Métier passion : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Métier passion : ce qu’il faut savoir avant de se lancer

Métier passion : comment vivre de son art ?

Si les artistes sont très respectés en France, ils ne mènent pas tous forcément des carrières qui leur permettent de vivre confortablement. Faire un métier passion, c’est être conscient de certaines réalités tout en restant fidèle à son rêve.

  1. Se rappeler que tous les artistes n’ont pas la carrière d’Omar Sy
  2. Faire des études artistiques ne garantit pas une belle carrière
  3. Devenir artiste, c’est se demander si on prêt à faire des concessions
  4. Un métier passion exige parfois d’exercer un autre job
  5. Pour vivre de son art, il faut connaître le système de subventions publiques
  6. Un artiste doit parfois courtiser des mécènes privés
  7. Utiliser les réseaux sociaux pour parler de son métier passion
  8. Monter son projet avec le financement participatif
  9. Opter pour le métier passion, c’est croire en soi malgré tout
  10. Pour mener une carrière, devenir un « artentrepreneur » ?

1. Se rappeler que tous les artistes n’ont pas la carrière d’Omar Sy

Être un artiste, c’est une vocation, un métier passion avec des réalités bien différentes que celles évoquées dans les médias.

Il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus : tous les peintres n’ont pas la renommée de Pierre Soulage et tous les acteurs ne reçoivent pas un cachet d’1 million d’euros par film.

C’est sans doute pour cela que les parents s’inquiètent quand leur enfant envisage de devenir sculpteur ou illustrateur : pas de sécurité de l’emploi et des revenus irréguliers.

Le Ministère de la Culture a d’ailleurs publié un rapport éloquent sur le sujet en 2015 :

« Les actifs des professions culturelles ont perçu en moyenne 26 000 euros de revenus annuels d’activité entre 2005 et 2012. À caractéristiques identiques (des autres actifs, ndlr), les professionnels de la culture perçoivent en fait des revenus d’activité inférieurs de 26% à ceux des autres actifs ».

2. Faire des études artistiques ne garantit pas une belle carrière

Comment l’artiste peut-il vivre de son art ? Le talent joue mais c’est une notion subjective et cela ne suffit pas toujours pour vivre d’un métier passion.

Le talent peut être cultivé, affiné. La France dispose d’ailleurs de nombreuses écoles qui permettent d’apprendre l’un des 281 métiers listés par l’Institut National des Métiers d’Art.

Mais la spécificité de métiers artistiques est telle qu’un diplôme de l’école des Beaux Arts ne garantit pas forcément une carrière, la majorité des formations artistiques ne préparant pas les jeunes diplômés à faire connaître leur travail. Et c’est là que le bât blesse.

Comme le note un autre rapport du Ministère de la Culture :

« trois ans après l’obtention de son diplôme supérieur, un diplômé en arts plastiques sur quatre n’est pas parvenu à s’insérer dans son domaine de formation ».

Sur une note plus optimiste, notons malgré tout que de nombreux artistes talentueux sont des autodidactes : Frida Kahlo n’a pas fait d’école d’art, Bruce Springsteen n’a jamais mis les pieds dans un Conservatoire.

3. Devenir artiste, c’est se demander si on prêt à faire des concessions

Vivre d’un métier passion dépend aussi de la façon dont vous définissez le succès et mesurez votre ambition.

Avez-vous envie d’exposer vos photos au Jeu de Paume ou seriez-vous pleinement satisfait de photographier des portraits corporate pour des entreprises ? Certains acteurs seront ravis de faire du doublage tandis que d’autres attendront que Jacques Audiard leur donne une chance, quitte à vivre avec le vivre avec le Rsa..

Faut-il refuser de faire des concessions ou vendre son âme au diable ?

Ce choix de carrière très personnel appartient à chaque artiste et dépend de sa capacité à perdurer et à supporter les rejets. Dans un secteur où la concurrence est rude, certains ne verront aucune honte à tourner une pub pour vanter les mérites d’un déodorant.

4. Un métier passion exige parfois d’exercer un autre job

Les artistes qui ne gagnent pas leur vie grâce à la peinture, la danse ou l’écriture décident souvent de faire un deuxième métier en parallèle pour payer leur loyer.

Vous pouvez chercher, dans la mesure du possible, un emploi proche de votre métier passion afin de :

  • Rester focalisé sur votre métier passion ;
  • Connaître tous les rouages d’un même secteur ;
  • Se créer un réseau professionnel via une porte d’entrée différente.

Si le statut d’intermittent du spectacle permet à de nombreux artistes et techniciens de ne pas tomber dans la précarité, certains choisissent de vivre leur passion en enseignant dans des écoles tandis que d’autres font de petits jobs entre deux castings.

5. Pour vivre de son art, il faut connaître le système de subventions publiques

Les emplois dans la culture occupent une place centrale dans notre pays et l’État joue un rôle inédit dans son développement et sa protection.

La France fait d’ailleurs partie de ses rares pays qui disposent d’un ministère entièrement consacré à la culture. Il existe donc des dispositifs publics qui peuvent aider un artiste à vivre de son art en France. Comme par exemple :

  • Le site du Ministère de la Culture recense les dispositifs de subventions dédiés aux artistes : cela va du soutien aux festivals, à la danse ou la musique en passant par les appels à projets.
  • Le Centre National d’arts plastiques aide également les artistes par le biais d’aides financières.
  • Les artistes contemporains peuvent également faire appel à la Direction Régionale des Affaires Culturelles qui soutient, forme et aide à la diffusion.
  • Un artiste peut être également épaulé localement en fonction des politiques menées par les municipalités. Des villes comme Paris ou Bordeaux encouragent les projets artistiques via des subventions et des aides individuelles.
  • Autre coup de pouce, le Centre national du cinéma et de l’image animée qui soutient et finance des créateurs dans les domaines du cinéma, de la télé, du jeu vidéo ou de la création numérique.

6. Un artiste doit parfois courtiser des mécènes privés

Le mécénat en France ne date pas d’hier mais il connaît un véritable essor. En 2019, France Générosités recensait 104 000 d’entreprises mécènes et 2,1 milliards de dons.

Que les mécènes agissent pour bénéficier de réductions d’impôts ou par envie de postérité, les groupes comme LVMH et les grandes familles comme les Bettencourt occupent une place importante dans la vie de l’art en France.

Pour se renseigner sur le mécénat privé, les peintres, photographes ou designers peuvent consulter le guide édité par le Cnap qui recense 140 aides privées et publiques soutenant les artistes via des concours, des prix, ou des bourses.

7. Utiliser les réseaux sociaux pour parler de son métier passion

C’est une banalité de dire que les réseaux sociaux cumulent le meilleur et le pire. Pourtant, ils ont permis à des artistes comme Lily Allen, Justin Bieber, The Weeknd ou Calvin Harris, repérés sur le web, de mener des carrières faramineuses.

Aujourd’hui, de jeunes artistes se font connaître sur Instagram et leurs efforts ne sont pas vains, à condition de le faire intelligemment.

Selon le dernier rapport publié par Hiscox en 2020 :

« Près de deux tiers des personnes interrogées ont indiqué qu’Instagram constituait leur réseau social privilégié en matière d’art. Neuf nouveaux acheteurs d’art sur dix (92%) et 87% des millennials ont déclaré l’utiliser pour tout ce qui a trait à l’art. Le réseau devient une plateforme de vente de plus en plus importante, 35% des acheteurs d’art ayant répondu qu’ils avaient acheté des œuvres sur Instagram ».

8. Monter son projet avec le financement participatif

Le crowfunding est le mécénat 2.0, il permet à des artistes de financer leurs projets s’ils plaisent aux internautes.

Au cinéma par exemple, Polisse le film réalisé par Maïwenn (et Prix du Jury à Cannes) a été en partie financé par la plateforme PeopleForCinema (rachetée depuis par Ulule). Et des artistes comme Joyce Jonathan ont réussi à se faire produire grâce à des plateformes comme My major Company.

9. Opter pour le métier passion, c’est croire en soi malgré tout

Le milieu littéraire est notoirement fermé et peu enclin à la diversité si l’on se base sur les noms des membres des grands jurys des prix littéraires. S’il est encore possible de publier un premier roman via une maison d’édition classique, certains écrivains ont décidé de s’auto publier, fatigués du refus des éditeurs.

En 2013, selon le syndicat national de l’édition, les auteurs indépendants représentaient un chiffre d’affaires de 82 millions d’euros soit environ 3 % du chiffre d’affaires global du secteur.

Parmi les auteurs auto édités, Claire Brétecher, la reine de la BD ou Agnès Martin-Lugand découverte avec Les gens heureux lisent et boivent du café qui figure parmi les plus gros vendeurs de livre dans l’hexagone.

Les musiciens pratiquent aussi leur métier passion sans passer par la case maisons de disques et sont de plus en plus nombreux à se débrouiller seul à l’instar de PNL ou Nekfeu.

Résultat, les plus gros cartons musicaux de 2016 venaient de labels indépendants selon le Syndicat national de l’édition phonographique.

10. Pour mener une carrière, devenir un « artentrepreneur » ?

Le personal branding s’étend à l’art. Après tout, créer une œuvre c’est bien, la partager avec le public, c’est encore mieux.

Certains considèrent que pour vivre de l’art, il faut l’envisager comme un business. Alors, si vous n’êtes pas allergique aux tableaux excel, le livre de Laurence Bourgeois Profession Artiste, vivre de son art pourrait peut-être vous éclairer.

Il applique les règles de l’entreprise et du marketing aux métiers artistiques. Cela va de l’importance de lister ses objectifs artistiques à vendre ses œuvres en passant par cultiver le savoir-être d’un gagnant. À bon entendeur…

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