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Les compétences comportementales ont-elles une place dans le CV ?

Les compétences comportementales ont-elles une place dans le CV ?

Consacrer un pavé de son CV à ses compétences comportementales, bonne ou mauvaise idée ? Deux recruteurs donnent leur avis. Peu favorable et voici pourquoi.

Dynamique, force de proposition, esprit d’équipe, goût du challenge, sens de l’analyse… Vous avez listé vos principales qualités dans un bel encadré en haut de votre CV. Il est censé vous distinguer des candidats qui comme vous maîtrisent Java, les langages PHP et HTML, ou d’autres compétences techniques caractéristiques de votre métier. Les réponses des recruteurs interrogés sur l’utilité de mentionner des compétences comportementales sur un CV font douter de la pertinence de ce choix : « Je n’ai pas vraiment d’avis, je n’y fais pas attention ». Ou : « Bof… ». Et ceci bien que la personnalité « compte pour 50% dans une candidature, si ce n’est plus », indique Hugues Truttmann, directeur des opérations et responsable de l’activité recrutement chez ASE2I.

Attention au manque d’originalité et au risque de survente

« Autant on peut photographier ses compétences techniques, mesurer ses réalisations à l’aune de certains chiffres et résultats, autant il est délicat de parler de soi. Qui plus est, tout le monde indique la même chose », observe Fabrice Coudray, directeur chez Robert Half international France. On n’a il est vrai jamais entendu parler de candidat se vantant d’être mou, susceptible, désorganisé, mauvais communiquant… Mais les recruteurs, eux, ont rencontré des candidats autoproclamés leaders ou énergiques et cherchent encore ces traits de caractère dans leur personnalité. Le risque de se survendre et de tomber dans un marketing de soi aseptisé existe donc. Par ailleurs, dire qui l’on est, voilà qui est difficile. Notre culture et notre éducation nous poussent à nous présenter au travers de ce que nous faisons, pas en disant qui nous sommes. Alors à l’écrit… Sauf si vous vous connaissez très bien, êtes hyper synthétique, savez relier chaque étape de votre parcours à un trait de caractère. Et encore. Nos recruteurs restent dubitatifs lorsqu’on leur soumet cette idée. L’entretien doit rester le moment pour évoquer cet aspect.

Ce que dit de vous votre CV

Le comptable est rigoureux, le commercial a un bon relationnel, il est pugnace. « Il existe un socle commun de traits de personnalité liés à certaines fonctions. L’intitulé des postes que vous avez occupés, vos réalisations induisent un type de personnalité », rappelle Fabrice Coudray. Aussi est-il inutile de forcer le trait, « culturellement, on plaît ou on ne plaît pas », complète-t-il. Hugues Truttmann rejoint son confrère : « Il y a de l’implicite dans un CV, avoir travaillé dans telle entreprise durant tant d’années suppose que l’on possède certaines qualités ». Ce point rappelle que, comme dans toute tentative de séduction – puisqu’il s’agit de plaire pour être convoqué en entretien –, il vaut mieux suggérer que proclamer.

Ce que les autres disent de vous

Sur les aspects de personnalité, d’autres outils sont mieux adaptés : les recommandations que l’on peut obtenir sur les réseaux sociaux. Y avez-vous pensé ? « C’est encore anecdotique et j’interviens sur des métiers où les candidats sont habitués à l’usage des réseaux sociaux professionnels, mais je vois passer certains dossiers de candidature comportant le CV plus un document rassemblant les recommandations obtenues sur ces réseaux. Et là, je suis attentif à ce qui est dit d’un candidat par son réseau », souligne Hugues Truttmann. Quand c’est bien fait, c’est-à-dire présenté de façon synthétique et facile à lire, c’est un plus. Sur Facebook et Twitter, les échanges spontanés peuvent attirer l’attention sur vous et pas seulement pour le pire comme certains médias se plaisent à le rapporter. « Je viens de recruter un développeur iPhone. Il parlait tellement bien de sa passion pour son métier sur Twitter que cela m’a décidé à le convoquer alors que son CV n’était pas du tout attractif. De cette façon, j’ai pu me faire une idée de sa personnalité, l’entretien a confirmé que c’était un vrai passionné et un vrai pro », raconte le recruteur 2.0.

Pour conclure, ce rappel : le contexte économique compliqué actuel pousse les candidats à faire beaucoup d’efforts, ils s’essayent au rôle d’équilibriste pour s’adapter au maximum. « Arrêtez ça, cela peut rendre malheureux », conseille Fabrice Coudray.

Sophie Girardeau


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