Comment répondre aux stéréotypes sur les seniors ?

Comment répondre aux stéréotypes sur les seniors ?

Faire face aux préjugés sur l'emploi des seniors

Quand il s’agit d’évoquer les seniors au travail, les idées reçues ont la vie dure. Pourtant, tandis que la crise sanitaire battait son plein, combien de médecins, infirmiers et autres professionnels de la santé retraités sont venus rejoindre les rangs des actifs surmenés ? Soudain, leur âge ne semblait plus être un problème face à leur niveau d’expertise… Peut-être la crise aura permis de se souvenir qu’« il n’y a plus d’âge pour créer de la valeur » comme le souligne Pascal Dardenne,  directeur du développement chez Exper’Connect, un cabinet conseil spécialisé dans la collaboration post-retraite à l’origine de l’ouvrage « Pourquoi le travail post retraite est-il indispensable ? ». Alors que vous soyez retraité désireux de retravailler ou un senior de 50 ans à la recherche d’une opportunité, voici quelques arguments tirés cet ouvrage, pour mettre fin aux clichés sur le travail des seniors.

 

Les seniors coûteraient trop chers

Tout travaille mérite salaire et toute expertise doit être reconnue. Effectivement, recruter les compétences et le savoir-faire d’un senior peut coûter plus cher à l’entreprise qu’un jeune fraichement sorti de l’école. Mais c’est ignorer que le senior est capable de se remettre en question. Une étude de Solidarités Nouvelles face au Chômage montre qu’« environ 9 seniors sur 10 se déclarent prêts à changer de fonction, 8 sur 10 sont disposés à une mobilité géographique et les trois-quarts accepteraient de revoir leurs prétentions en matière de rémunération ». Cette souplesse pourrait provenir selon Exper’Connect, d’une volonté du senior d’être « dans la reconnaissance et le partage de son expérience ». Avec à la clé un engament infaillible auprès de son employeur.

Les seniors prendraient les jobs des plus jeunes

L’argument ne tient pas la route. L’ouvrage cite notamment les exemples de la Suède et de l’Allemagne qui enregistrent les taux de travail les plus élevés pour les seniors ET pour les plus jeunes. « Selon l’enquête de la Commission européenne, le nombre d’emplois dépend notamment de l’offre de travailleurs qualifiés. Elle constitue un moteur essentiel de la croissance économique. La disponibilité accrue de travailleurs âgés expérimentés renforcerait le potentiel de croissance de l’Europe et créerait ainsi de meilleures conditions de vie pour les jeunes comme pour les plus âgés ».

Les seniors seraient incapables de s’adapter aux nouvelles technologies

On ne peut nier que certains sont plus lents à comprendre une technologie, naturelle pour les digital natives nés avec un smartphone à la main. Cela ne fait pas d’eux des analphabètes du net. « 90% des 65-74 ans possèdent un téléphone portable. L’étude « Older adults and internet use » montre encore que les internautes de plus de 65 ans rattrapent leurs cadets en termes d’usage du Web, puisque 86% envoient des mails et fréquentent Internet avec la même intensité quotidienne ». 

Les seniors n’auraient pas l’esprit d’équipe

A l’heure où la cohésion est célébrée autour d’un afterwork ou d’une table de ping-pong, certains se méfient de ces seniors qui n’ont pas connu les « joies » de l’open space. Ils n’ont pourtant pas travaillé seuls dans une grotte, ils ont collaboré avec des nombreuses personnes issues d’horizons différents pendant toute leurs carrière. « Ceci en fait donc des personnes qui permettront à une équipe de se souder puisqu’ils disposent d’un relationnel élaboré et qu’ils ne s’inscrivent plus dans la compétition qui empoisonne parfois les rapports professionnels ».   

Les seniors seraient incapables de travailler avec les plus jeunes

Le fameux conflit des générations. Il y a d’abord eu les baby boomers qui ne supportaient pas la Génération X qui ne comprenait pas les millennials qui eux-mêmes, sont déjà agacés par les Z. Pourtant, on ne peut nier que les seniors ont l’avantage d’avoir côtoyé des collègues de tous âges tout au long de leur carrière et sont équipés pour gérer l’écart générationnel. A contrario, ce sont plutôt eux qui souffriraient « d’une discrimination de la part des cadets » et d’un complexe dû à « leur plus grande familiarité et dextérité avec les nouvelles technologies ».

Les seniors seraient lents

Internet a élevé la rapidité au rang de vertu. Mais à quel prix ? Certes, les seniors peuvent être moins à l’aise quand il s’agit de jongler simultanément avec mails, réunion et présentation Power Point. Une fois que l’on admet que le multitasking est totalement surévalué, on peut alors comprendre que leur richesse réside ailleurs. « Ils compensent. Analyser une situation avant de se lancer contrebalance largement le fait d’attaquer une question avec impulsivité (…) »

Les seniors seraient persuadés qu’ils savent mieux

Des décennies de compétences acquises confèrent une valeur ajoutée aux actifs seniors. Ils sont aussi conscients de leurs limites. La tension autour du savoir-faire pourrait en fait provenir d’un jeune manager complexé et qui voudrait à tout prix en imposer. Cependant, il aurait tout intérêt à s’enrichir de cette relation intergénérationnelle.  « Il passe à côté de tout ce que l’aîné peut lui offrir pour asseoir son management (…) Mieux vaut consulter l’aîné et lui déléguer des responsabilités que de le considérer comme un rival (…) Une coopération bien comprise favorisera naturellement l’autorité du jeune manager ».  

Les seniors seraient une contrainte pour l’entreprise

Aujourd’hui, les entreprises veulent des salariés opérationnels immédiatement. Avec des seniors, pas besoin de période de formation, tout juste une phase d’adaptation à l’entreprise.  « D’après la DARES, près de la moitié des employeurs mettent en avant leur disponibilité-horaire et leur motivation. Ils sont même 85% à estimer que l’expérience, le savoir-faire et la conscience professionnelle des seniors sont des atouts permettant de valoriser la mémoire d’entreprise, la transmission des savoir-faire, la complémentarité des équipes et l’organisation du travail » concluent Caroline Young, Gilles Effront et Jean-Yves Ruaux dans « Pourquoi le travail post retraite est-il indispensable ? ».   


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