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La profession bancaire s’engage pour l’insertion des jeunes

La profession bancaire s’engage pour l’insertion des jeunes

L’Association française des banques (AFB) a notamment signé en 2016 un partenariat avec l’Agence pour l’éducation par le sport (APELS) et un autre avec la fédération des entreprises d’insertion.

En matière de diversité « le monde bancaire est passé d’initiatives individuelles au sein des entreprises à des initiatives d’entreprises puis à des initiatives de la profession, il s’agit donc aujourd’hui de démarches plus structurées et volontaires », explique Michèle Rossi, directrice du département affaires sociales à l’Association française des banques (AFB). Concernant l’insertion professionnelle des jeunes éloignés de l’emploi, l’AFB a noué deux partenariats en 2016.

Le savoir-être et les valeurs pour ouvrir la porte de l’insertion professionnelle

L’un, Déclics sportifs, signé pour une durée de deux ans avec l’APELS (Agence pour l’éducation par le sport) en juillet, est dédié aux jeunes de quartiers difficiles. Le projet pilote, démarré il y a un an, concernait 35 jeunes d’Île-de-France (du quartier de la Goutte d’Or à Paris et de Tremblay en France) et de l’agglomération lyonnaise (Villeurbanne, La Duchère, Vaulx-en-Velin) qui ont intégré LCL en contrat de professionnalisation. La deuxième promotion concerne 35 jeunes du Havre et d’Évreux qui seront accueillis, en contrat de professionnalisation également, par le Crédit Agricole Normandie-Seine, précise-t-on à l’APELS. « Le succès de l’opération a décidé l’APELS à la décliner sur l’ensemble du territoire », note Michèle Rossi. 

Être sportif est le premier critère pour intégrer ce dispositif qui permet de repérer le comportement et les valeurs de ces jeunes pouvant faire le pendant avec les attentes des entreprises bancaires : l’assiduité aux entrainements, le respect des équipiers et de l’entraîneur, la persévérance dans l’effort, la continuité dans la motivation, etc. Dans ce cadre et selon leurs motivations, les jeunes peuvent accéder aux métiers d’agence ou de contact téléphonique ou encore, à ceux du back-office (montage et suivi du dossier client).

L’autre partenariat, entre l’AFB et la fédération des entreprises d’insertion, a été signé en septembre. Il mobilise les structures d’insertion et le monde de l’intérim, concerne les jeunes et les moins jeunes, et tous les types de métiers en Banque, des fonctions supports aux fonctions commerciales.

Redonner confiance aux jeunes et donner une image de la profession plus positive

Premier objectif de ces programmes, redonner confiance à ces jeunes qui se sentent disqualifiés pour améliorer leurs chances sur le marché du travail. Il faut ensuite casser la croyance selon laquelle le monde bancaire leur est inaccessible en termes d’emploi. « Il s’agit aussi de leur apprendre la culture bancaire et ainsi de mieux comprendre les pratiques de cette profession au lieu de les rejeter en bloc », explique Michèle Rossi.

Des partenariats qui pallient les difficultés de sourcing des publics éloignés de l’emploi

Avec plus de 6 000 nouveaux contrats en alternance en 2015 (sur 39 000 nouveaux collaborateurs en Banque en 2015, selon les sources statistiques de la branche), les banques jouent un rôle important dans la formation et l’accès des jeunes à l’emploi. « Mais elles ont aussi, depuis plusieurs années, une forte tendance à recruter des Bac+4/5 et des difficultés de recrutement des publics les plus éloignés de l’emploi du fait de leur manque de qualification », indique Béatrice Layan, responsable de l’Observatoire des métiers de la Banque. Autre obstacle, le sourcing (identification) de ces publics. « Le fait de travailler avec des entreprises intermédiaires est une bonne façon de l’améliorer, il ne faut pas s’arrêter aux CFA pour repérer ces jeunes », conclut Michèle Rossi.

Sophie Girardeau