L’importance des soft skills chez les ingénieurs

En 2019, un ingénieur ne peut plus se limiter à une vision segmentée de sa fonction. Rencontre avec Romain Doutre, Associate Director chez Robert Walter qui décrypte la montée en puissance des soft skills

Pourquoi les compétences techniques ne suffisent plus à l’ingénieur ?

Nous sommes dans un monde où tout va toujours très vite. Il faut donc être plus agile, plus digital, plus international et cela concerne toutes les fonctions. Face à ces défis, l’industrie a su se mobiliser en intégrant beaucoup d’ingénieurs à des postes clés. Les entreprises ont ainsi rapproché filière expertise et filière managériale afin de faciliter le travail en transverse. Prenez un responsable de production, il ne fait plus son job uniquement de façon technique. Aujourd’hui, on va lui demander de participer à des projets comme la modernisation de l’usine.

 

Les experts ne sont donc plus opposés au managers ?

Il y a 30 ans, un ingénieur travaillait en recherche ou en innovation pour trouver des idées. D’autres se chargeaient de les mettre en place. Aujourd’hui, un ingénieur qui a une idée doit la développer rapidement, la marketer et la rendre réaliste. Cela nécessite des qualités qu’on n’exigeait pas auparavant. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard s’il y a une vraie convergence entre les écoles de commerce et les écoles d’ingénieurs. On attend de plus en plus des ingénieurs qu’ils soient les leaders de demain.  

 

Est-ce que les candidats sont conscients de l’appétence des recruteurs pour les soft skils ?

Les candidats en ont conscience,  d’autant plus qu’il y a une énorme concurrence sur le marché de l’emploi. Dans un CV, académiquement tout se ressemble, il y a les noms d’écoles et des réalisations techniques. La différence ne se fait pas sur la technique mais sur la personnalité, l’ambition, les soft skills et la motivation. Avant de contacter un candidat, un recruteur va notamment se servir des réseaux sociaux pour analyser l’image professionnelle ou personnelle qu’il renvoie et mesurer notamment son ouverture sur le monde, sa connaissance des nouveautés technologiques  etc.

 

En dehors de l’agilité, quelles autres soft skills émergent pour ce profil ?

Tout d’abord, la capacité de synthèse. Nous sommes submergés  d’informations. Un ingénieur capable de se nourrir d’information et de la retranscrire de façon synthétique prouve qu’il est adapté à son époque. Il sait simplifier les choses et va droit au but. Ce sont des qualités très recherchées. De plus, les recruteurs cherchent aussi des profils positifs et dynamiques, ce qui s’avère très important pour mener des équipes. Tout cela signifie qu’il faut être un bon communiquant car la plupart des ingénieurs sont amenés à devenir des managers. A quoi bon créer de supers inventions si vous n’êtes pas capables de les vendre ?

 

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