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Comment devenir ingénieur-manager ?

Comment devenir ingénieur-manager ?

L’éco système actuel exige de plus en plus des ingénieurs qu’ils possédent de vraies capacités managériales. Un profil à double compétence qui a donc le vent en poupe comme l’explique Claire Lecocq, directrice adjointe des formations à Télécom SudParis.

Pourquoi devenir ingénieur-manager ?

Par définition, la mission d’un ingénieur est d’inventer et de rechercher et ce, grâce à « une maîtrise des outils scientifiques qui lui permet d’avoir un regard cartésien sur les problématiques complexes » précise Claire Lecocq. Mais les compétences techniques ne suffisent plus, les grandes entreprises recherchent aussi d’ingénieurs dotés d’une vision globale, en harmonie avec sa stratégie. « Les entreprises, les DRH sont beaucoup plus exigeants sur ces valeurs que sur les compétences techniques. On ne questionne pas le niveau scientifique, on questionne la personnalité et ce que la personne sera dans 5 ans ». Ce besoin de la sphère professionnel fait naturellement écho à un profond changement sociétal. « Les entreprises se réveillent à l’intégration des différences, à l’intérêt des pluralités, à des générations engagées sur des valeurs qui ont du sens ».  

Comment obtenir ce double profil ?

Les écoles d‘ingénieurs ont aussi changé pour s’adapter à l’éco système et cela fait une dizaine d’années que les formations intègrent cette dimension à leur cursus. La plupart des écoles proposent un double diplôme en partenariat avec des écoles de commerce pour une spécialisation dans le marketing, les ressources humaines, la communication ou le management. Les étudiants peuvent aussi de choisir de faire leur école en 3 ans pour ensuite effectuer un Master, à Sciences Po par exemple. « Dans notre école, nous défendons l’idée que nos ingénieurs seront autant managers que les étudiants issus d’écoles de commerce. La différence se fait sur la maitrise d’outils de gestion, d’économie, de marketing, de droit ». Télécom SudParis organise par exemple des temps forts centrés sur le management de demain pour sensibiliser ces futurs ingénieurs à sortir du cadre et au respect des différences. « Avec cette double casquette, nous voulons les sensibiliser à l’impact qu’ils auront vis à vis de son équipe, ses pairs et sa hiérarchie. Il est important qu’il sache comment son action s’imprime dans la stratégie de l’entreprise, qu’il soit en mesure d’apporter sa vision et une critique constructive avec son regard cartésien ».  

Pour les ingénieurs déjà en post qui seraient passés à côte de ce double cursus, la plupart des plans de formation des entreprises proposent le développement des compétences managériales. « Le plus simple est d’expliciter ce projet à sa hiérarchie, demander un accompagnement pour un master par exemple voire un MBA financé par son entreprise. Il y a des formations récurrentes à la communication, la gestion humaine, la gestion de projets. Je conseillerais de précéder la démarche d’un bilan de compétences pour ne pas se lancer dans un investissement qui ne correspondrait pas à ce qu’on cherche ».  

Un critère pour réussir : sortir de sa vision cartésienne du monde

Si toute la formation scolaire est conçue pour former un ingénieur, Claire Lecocq estime que le critère pour devenir un bon ingénier-manager est d’accepter de se questionner sur soi-même. « Contrairement à ce que certaines élèves peuvent croire, le management n’est pas inné. Statistiquement, sans formation on échoue plus qu’on ne réussit ». Télécom SudParis organise une semaine du management intelligent pour confronter leurs élèves à des situations professionnelles particulières comme la gestion de conflit. Via des tests de personnalité, ils identifient leurs atouts, leurs fragilités et celles des autres pour en obtenir des clés de lecture. « C’est en orchestrant tout cela qu’on arrive à devenir un bon manager. Pour un ingénieur, cela peut être compliqué car ils sont ancrés dans leur vision scientifique du monde et peuvent éprouver des difficultés à gérer l’humain. Ceux-là peuvent tout aussi bien se diriger vers des carrières d’expert à nouveau très valorisées ».

Quelle carrière pour l’ingénieur-manager ?

Face à un marché qui leur est favorable, les ingénieurs-managers sont plus exigeants et se destinent à une belle carrière. Si certaines préfèrent créer leur propre entreprise, « le délai moyen de recherche d’emplois des nos diplômés est de 4 jours ». Selon Futura Sciences, 21 % des ingénieurs occupent des fonctions managériales et un débutant sur dix encadre une petite équipe. Une fois en place, ces jeunes diplômés « sont immédiatement en situation de management, ce sont des managers comme ceux qui sortent des écoles de commerce. Ce n’est pas forcément  déterminant dans leur premier poste mais ce double profil servira leur carrière car ils disposent de beaucoup d’outils ». De facto,  la plupart des ingénieurs-managers se retrouvent donc à travailler pour des grands comptes français et européens. « Ils visent des sociétés de consulting renommées. En France, ils commencent comme consultant ou chef de projet avec un salaire d’environ 45k€. Ils deviennent rapidement consultant senior puis prennent des parts dans la société ». L’autre option est d’identifier un grand compte. « En moins de 10 ans, ils feront partie du Comex ou à ce niveau de postes clés » conclut Claire Lecocq.

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