Comment évoquer ses soft skills en entretien ?

Comment évoquer ses soft skills en entretien ?

Comment évoquer ses soft skills en entretien ?

L’étude Monster publiée en 2019 révélait que 97% des entreprises estiment que les soft skills ont toute leur place lors d’un entretien d’embauche. Alors, comment aborder vos compétences douces pour convaincre un recruteur ? Réponse avec Grégory Lachmany, Directeur chez Walters People.

 

Il est venu le temps des soft skills

Schématisons : le recrutement « à la papa» où seul le diplôme suffisait à garantir un job, est révolu. L’accélération du monde professionnel lié au digital, la robotique et l’intelligence artificielle remettent au second plan l’acquisition des hard skills. « Les compétences techniques vont être de moins en moins importantes confirme Grégory Lachmany. Aujourd’hui, les recruteurs veulent des candidats capables d’évoluer au même rythme que leur environnement professionnel. De plus en plus d’entreprises sont prêtes à engager une personne qui ne possède qu’une partie des hard skills s’ils estiment qu’elle saura développer en permanence sa capacité d’apprentissage parce qu’elle a l’esprit ouvert ».

 

Identifier des qualités non mesurables

Faut-il le préciser, on n’arrive pas à un entretien d’embauche en improvisant. Particulièrement quand il s’agit d’évoquer ses soft skills car tout ce qui touche au personnel peut être déstabilisant. Walters People confirme d’ailleurs que 52% des recruteurs pensent que les candidats sont mis en difficulté par des questions sur la personnalité. « La phase de préparation à l’entretien est cruciale. En effet, reconnaître ses soft skills est un processus délicat car cela implique de se connaître. Et ce savoir dépend notamment de sa maturité professionnelle. Si le candidat connaît ses soft skills, à lui de sélectionner celles qui sont en lien avec le job pour lequel il postule et d’y apporter un exemple précis ». L’exercice peut s’avérer plus compliqué si vous n’êtes pas vraiment conscient de vos qualités personnelles. « Le mieux est de demander à l’entourage (amis, conjoint, parents) quelles sont les qualités personnelles qui définissent le candidat. En parallèle, on peut aussi faire des tests de personnalité en ligne pour mieux les cerner ». Mais Grégory Lachmany avertit sur le danger de la sur-préparation qui peut étouffer spontanéité et authenticité. « Pour cela, le mieux est d’identifier trois soft skills avec un exemple pour chacune. Exemples que vous pourrez ensuite développer lors de l’entretien ».

 

Le début de l’entretien

Ne croyez pas que la démonstration de vos soft skills commence lorsque vous aborderez vos expériences passées. Elle débute dès votre arrivée pour se poursuivre pendant toute la durée du rendez-vous. « On a une seule chance de faire une première impression et elle est fondamentale. Les soft skills d’un candidat se détectent aussi dans sa posture, sa gestuelle, sa poignée de main ou encore sa capacité d’écoute ». Là encore, il faut miser sur la sincérité. « Cela ne sert à rien de vouloir s’inventer une personnalité. La vérité finit toujours par ressurgir ».

 

Mettre en pratique avec des exemples parlants

C’est la contextualisation des soft skills qui impacte le recruteur. « La difficulté est de pouvoir exprimer ses qualités sans paraître prétentieux ». Pour éviter de tomber dans le « moi je » et rester humble, Grégory Lachmany conseille de commencer ses phrases ainsi : « On dit souvent de moi… » ou encore « Mon vécu me donne le sentiment d’avoir développé cette qualité… ». Ensuite, chaque soft skill doit s’appuyer sur un exemple pour aider le recruteur à mieux cerner le candidat. « J’ai pu gérer un conflit dans mon équipe de la façon suivante » montre un candidat pourvu de qualités d’écoute et d’empathie. « Mon chef est tombé malade, j’ai su gérer la hausse de l’activité et mettre en place un nouveau process » dépeint un talent qui sait s’adapter au challenge. Et parfois les réponses sont simples et ne nécessitent un Bac +8 en philosophie. « Comment gérez-vous le stress ? Je fais une pause et je respire ». Voilà un candidat qui a les idées claires et sait prendre du recul. Mais quid du jeune diplômé avec peu d’expériences professionnelles ? « Il peut s’appuyer sur son expérience personnelle, un sport, un loisir, une passion du moment qu’il peut la mettre en parallèle avec le milieu professionnel. Un jeune qui a travaillé dans une association démontre un sens du collectif, celui qui a été capitaine d’une équipe de foot fait preuve de leadership ».  

 

La conclusion de l’entretien

Grégory Lachmany souligne que l’entretien permet aussi au candidat de mesurer son adaptabilité à cet environnement de travail. « L’entretien d’embauche est une rencontre d’égal à égal et la fin de l’entretien est un moment clé. Le candidat ne doit pas avoir peur de challenger le recruteur en lui posant des questions sur l’entreprise. Qu’en est-il du projet mentionné sur votre site ? Comment fonctionne l’organisation de l’entreprise, quelle est la culture du management ? Ainsi, le candidat affine son processus de décision et montre qu’il est engagé ». Bref, ne sous-estimez pas la curiosité, c’est une soft skill très appréciée des recruteurs.

 

Vous souhaitez en savoir plus ?

Suivez les dernières actualités sur les entretiens d’embauche