Avec les objets connectés, le hardware revient sur le devant de la scène

Avec les objets connectés, le hardware revient sur le devant de la scène

En B2B, les objets connectés, on connaît depuis longtemps. Le neuf, c’est leur essor en B2C qui a de quoi booster le marché IT. Bonne nouvelle pour tous les informaticiens et plus particulièrement les profils hardware qui font un retour remarqué. En France, le marché doit cependant se structurer avant qu’on puisse parler de recrutements massifs.

 

Il y aura bientôt des objets connectés partout. La nouvelle peut réjouir les informaticiens, elle représente une aubaine en matière d’emploi. Cela concerne d'abord les profils M2M (machine to machine) que l'on distingue selon le protocole de communication sur lequel ils travaillent, par exemple des profils 3G/4G (développeurs IOS et ingénieurs réseaux) ou des profils applicatifs en développement web. Mais la nouveauté en termes d'opportunités concerne « les profils proches du hardware qui, avec la prééminence du soft sur le hard, étaient tombés dans l’oubli ces dernières années », souligne Samuel Lachaud, consultant en recrutement au sein du groupe RHésolution. On parle là d'ingénieurs qui travaillent sur les couches basses et sur des protocoles de communication tels qu’Arduino ou RS232. « Ces protocoles sont très nombreux, leurs normes évoluent très rapidement alors qu’autrefois il y avait des standards », précise-t-il.

Avec les objets connectés, « on crée un lien entre un objet, une intelligence artificielle et des données dans le Cloud, cela fait appel à l'ensemble des compétences informatiques », explique Hugues Truttmann, consultant en recrutement. Une fois les données collectées, il s’agit de les stocker, de les traiter, de déterminer quel usage on en fait, etc. Les opportunités concernent donc aussi comme il l'indique « les chefs de projet qui ont une vision large des technologies, des usages, des normes à respecter et qui sont en train de se mettre en place, de même que les professionnels de l’analyse des données – des profils décisionnels, on parle de business intelligence –, les spécialistes de l’entreposage de données, du web sémantique… ».

Gaming, santé/bien-être, domotique : les secteurs clefs aujourd’hui

« Un gamin de 19 ans a créé il y a deux ans le premier casque virtuel qui peut se connecter à tout type de plateforme de jeu, les géants du gaming et du Net lui ont couru après », raconte, enthousiaste, Samuel Lachaud. Le gamin en question, Palmer Luckey, un jeune étasunien, collectionneur insatisfait d’appareils de réalité virtuelle, est l’inventeur d’Oculus Rift, sorte de lunette/masque qui crée un environnement complet en 3D autour de soi, dans lequel on peut intervenir. Sa société, Oculus VR, a été rachetée en mars 2014 par Facebook. « En matière de lunettes, le grand truc du moment est de réussir à coupler la réalité augmentée que propose la Google Glass avec la réalité virtuelle d’Oculus Rift », complète-t-il.

Quantité d’applications liées au bien-être et à la santé fleurissent aussi actuellement. Les smartphones mais aussi des bracelets, des vêtements connectés permettent de contrôler son sommeil, ses calories, de compter le nombre de pas que l’on fait chaque jour, de mesurer son stress, etc. Du côté de l’habitat « on va vers une automatisation de plus en plus importante de tous les actes liés à la gestion de sa sécurité, de son énergie », note Samuel Lachaud. On comprend que les perspectives d’emploi soient prometteuses pour les profils IT, d’autant plus que les objets connectés continuent leur progression en B2B.

Un marché d’offre pour le moment

Émergent, foisonnant, tel est le marché actuel. D’après Samuel Lachaud, « il faudra bien cinq ans avant qu’il soit structuré et qu’on puisse parler de recrutements massifs sur le sujet ». Pour l’heure, c’est au sein de startups ayant des idées viables que ça se passe, à Paris et surtout, à San Francisco. Notons plus particulièrement Eco & Logic, créateur des lunettes Elarie,  Petnet, créateur de Smartfeeder, un distributeur de nourriture pour veiller à l’alimentation de son animal de compagnie ou encore, Bellabeat, créateur d'une application qui permet entre autres d'écouter battre le coeur de son bébé durant la grossesse. Dans les grands groupes qui réalisent des prototypes (opérateurs et constructeurs Télécoms notamment), la discrétion est de mise. « Le sujet est encore confidentiel car il est stratégique, on est sur un marché d’offre pas de demande, sur ce qui fera le marché de demain », note-t-il. Quant aux SSII, « elles devraient s’emparer du sujet dans un proche avenir », conclut Hugues Truttmann.

Sophie Girardeau

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