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Contre-offre de votre employeur: trois raisons de la refuser

Contre-offre de votre employeur: trois raisons de la refuser

Une très large majorité de candidats qui acceptent la contre-offre de leur employeur finissent par le quitter dix-huit mois plus tard.

Une belle proposition est passée par ici, elle ne repassera pas par là. Vous l’avez laissée filer mais qu’importe, pensez-vous, puisque vous voilà rassuré par l’augmentation de rémunération ou la prise de galon que vous a values la contre-offre de votre employeur. « 30% des candidats qui démissionnent reçoivent une contre-offre de leur employeur », estime Amaury La Clavière, senior manager chez Robert Walters, « pour autant, l’accepter n’est pas forcément la meilleure option ». Tel un sucre rapide, l’augmentation salariale requinque peut-être la motivation du salarié mais c'est du provisoire car cela ne répond pas pleinement à ses aspirations.

On reconnaît votre valeur quand vous décidez de partir, pourquoi pas plus tôt ?

Et puis posez-vous la question : pourquoi seulement maintenant ? « Il est étrange que vous ayez besoin de démissionner pour être entendu », pointe notre interlocuteur. Peut-être est-ce le signe que vous n’avez pas été identifié comme un talent qu’il faut garder, qui peut progresser, ou que l’entreprise ne s’est pas rendu compte avant de votre valeur. Voilà qui pose potentiellement problème. « Les collaborateurs « rattrapés » par leur employeur finissent par démissionner au bout de 18 mois, parce qu’une autre opportunité s’est présentée », constate-t-il.

L’opportunité suivante est souvent moins intéressante que la première

Sauf que les véritables bonnes opportunités sont rares. La première fois, vous aviez été chassé, comme une de ces perles bien cachées que les recruteurs dénichent grâce à leurs talents de sourceurs. À la suite de ça, ouvert au marché, vous avez mis à jour vos profils sur les réseaux sociaux et les sites emploi. Beaucoup plus visible la seconde fois, vous voici candidat approché par plusieurs recruteurs (cabinets ou entreprises) parmi tous les autres candidats repérables sur les plateformes… Autrement dit, « ce n’est pas forcément vous qu’on est venu spécifiquement chercher la seconde fois », explique Amaury La Clavière.

Vous avez créé le doute dans l’esprit de votre N+1

Certains collaborateurs ne sont pas particulièrement ouverts au marché mais se servent de l’opportunité extérieure comme d’un moyen de négociation en interne, pour obtenir une augmentation ou une promotion. Cela n’en vaut pas forcément la chandelle. « Parce que si vous êtes bien dans votre poste et que le salaire est le seul point qui pêche, l’augmentation obtenue n’est pas significative », poursuit-il. Par ailleurs, cet épisode peut créer le doute dans l’esprit de votre patron ou de votre N+1 qui hésitera à vous parler comme avant de sujets stratégiques. La qualité de la relation peut être entamée et plusieurs mois seront nécessaires pour la retrouver. La réaction inverse est possible : les langues se sont déliées, vous avez fait part de vos frustrations quand vous avez mis votre départ dans la balance. Résultat, on vous dit banco ! Vous voilà avec de nouvelles responsabilités, mais en observation – une petite mise à l’épreuve de bonne guerre.

Et les raisons de jouer le jeu

Avoir sondé et testé le marché est toujours utile, de même qu’exprimer vos insatisfactions comme vous l’avez fait lors de l’entretien de démission, « parce qu’on se confie un peu plus quand on est en partance », note Amaury La Clavière. Mais sortez vite de l’entre-deux, c’est bon pour votre image de collaborateur et de candidat. Votre employeur comme le recruteur qui est venu vous chercher ont besoin de savoir s’ils peuvent ou non compter sur vous. Une offre dans une main, une contre-offre dans l’autre, il s’agit de réfléchir en termes de projet de carrière plus que de moyen de pression.

Sophie Girardeau


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