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Des anti-stress dans la communication

Des anti-stress dans la communication
Le stress sape notre façon de communiquer. Notre façon de communiquer contribue pourtant à réduire notre stress. Elodie Repellin, spécialiste de la gestion du stress et de la communication, nous explique comment.

D’excellents savoir-faire mais un défaut de synthèse, une expertise reconnue mais une difficulté à susciter l’intérêt, une expérience mais diluée dans des généralités… Autant de failles dans la communication qui empêchent de se valoriser en entretien, un moment où il s’agit, comme le rappelle Élodie Repellin, spécialiste de la gestion du stress et de la communication, « de pouvoir être synthétique, intéressant et informatif au lieu de décrire un parcours de 1990 à 2014, et d’être congruent ». Blocages, perte de confiance et d’estime de soi, manque de motivation, déprime, burnout : ce qui se noue par un défaut de communication se dénoue par un travail pour l’améliorer. C’est un entraînement, une mise en condition du corps et de l’esprit.

Bis repetita

De répétition en répétition, on modifie une posture, on raye de son vocabulaire des tics de langage, on apprend à être plus précis pour retenir l’attention de son interlocuteur. Et, plus à l'aise dans son expression, on parvient à réduire son stress.

Pour vous entraîner à être synthétique, pensez à vous enregistrer et à vous chronométrer, les smartphones le permettent facilement aujourd’hui.

Pour rendre votre discours intéressant, pensez d’abord à être accessible. « N’hésitez pas à faire relire les documents qui vous servent de support, il s’agit d’être compréhensible pour quelqu’un de 14 ans, d’être pédagogique », précise Élodie Repellin.

S’enregistrer est également utile pour repérer ce qui dans votre voix peut indiquer du stress – une voix trop haut perchée, mal assurée… – ou générer de l’ennui – une intonation monocorde. « Cela permet de prendre conscience du ton de sa voix et de travailler ce point, seul ou accompagné », poursuit notre interlocutrice.

Les silences ont aussi leur importance, « ils ponctuent et permettent de passer d’une idée à l’autre ». En laissant respirer vos propos, en les nourrissant d’anecdotes, vous évitez à votre interlocuteur la noyade, dans une logorrhée, et l’ennui.

Intéresser suppose enfin de ne pas plomber l’échange. Un verre avec des amis qui n’engendrent pas la mélancolie, un déjeuner avec quelqu’un qui vous donne la niaque sont des solutions pour détendre les plus émotifs. « L’important est d’arriver en entretien dans des dispositions favorables », souligne-t-elle.

Du lien plutôt que du vide

Pas d’échange sans surprise, sous la forme d’une question à laquelle vous ne vous attendiez pas. Désarçonné ? Remontez en selle en une pirouette dont les politiques ont le secret – C’est une bonne question… – ou verbalisez simplement. « Ne craignez pas de dire que vous n’avez pas la réponse, que vous reviendrez vers votre interlocuteur dès que vous l’aurez, cela crée du lien plutôt que du vide », recommande Élodie Repellin.

Même consigne pour les personnes particulièrement émotives : dire que vous rougissez ou bafouillez facilement est préférable au repli sur soi qui signe la fin de l’échange. Questionner son interlocuteur permet aussi de reprendre de l’aplomb. Par ailleurs, si vous êtes pris en défaut, ne vous enferrez pas dans l’obstination. « Oui, vous avez raison » : profil bas, vous venez d’admettre votre erreur et c’est ce qu’il y avait de mieux à faire pour que la tension baisse d’un cran.

Le corps complice

Votre corps parle plus fort que vos mots, s'il peut trahir votre stress, il peut aussi vous aider à l'évacuer, mettez-le en condition pour ce faire. On le dit en sophrologie, on le dit en kinésiologie, on le sait bien au théâtre : boire de l’eau avant un entretien fait baisser le stress physiologiquement parlant. De plus, « la respiration abdominale, c'est-à-dire inspirer par le nez et expirer par la bouche, permet de faire sortir les émotions bloquantes », explique Élodie Repellin. De façon posée, dix fois d’affilée, dans la rame du métro, dans la rue qui vous conduit à votre entretien, voilà, respirez…

Sophie Girardeau

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