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Les fonctions supports du privé intéressent le secteur public

Les fonctions supports du privé intéressent le secteur public

La Fonction publique va chercher les compétences jusque dans le privé, l’occasion d’une mobilité privé/public pour les profils motivés par l’intérêt général.

« Il y a dix ans, pour la fonction financière, on recrutait un attaché territorial généraliste qui préparait le budget (municipal ou autre) alors qu’aujourd’hui on va chercher un directeur financier qui va établir la stratégie financière et on va le chercher partout, dans les trois fonctions publiques, dans le secteur associatif et dans le privé », explique Tony Lourenço, directeur de Territoires RH, cabinet spécialisé dans le management des organisations publiques.

Dans un monde complexe, source de contentieux pour les acteurs publics, les exigences sont revues à la hausse

Toutes les fonctions supports sont concernées par la tendance actuelle, continuité d’un phénomène de professionnalisation des métiers qui dure depuis une dizaine d’années. Dans un monde complexe, source de contentieux pour les acteurs publics, une très grande vigilance est requise et pousse les employeurs à revoir leurs exigences à la hausse. « En ressources humaines par exemple, la Fonction publique recrute pour de la gestion statutaire mais aussi pour faire de la GPEC (ndlr : gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) et on sait moins faire de GPEC dans le public que dans le privé », indique notre interlocuteur.

En juridique, finance, achats, systèmes d’information (SI), ressources humaines (RH), pour les services généraux, il existe donc actuellement, pour les profils Bac+4/5, de réelles opportunités de mobilité du privé vers le public, en mode contractuel (en 2014, sur cinq millions d’agents publics, on comptait 900 000 contractuels).

« Une échelle sans commune mesure avec celle du privé »

« Entrer dans le public est rarement le fruit du hasard, on a souvent dans son entourage des fonctionnaires qu’on admire », poursuit notre interlocuteur. Les personnes qui s’impliquent facilement, dans la vie associative et/ou dans leur métier, qui, abordant la quarantaine, on déjà vécu un ou plusieurs plans sociaux, se disent qu’il y a peut-être quelque chose d’autre à faire, qui ait plus de sens pour elles, dans le public.

De plus, les enjeux publics sont de taille. « En Aquitaine par exemple, un DAF de PME gère un budget de 5 à 10 millions d’euros alors que dans une commune de 20 000 habitants, on parle de budget de 20 à 30 millions d’euros, quant à celui de Bordeaux, il est de plus d’un milliard d’euros, une échelle sans commune mesure avec celle du privé », souligne Tony Lourenço. Et quand on ne veut pas quitter sa région, la proximité géographique des postes est un autre élément d’attractivité puisqu’il y a de la fonction publique partout en France.

« Il faut être un marathonien, pas un sprinter »

Tempérons. Il est difficile d’entendre qu’il ne s’agit pas de CDI quand on vient du privé, encore plus d’un grand groupe, et « on peut perdre 10 à 15% de sa rémunération précédente en entrant dans « la chose publique » mais c’est à relativiser en se disant qu’on recule pour mieux sauter », remarque-t-il. La tolérance aux frustrations est la première qualité pour qui veut entrer dans le public : le pouvoir est aux élus en effet, et, du fait des processus de concertation autour des projets, les prises de décisions sont ralenties, il ne suffit pas d’avoir le budget pour se dire qu’on peut y aller comme dans le privé. « Il faut être un marathonien, pas un sprinter », conclut Tony Lourenço.

Sophie Girardeau


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