Faut-il parler de sa RQTH dans son CV ?

Selon le Ministère du Travail, la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) est dispensée à une personne « dont les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l'altération d'une ou plusieurs fonctions, physique, sensorielle, mentale ou psychique ». Une décision administrative qui permet de bénéficier d'avantages dont l’obligation d’emploi. Malgré cela, Dominique Daublain, consultante chez Epith, agence de conseil en ressources humaines pour les personnes en situation de handicap estime qu’aujourd’hui, « les candidats sont encore réticents à faire mention de leur RQTH. Les raisons sont multiples : certains ont du mal à accepter leur handicap, d’autres craignent la discrimination ou ignorent le positionnement de l’entreprise concernant l’emploi des personnes en situation de handicap ».

En parler ou pas, là est la question

Légalement, un candidat n’est absolument pas tenu de révéler son handicap à un employeur potentiel. De son côté, le recruteur n’a pas le droit de poser de questions sur la nature et l’origine du handicap. C’est le candidat qui décide de l’aborder ou pas. « C’est une décision individuelle mais nous conseillons au candidat de ne pas mentionner sa RQTH dans le CV ou la lettre s’il ignore la politique de l’entreprise en la matière ». En revanche, si le candidat postule dans une entreprise handi-accueillante, « il peut l’indiquer dans sa lettre de motivation ». Mais quelque soit la situation, Dominique Daublain souligne que « la seule chose à mettre en avant, ce sont les compétences ». Le CV d’une personne en situation de handicap doit se focaliser sur ce qui compte aux yeux du recruteur : les compétences acquises au cours de son parcours professionnel. « Cela permet au candidat de minimiser les éventuels  moments de rupture dans son parcours professionnel qu’il pourra expliquer plus tard, lors de l’entretien ». Et s’il souhaite mentionner sa RQTH, le candidat peut l’indiquer à la fin de sa lettre de motivation plutôt que dans son CV « sans mentionner la nature de son handicap et en spécifiant qu’il possède ou non des restrictions pour le poste concerné. Enfin, si c’est utile et si le candidat est à l’aise, il pourra l’aborder au moment de l’entretien notamment s’il a une restriction qui peut avoir un impact sur son travail ».

De l’importance de la médecine du travail

Si restrictions il y a, elles peuvent nécessiter des aménagements. «  Cela ne concerne que 15% des cas de recrutement, en vue de compenser le handicap. Il peut s’agir d’aides techniques ou humaines ou bien d’un aménagement horaire par exemple précise Dominique Daublain ». Dans le cas de handicaps, même sans impact sur la productivité mais qui nécessitent un aménagement, « nous suggérons d’en parler en entretien pour favoriser la bonne intégration dans l’entreprise, en lien avec les services de santé au travail notamment ». Il ne faut pas négliger le rôle de la médecine du travail dans ce processus. « La visite médicale d’embauche  ou visite d’information et de prévention est l’opportunité de spécifier si un salarié a des besoins particuliers. Quoiqu’il en soit, un recruteur ne pourra reprocher à un candidat de ne pas l’avoir mentionné dans son CV.  « Il est tout à fait compréhensible qu’un candidat préfère échanger de vive voix  sur son handicap » conclut Dominique Daublain. 

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