Skip to main content

Entretien à l’américaine: il faut être cool autant que carré

Entretien à l’américaine: il faut être cool autant que carré

Le formalisme de l’entretien que l’on connaît en France laisse la place à la décontraction aux États-Unis. Le recruteur américain n’en attend pas moins que vous vous montriez performant et motivé.

To make a small talk – parler de tout et de rien – est une façon pour les Américains de détendre l’atmosphère et ce, même pendant les entretiens d’embauche. Cette décontraction est une façade, ne l’oubliez pas car la familiarité n’est pas pour autant de mise.

Le recruteur américain n'est pas distant comme le recruteur français

« Le recruteur américain cherche à trouver un terrain d’entente, à installer une ambiance agréable, cela ne veut pas dire qu’il veut être votre ami, nouer un lien », explique Christina Rebuffet-Broadus, coach en communication professionnelle en anglais. La décontraction est au processus de recrutement américain ce que la distance entre le recruteur et le candidat est au recrutement français. Elle est le reflet d’une attitude fondamentalement positive. Cela explique pourquoi nous, Français, avons parfois du mal à exporter outre-Atlantique notre mauvaise humeur et notre quant-à-soi, voire notre condescendance.

Cool, cool et hyper direct à la fois

Vous bavardez quand, brusquement, le recruteur vous interrompt. Ça tranche avec la minute détendue précédente et peut désarçonner le candidat français. « L’erreur serait que le candidat reste bloqué là-dessus et s’arrête de parler, il faut savoir que par cette interruption, le recruteur ne met pas fin à la discussion », précise notre interlocutrice. Il vous coupe pour obtenir une information qui lui manque au lieu d’attendre que vous soyez allez au bout de votre explication.

Le recruteur US veut du chiffre et des chiffres

« Les Américains ont tendance à exagérer leurs réalisations et leurs résultats, ils ont le superlatif facile, le recruteur veut savoir si les résultats sont vraiment excellents ou simplement bons », poursuit Christina Rebuffet-Broadus. Il veut mesurer le degré de réussite et de performance et attend que vous fassiez parler les chiffres. Comme ça par exemple : « Nous avions un budget de 3 millions de dollars et nous avons réussi à dépasser les objectifs de 20% avec seulement 2 millions. » En France aussi, les recruteurs attendent du tangible mais les attentes aux États-Unis sont plusieurs crans au-dessus de ce dont nous avons l’habitude.

... et apprécie la motivation à faire quelque chose de remarquable

Au pays de l’Oncle Sam, le candidat doit faire preuve de beaucoup de confiance et d’affirmation mais sans se présenter comme le roi du monde – le candidat est toujours un équilibriste. L’humilité, appréciée en France, n’est pas forcément bien vue ici. On n’y a pas trop le goût de l’euphémisme non plus, dire que les résultats ne sont pas trop mal peut semer un vent de panique dans l’esprit d’un employeur. Au lieu de minimiser vos réalisations, mettez-les en valeur et montrez-vous très proactif, les attentes sur ces points sont là encore plusieurs crans au-dessus de celles des recruteurs français. De ce côté-ci de l’Atlantique, « il est bon de dire qu’on a envie de construire, d’apporter sa pierre à l’entreprise ; les recruteurs aiment la volonté et la motivation à faire quelque chose de remarquable », conclut-elle.

Sophie Girardeau


Back to top