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Humanitaire : des métiers extra-ordinaires transposables au monde ordinaire ?

Humanitaire : des métiers extra-ordinaires transposables au monde ordinaire ?
  De retour d’Afghanistan, de Côte d’Ivoire ou encore de Haïti, que deviennent les expatriés des ONG ? Fatigués de gérer des situations d’urgence, ils rêvent de se poser. Comment gérer l’atterrissage en douceur et faire de leur reconversion une réussite ?     La mission humanitaire de trop Ils ont vécu des expériences passionnantes, dénoué des situations inextricables, géré des budgets faramineux, assumé des responsabilités sans commune mesure… Ils sont fatigués, physiquement et nerveusement. Après avoir porté le monde à bout de bras, ils aimeraient se laisser eux-mêmes porter. Et ils le méritent ! De quoi rêvent ces hommes et femmes extraordinaires ? De choses ordinaires : du temps pour eux et pour leurs proches, une vie calme, la possibilité de concrétiser des projets sentimentaux ou familiaux… Seule ombre au tableau, la difficile reconversion des expatriés. On estime qu’en moyenne 2 000 expatriés rentrent chaque année. Les ONG n’effectuant qu’une centaine de recrutements au siège par an en moyenne, les expatriés qui souhaitent rester en France doivent faire preuve d’imagination pour diversifier leurs débouchés. Repartir sur le terrain paraît souvent la seule solution. « Jusqu’à la mission de trop » témoigne Christophe Coeckelbergh, Président de Résonances Humanitaires, association d’aide à la reconversion des travailleurs de l’humanitaire. « Après une dizaine d’années de missions pour Médecins du Monde, Médecins sans frontières ou le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), je suis parti en Afghanistan alors que j’étais épuisé. J’ai été grièvement accidenté. » Se donner le temps de réfléchir, c’est vital lorsqu’on vit au cœur de conflits périlleux. Des expériences valorisantes… difficiles à valoriser L’article 4 de la loi du 23 février 2005 sur le volontariat de solidarité internationale prévoit que les ONG « apportent un appui à la réinsertion professionnelle des volontaires à leur retour ». Cela va du simple guide d’information d’aide au retour au bilan de compétences et à l’accompagnement personnalisé. Quand programme de reconversion il y a, il est en général externalisé, les ONG n’ayant pas les compétences nécessaires pour les assumer. « Lorsque j’ai quitté le CICR en 2003 j’ai fait un bilan de compétences dans un grand cabinet parisien » nous raconte Christophe Coeckelbergh. « J’ai été effaré de leur méconnaissance des métiers humanitaires. Aujourd’hui notre association qui compte nombre d’expatriés s’impose comme un partenaire naturel des ONG ». Une preuve de la valeur de Résonances Humanitaires ? 140 expatriés ont retrouvé un emploi en 2010 grâce à son aide. Le suivi individuel proposé aux adhérents réduit la durée moyenne de chômage à 6 mois, contre 10 mois pour un cadre en France. Comment recaser ces moutons à 5 pattes ? A à peine 30 ans, les expatriés assument des missions complexes et polyvalentes dans des conditions souvent extrêmes. De retour au pays, leurs exigences professionnelles peuvent être élevées : certains rêvent de retrouver la même richesse de tâches, avec peu de chances de succès. « Les expatriés sont aux prises avec des enjeux géostratégiques et socioenvironnementaux, tout comme les entreprises. Pourtant leur CV est souvent illisible pour ces dernières. On leur apprend donc à transposer leurs compétences dans des univers professionnels différents » explique Christophe Coeckelbergh. Côté recruteurs, l’entreprise craint de ne pouvoir répondre à la quête de sens de ces candidats qu’ils imaginent trop idéalistes. Elles qui recherchent des profils réactifs, adaptables et résistants au stress, elles se focalisent sur le fait que leur extrême autonomie en fera des employés difficiles à manager… Mais quelques-unes s’engagent en faveur des expatriés : au même titre qu’elles signent la charte de la diversité, certaines entreprises comme la SNCF ou Bouygues scellent un partenariat avec Résonances Humanitaires. Au final, la majorité des travailleurs humanitaires qui se reconvertissent s’investissent dans le secteur social et associatif. Très prisé, celui de l’économie sociale et solidaire axée sur la coopération, le développement local, la réinsertion et la lutte contre l'exclusion. Un moyen de prolonger leur engagement citoyen dans des conditions plus confortables.

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