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Pourquoi sommes-nous si mauvais en anglais ?

Le diagnostic est complexe car les maux sont multiples. Contrairement à la croyance populaire, l’anglais n’est pas une langue aisée à apprendre pour les francophones. D’autant plus que l’enseignement est souvent défaillant et que les langues sont peu valorisées par rapport à d’autres matières considérées plus « nobles ». De manière plus générale, en France, les politiques et les habitudes culturelles protègent la langue française au dépend de l’anglais – pas toujours à bon escient.

Le constat est assez désastreux. L’Enquête européenne sur les compétences linguistiques – l’étude européenne la plus poussée sur la maîtrise des langues étrangères – réalisée par la Commission Européenne en 2011 plaçait la France avant-dernière de son classement ! Seulement 14% des élèves de classe de troisième possédaient à l’époque un niveau dit « indépendant » en anglais…

Derrière ces chiffres se cache un problème profond. La corrélation entre maitrise de l’anglais et performance commerciale voire taux de croissance d’un pays donné a été illustrée par plusieurs études. Cette faiblesse nuit à l’ouverture internationale, à l’attractivité de la France et indirectement à son image, avec des conséquences sur des secteurs clés pour le pays comme le tourisme.

L’anglais garde une réputation de langue facile à apprendre mais elle recèle pour les francophones de nombreuses difficultés grammaticales (notamment une concordance des temps différente) et phonétiques. Le son « th » ou la prononciation du « h » sont difficiles pour les Français qui auront ainsi plus de facilités à apprendre des langues latines comme l’italien ou l’espagnol. Le bon niveau des pays du nord de l’Europe est en partie lié à la proximité linguistique des langues germaniques.

Au-delà de ces difficultés intrinsèques, il convient de reconnaître les carences de l’enseignement des langues dans le système éducatif français. Le volume horaire pose problème : difficile de retenir quelque chose sur un cours de cinquante minutes. Dans ces classes aux effectifs trop importants, la prise de parole est aussi plus difficile. La culture académique française, grandement basée sur la sanction, associée à une peur chronique du ridicule – certains parleront de fierté française –, mène souvent à une attitude de blocage et d’inhibition, notamment dans la pratique de la langue orale, qui s’en trouve négligée. Les Français n’osent pas se tromper alors que l’apprentissage d’une langue passe par l’acceptation de l’erreur.

L’exposition à la langue anglaise est particulièrement faible en France. La culture française est riche, dans tous les secteurs. Elle est aussi très protégée au niveau politique, si bien que la langue française est souvent érigée en totem, à tort ou à raison. Là où les Danois, par exemple, sont exposés constamment à la culture anglo-saxonne, la France fait partie des seuls pays européens où une majorité des œuvres audiovisuelles sont doublées. De la même façon, très peu de livres sont disponibles en version anglaise originale dans les bibliothèques. Pour couronner le tout, l’existence en France d’un traditionnel sentiment anti-américain et d’un fort rejet de la globalisation n’arrange pas l’image de l’anglais. C’est la langue de la mondialisation et donc de l’homogénéisation culturelle pour certains.

Alors, que faire pour améliorer cette situation ? Il faudrait tout d’abord une volonté politique forte pour changer les pratiques pédagogiques et les politiques culturelles. Ensuite, il s’agirait de généraliser les séjours à l’étranger, comme le programme ERASMUS, qui représentent la meilleure façon d’apprendre une langue : au quotidien. Phénomène encourageant, on assiste à un regain d’intérêt chez les jeunes générations pour la langue anglaise à travers notamment la popularité toujours plus grande des séries anglophones diffusées de façon hebdomadaire et qui, dans une premier temps, ne sont disponibles en France qu’en anglais. Enfin, il n’est également jamais trop tard pour effectuer une formation qui ajoutera une compétence majeure à tout CV.

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