Candidature et entretien : ce qu'attendent vraiment les recruteurs

Avec le concours de l’IFOP nous avons sondés les réelles attentes des recruteurs vis à vis des candidats qu’ils recoivent en entretien. Voici donc les principales attitudes gagnantes pour répondre au mieux à leurs attentes .

Les actifs français ouverts à l’idée d’un changement de carrière

Selon cette une étude IFOP pour Monster, 50% des actifs seraient ouverts à l’idée de saisir une nouvelle opportunité de carrière cette année : 16% postulent régulièrement, 9% ont l’intention de le faire d’ici à la fin de l’année et un quart se déclare en veille sur le marché du travail, ouvert à toute proposition. Alors que l’économie montre de premiers signes de reprise et que les entreprises prévoient 6 recrutements en moyenne pour l’année (et jusqu’à 16 pour les entreprises de 250 salariés ou plus), nous avons comparé les attentes déclarées des recruteurs avec la vision qu’en ont les candidats. Pour ces derniers, voici en trois points clés les bonnes pratiques à conserver ou à adopter afin de mieux tirer leur épingle du jeu au cours d’un processus de recrutement.

1. Ce que les candidats font déjà et qu’ils doivent continuer à faire

Travailler en priorité les questions sur le poste et ses enjeux
Pendant l’entretien, la question se pose de savoir comment orienter son discours pour être le plus convaincant possible. Dans ce domaine, la capacité d’un candidat à montrer sa bonne compréhension des enjeux du poste en posant des questions pertinentes est le seul point jugé primordial par une majorité de recruteurs (57%). Ce qu’ont bien compris les candidats, qui sont eux aussi majoritaires (71 %) à penser que cet item est primordial aux yeux des recruteurs. Orienter la préparation de son entretien sur ce point doit donc rester une priorité pour les candidats.

Assurer les fondamentaux : être ponctuel et dynamique
Côté comportement, 75% des professionnels des RH interrogés considèrent la ponctualité comme une qualité très importante. Presque autant de candidats l’ont deviné, 67% d’entre eux pressentant que cet item est primordial aux yeux des recruteurs (8 points d’écart toutefois). Ainsi, même si les codes du recrutement changent, cette forme élémentaire de savoir–vivre reste plus que jamais un incontournable avec lequel les employeurs ne sont pas prêts de transiger. Malgré les efforts d’organisation que cela implique pour l’entreprise, un candidat aura donc tout intérêt à déplacer l’horaire d’un entretien s’il n’est plus certain de pouvoir s’y rendre à l’heure dite.

Enfin, la capacité pour un candidat à montrer son dynamisme lors de l’entretien est le second et dernier item qu’une majorité de recruteurs (60%) estime très important de posséder. Les candidats le savent, 60% d’entre eux ayant bien estimé le degré d’importance que les professionnels des RH accordent à ce comportement. Attention toutefois, faire preuve de dynamisme ne veut pas dire sur–jouer la confiance en soi…

2. Les comportements que les candidats pensent nécessaires de montrer pour « plaire » aux recruteurs, mais qui ne s’avèrent pas aussi décisifs qu’escompté.

La confiance en soi, une valeur surestimée ?
Si 43% des candidats pensent qu’il est primordial, pour ‘faire mouche’ lors de l’entretien, de renvoyer une impression de confiance en soi au recruteur, ces derniers ne sont en réalité que 24% à le penser vraiment, soit un écart de 19 points ! De la même manière, 47% des candidats considèrent que leur aisance relationnelle est très importante pour ‘marquer des points’ en entretien d’embauche, une réalité confirmée par seulement un tiers des recruteurs (écart de 14 points). Timides, rien n’est donc perdu !

Faire preuve d’esprit de synthèse est important mais loin d’être décisif
"Merci de faire court" entend–on souvent dans les entreprises. Le temps a beau être une denrée rare, la concision et l’esprit de synthèse dont un candidat devrait faire preuve au cours de l’entretien n’est pourtant pas une qualité si valorisée que cela par les recruteurs. Si quatre candidats sur dix pensent que cette qualité est très importante pour faire bonne impression aux recruteurs, ces derniers ne sont que 28% à le confirmer (12 points d’écart).

Investir son temps de préparation sur les aspects de l’entretien qui « paient » vraiment 
D’autres comportements vus comme de simples « plus » par les recruteurs voient ainsi leur importance réelle surestimée par les candidats. Ainsi, 60% de ces derniers croient primordial, pour faire bonne impression, de venir à l’entretien avec un CV et une lettre de motivation imprimés, alors que seulement 38% des recruteurs le confirment (22 points d’écart).
De la même façon, 68% des candidats pensent que prendre des notes est important ou primordial pour faire bonne impression au recruteur, alors que ces derniers ne sont en réalité que 45% à l’affirmer (23 points d’écart). Dans ce domaine, l’écart de perception le plus important concerne le fait, pour un candidat, d’envoyer un mail de remerciement post–entretien reformulant son intérêt pour le poste. Les candidats sont 70% à penser que c’est primordial ou important pour faire bonne impression au recruteur, quand ces derniers ne sont que… 40 % à le confirmer (30 points d’écart). Si aucun de ces comportements n’est évidemment à négliger, il convient donc pour les candidats de ne pas en faire l’alpha et l’oméga de leur préparation à l’entretien. 

3. Ce que les candidats devraient faire davantage pour optimiser leurs chances auprès des recruteurs

Miser sur les candidatures spontanées
C’est le canal de recrutement qui est le plus souvent cité par les recruteurs (64%) parmi les 3 canaux leur donnant le plus de satisfaction (volume et qualité des candidatures). Cette démarche pro–active, qui prouve la motivation d’un candidat et son attrait pour l’entreprise n’est pourtant privilégiée que par 42% des salariés interrogés (22 points d’écart). Et cette tactique s’avère encore plus efficace quand le recrutement est opéré par un dirigeant, ces derniers étant 71% à déclarer privilégier ce moyen de mise en contact. Le réseau personnel et professionnel est également à cultiver car il constitue une façon intéressante d’entrer en contact avec une entreprise via la recommandation d’un tiers. 33% des candidats utilisent activement ce levier contre 46% des recruteurs qui le classent  parmi les canaux de recrutement leur donnant le plus satisfaction (13 points d’écart). Voilà deux leviers de réussite au potentiel sous–exploité par les candidats souhaitant s’ouvrir à de nouvelles opportunités professionnelles.

Démarcher les cabinets de recrutement et autres intermédiaires de l’emploi.
Aller à la rencontre des intermédiaires de l’emploi que sont les cabinets de recrutement par exemple constitue la troisième option dont le potentiel parait sous–exploité par les candidats, qui ne sont que 28% à privilégier cette approche contre près d’un recruteur sur deux (47%) qui la classent dans leur TOP 3. Car le rôle de ces intermédiaires ne s’arrête pas aux offres d’emploi qu’ils publient pour le compte de leurs clients ou à leurs missions de ‘chasseur de tête’ pour des profils rares ou de haut niveau. Ainsi, les candidats méconnaissent souvent la capacité d’accompagnement et de conseil que peuvent leur proposer les cabinets de recrutement dans une optique de développement de carrière.