Savoir gérer le marathon des entretiens

Savoir gérer le marathon des entretiens

Votre CV a retenu l’attention d’un recruteur, bravo ! Bravo ? Déjà ? C’est crier victoire prématurément, car le chemin est long qui vous y mènera — un marathon est même au programme. Pour avancer efficacement, Hervé Simonot, Directeur Commercial Groupe de Mac Allister, préconise de fonctionner en mode projet. Et qui dit mode projet, dit vision, organisation/suivi, ressources et action. Check-up de ces différents points.

Focus sur votre vision.

Postuler, c’est d’abord se voir dans son futur job. Aussi les recruteurs s’accordent-ils pour recommander aux candidats d’être à l’écoute d’eux-mêmes afin d’évaluer la cohérence de leur projet professionnel avec l’offre d’emploi. En amont de toute recherche, mettre à plat vos attentes vous permet d’identifier les entreprises dans lesquelles vous souhaitez postuler, et ainsi, d’éviter de vous porter candidat tous azimuts. « Choisir un job que vous aimez préserve votre motivation, renouvelle votre envie de séduire tout au long du process de recrutement, d’où l’importance de bien identifier les annonces qui vous correspondent », pointe Vincent Rostaing, fondateur du cabinet Le Cairn 4 IT.

Un certain nombre d’étapes ayant été franchies grâce à ce préalable, vous voici en entretien avec votre éventuel futur N+1. Vous vous voyez déjà en haut de l’affiche ? Attention à l’excès d’assurance. Même si vous êtes très sollicité, même si de nombreux signes vous indiquent que vous êtes sur la voie du succès, la vigilance est de mise, votre confiance ne doit pas vous aveugler.

Point sur votre organisation.

Le poste que vous visez, son descriptif, l’entreprise dans laquelle vous postulez, ses process de recrutement, le nom de vos différents interlocuteurs, leurs fonctions, leurs coordonnées, les dates de vos entretiens… Tous ces éléments, non exhaustifs, doivent rentrer dans votre champ de vision. Rien de tel qu’un tableau de suivi pour les consigner et ainsi, y voir clair. Rien de tel pour, à chaque étape, vous présenter comme un candidat qui sait ce dont il parle. N’oubliez pas en effet que vous n’êtes pas le seul marathonien de l’histoire, le recruteur en est un également et appréciera le professionnalisme dont vous faites preuve. Votre progress report vous permet en outre d’être pleinement acteur de votre recrutement, grâce à lui, vous savez quand et qui relancer, vous ne vous contentez plus d’attendre une réponse… qui tarde toujours trop à votre goût.
En retraçant chaque étape, vous pouvez analyser vos entretiens et ainsi, prendre le recul qui vous aidera à contenir votre impatience. Si celle-ci est bien naturelle, « évitez cependant de harceler ou de reprocher à vos interlocuteurs de vous laisser sans nouvelles », met en garde Thierry Andrieux, fondateur du cabinet Humanessence.

Etat de vos ressources.

Vous n’êtes pas au bout de vos quarante-deux kilomètres entretiens et vous voilà essoufflé ? Ou plutôt, en panne d’inspiration, vous récitez votre argumentaire sans conviction tant la redite vous lasse. « Oubliez les discours trop marketés, ne cherchez pas à tout prix à rentrer dans les cases », conseille Thierry Andrieux. « Sortez de la logique de vente pour aller vers la proposition de services, osez casser les codes pour marquer votre interlocuteur », renchérit Vincent Rostaing. « Établissez un rapport équilibré avec votre interlocuteur, allez chercher les informations en posant des questions pertinentes, ne vous contentez pas de répondre à celles qu’on vous pose », recommande Hervé Simonot. C’est en défendant votre projet, c’est-à-dire en argumentant à bon escient, montrant ainsi que vous avez bien compris les enjeux du poste et les besoins de l’entreprise, que vous mettrez en route une dynamique de candidat proactif et vous sentirez plein de ressources.

Bilan de vos actions.

On dit souvent, à juste titre, que le candidat est en droit d’avoir un retour de chaque entretien. Mais qui a dit que le retour était à sens unique ? Le candidat a tout intérêt à communiquer lui aussi son propre feedback. Le mail de remerciement — que vous devez absolument envoyer à votre interlocuteur après chaque rencontre — est l’occasion de faire le bilan de l’entretien : reformulez la mission telle que vous l’avez comprise, le contexte, etc. ; réitérez votre motivation ou informez le recruteur si elle a disparu ; quand votre interlocuteur est la personne avec laquelle vous serez amené à travailler, faites-lui comprendre votre envie de travailler avec elle. Si les grands classiques (mail synthétique, police et corps de texte sans extravagance, courtoisie élémentaire, intitulé permettant au destinataire d’identifier facilement ce dont il s’agit, syntaxe irréprochable) sont toujours d’actualité, sachez que ce qui prime, c’est la cohérence de ce courrier avec votre projet.

Enfin, l’auto-analyse est intéressante à chaud comme à froid. C’est après une réflexion à froid que nous vous conseillons d’envoyer votre email.