Skip to main content

CV Facebook & co : concilier Droit des marques et originalité

CV Facebook & co : concilier Droit des marques et originalité
Un CV en forme de page Facebook a généré récemment un énorme buzz, on aurait pourtant tort de penser que l’idée est à reproduire. Le Web 2.0 offrant autant de possibles aux candidats qu’il leur tend de pièges, voici quelques mises en garde. C’est un énorme coup de pub personnel comme en sont capables les créatifs ou les profils com’ et marketing Web. Ce pourrait être un modèle, mais non. Voici pourquoi. Attention aux contrefaçons De la charte graphique à la configuration, en passant par des liens cliquables renvoyant vers la messagerie, on s’y croirait. Seuls le bouton « J’embauche », et, pour les plus attentifs, l’URL et le bas de page, signalent que le profil de ce candidat est une création toute personnelle et ne doit rien aux développeurs Facebook. « Quand on a la possibilité de buzzer à ce point, il faut s’assurer que cela n’aille pas à l’encontre du Droit des marques et de la propriété intellectuelle. En tant que candidat, si on a peu de chance d’être attaqué pour contrefaçon par un recruteur, le risque existe que la marque estime que cela lui porte préjudice », explique Matthieu Picano, consulting manager et formateur au sein de l’agence de communication Commonethic. Sur ce CV certains liens ne sont pas cliquables par exemple, l’internaute, zappeur en puissance, distrait potentiel, pressé par nature, peut, s’il n’est pas averti, croire à un dysfonctionnement. Que Facebook rime régulièrement avec bug n’est pas une raison pour en profiter. C’est le propre de bien des candidats technos ou créatifs que de mettre en avant leur savoir-faire en construisant de faux sites. Quand ce n’est pas Facebook qui est détourné, c’est le contenu rédactionnel de sites d’entreprise qui est repris, parce que copier-coller est plus facile et rapide que cogiter-écrire. Rappelons ici que le Droit des marques et de la propriété intellectuelle concerne tant les aspects graphiques que rédactionnels. Gare à l’image de marque À l’ère 2.0, celle du référencement systématique sur Internet, de la diffusion de masse, ces pratiques peuvent rendre sourcilleuses les marques. Au fait, saviez-vous que même le nom d’une entreprise sur un CV prête aujourd’hui à débat ? Google référençant tout, y compris les informations d’un CV mis en ligne, il arrive que des entreprises s’en plaignent. Elles sont dans leur droit si elles vous demandent de ne pas associer leur nom au vôtre. Mettez-vous à leur place en imaginant le contenu d’un CV remontant sur la Toile. Celui d’un administrateur réseau qui était en poste à Aéroports de Paris – c’est un exemple – et se retrouve administrateur réseau chez Marc Dorcel – pure fiction. Voilà qui a éventuellement de quoi faire tiquer ADP car sa marque se retrouve associée à une activité bien différente de la sienne – je vous vois sourire, c’est permis. À plainte légitime, solution pragmatique : « Sachez que le nom de l’entreprise peut être remplacé par l’effectif, le lieu et le secteur d’activité », précise Matthieu Picano. Ces mises en garde sont également valables si vous abusez dans vos signatures d’e-mails des logos d’entreprises où vous avez travaillé. Certains se reconnaîtront. Oui à la parodie et à l’originalité Une bonne parodie est celle qui vous épargne les embûches liées au Droit des marques. C’est donc une parodie que l’on peut identifier du premier coup d’œil. Vous tenez aux couleurs, à la police ? Détournez le nom. Et inversement. Dans le cas présent, on est plus dans le leurre d’où les avertissements précédents. Et puis, le fake à propos de Facebook, est-ce bien nouveau ? Si ce candidat est allé plus loin que d’autres, ce n’est pas dans le concept, c’est dans la mise en œuvre technique. Enfin, être original signifie être le premier. Après le premier il y a, au mieux, les imitateurs de talent, au pire, les suiveurs.

Back to top