même minime, existe pour tous et que ces axes peuvent guider chacun.

S’interroger en amont pour savoir formuler clairement ses attentes

Quand on a le choix – un choix évident –, c’est-à-dire quand l’entreprise paie l’accompagnement, se questionner en amont est nécessaire. Ai-je besoin de quelqu’un qui m’aide simplement à réfléchir ? de quelqu’un qui me donne un cadre de travail car j’ai besoin de retrouver des repères ? de quelqu’un qui me fasse rencontrer des gens ? ou bien me faut-il un profil psy ? « On fait ensuite son « shopping » pour choisir le cabinet d’outplacement qui colle le mieux à ses attentes mais il arrive aussi que l’entreprise ne sorte pas de ses cabinets référencés et c’est pour l’un d’eux qu’il faut se décider », explique Marc Saunder.

« Savoir ce qu’on attend concrètement d’un coach », comme le dit Jean-David Gallet, est aussi valable lorsque l'on n’est pas dans une logique « luxe ». Concrètement comme apprendre à se présenter en entretien, savoir défendre son niveau de rémunération, rédiger une lettre de motivation quand on est jeune diplômé et qu’on n’a appris que des règles générales de personnes qui jamais ne lisent de CV ou de lettres de motivation, utiliser correctement une réseau social, etc. Il préconise dans ce cas de s’adresser à des coachs qui connaissent les outils de la recherche d’emploi, la réalité du marché du travail et les attentes des entreprises.

Dans tous les cas, « il faut qu’il y ait un sujet de coaching : trouver un emploi, changer de métier, accompagner une transition de vie, etc. », confirme Eveline Forlot, coordinatrice du coaching solidaire EMCC France, un dispositif de coaching individuel étendu sur toute la France, soumis à conditions de ressources (plafond à 1000 euros net par part fiscale) et donnant droit à 15 heures de coaching étalées sur une durée de 6 à 8 mois [1].

Le sujet de coaching peut être aussi un travail sur les peurs et les croyances, sur une difficulté à être dans l’action. « Un coach qui n’est pas recruteur peut convenir dans ce cas car il travaille sur les croyances et la dynamique personnelle », poursuit M. Gallet. La dynamique est justement un des points sur lesquels travaille l’AVARAP, une association qui propose aux cadres un accompagnement qui s’appuie notamment sur la dynamique de groupe et dont l’objectif est de « restaurer la confiance en soi et le désir d’entreprendre, pour chacun de ses membres. »

S'assurer du professionnalisme du coach

« En principe, les cabinets d’outplacement ne travaillent qu’avec les entreprises », précise Marc Saunder. Cela veut dire que si vous ne bénéficiez pas de ce type d'accompagnement, vous devrez choisir votre coach parmi la multitude des coachs individuels. « Il n’y pas de règle en ce qui les concerne, il faut tomber sur quelqu’un en qui on a toute confiance. Ce sont souvent des coachs plutôt bons dans l’accompagnement à la réflexion mais qui peuvent avoir un peu de mal sur la mise en action car ils n’ont pas toujours le réseau nécessaire », constate-t-il.

Dans tous métiers, il existe de bons professionnels et des... moins bons. Le coaching n'échappe pas à cette règle, d'autant moins qu'il a été l'objet d'un engouement qui a fait dire à peu près tout et son contraire à son propos. Dire et faire. Des avis des membres de votre réseau qui ont été accompagnés par un job coach peuvent vous aider dans votre choix. « Sachez aussi qu’il existe des organisations professionnelles structurées qui peuvent vous renseigner, pour vous aider à séparer le bon grain de l’ivraie », indique Eveline Forlot. Voici les principales : la SFCoach, Société Française de Coaching, l’ICF, International Coach Federation, l’EMCC, Association européenne de coaching.

Par ailleurs, si pour Jean-David Gallet la formation importe peu, elle est quand même, théoriquement, gage de professionnalisme et peut être un critère rassurant pour certaines personnes. Encore faut-il y voir clair là encore car « les formations reconnues en coaching sont très nombreuses ; Assas, Paris 8 en délivrent, ou des organismes comme Transformance, Mediat Coaching, International MOZAIK , des grandes écoles comme HEC sont aussi engagées dans un dispositif de formation de coach », signale Mme Forlot. Nous parlons là de formation au métier de coach, à distinguer de la formation à certains outils, c'est-à-dire d’une formation au long cours (100 heures minimum).

Veiller à la qualité de la relation d’aide

Il faut enfin choisir son coach sur le plan humain, « il est important de se sentir bien avec lui », pointe Jean-David Gallet en évoquant d'autres critères importants : le cheminement personnel, l’expérience, la capacité à proposer un contrat moral semi formalisé. Par ailleurs, on choisit parfois son coach par mimétisme – il vient du même secteur que la personne coachée par exemple –, parce que ça rassure, « mais cela peut enfermer un peu la réflexion, prévient Marc Saunder. Quand on peut se le permettre, il importe surtout de s’assurer que l’on a en face de soi quelqu’un qui a compris ses attentes et qui ne va pas être dans un programme. » Il rappelle pour conclure qu’un accompagnement « a du sens quand il aide à changer de posture, quand il permet de sortir de la dévalorisation, du sentiment d’échec, de passer d’une position basse à un échange entre professionnels. »

Sophie Girardeau

Lire aussi :

Comment se lancer efficacement dans la voie de l'entrepreneuriat (en vidéo) Repenser ses priorités professionnelles (en vidéo) Bien rédiger son CV (en vidéo) Bien préparer et sortir victorieux d’un entretien de licenciement

[1] L’EMCC a également établi des partenariats avec d’autres associations solidaires : Force Femmes, le groupe SNFC, Solidarités nouvelles face au chômage, la Fondation Armée du Salut, ainsi que des relais avec les Maisons de l’emploi et des partenariats avec le Plan local d’insertion à l’emploi (PLIE) à Marseille et à Bordeaux. Notez que d’autres associations pratiquent le coaching solidaire mais celui-ci étant une marque de l’EMCC, elles sont rassemblées sous l’appellation coaching citoyen. Et sachez que de nombreux organismes proposent aujourd’hui des dispositifs d’accompagnement à la recherche d’emploi : les caisses de retraite, les chambres de commerce, certaines municipalités ou conseils généraux.