Les inquiétudes des salariés français après la crise sanitaire

Les inquiétudes des salariés français après la crise sanitaire

Les inquiétudes des salariés français après la crise sanitaire

Alors que l’activité économique repart doucement et que les enfants ont repris le chemin de l’école, Monster a interrogé des salariés pour sonder leur état d’esprit suite à la crise du Covid-19.


Avant la paralysie quasi-planétaire provoquée par la crise sanitaire, 82% des actifs déclaraient se sentir en sécurité dans leur emploi révèle la nouvelle étude YouGov pour Monster. Trois mois après le début de la crise avec un nombre de demandeurs d’emploi qui atteint des records inédits depuis 1996 et un PIB qui dégringole à 17% au second trimestre 2020, l’étude indique que désormais, les salariés français sont bien moins sereins sur leur avenir professionnel.

 

Le travail c’est la santé, oui mais… 

La France respire à nouveau. Une grande partie de la population a repris le chemin du travail mais le confinement a laissé des traces. Face à un virus que les scientifiques ne maitrisent pas encore, 65% des Français se soucient de leur santé et celles de leurs proches, une inquiétude évidemment plus marquée chez les habitants des zones très touchées par l’épidémie comme le Nord-Est et la région parisienne. Une appréhension alimentée par les déclarations de plusieurs médecins, dont le professeur Jean-François Delfraissy, président du Comité national d'Éthique, qui redoute l’arrivée d’une seconde vague à l’automne 2020.   

 

Les lendemains incertains des salariés en chômage partiel

Après plusieurs semaines de télétravail ou de chômage partiel, 54% des sondés redoutent de ne pas retrouver leur lieu de travail avant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Une inquiétude particulièrement marquée chez les 60% d’actifs placés en chômage partiel. Reste à espérer que l’annonce surprise de la reprise de l’école le 22 juin, entrainera un retour au travail plus proche que prévu pour certains salariés.

 

Une croix sur les promotions 

A force d’entendre les économistes se succéder sur les plateaux télés pour annoncer qu’une récession terrible nous attend – la situation ne devrait pas s’améliorer avant 18-24 mois pour certains - rien de surprenant que 58% de la population active s’inquiète de son évolution professionnelle. Dans certains secteurs, il sera en effet compliqué d’envisager des promotions et autres montées en compétences tant l’urgence sera de rattraper le temps et l’argent perdu. A noter qu’une enveloppe d’aide de 45 milliards, prévue par le gouvernement s’ajoute aux 400 milliards de mesures d’urgence alloués précédemment en soutien aux secteurs ébranlés par la crise comme l’aéronautique, l’automobile, le tourisme, l’hôtellerie, la restauration et la construction.

 

Le malaise de la génération Z

A l’instar des millennials malmenés par le crise des subprimes de 2008, la génération Z qui fait massivement son entrée sur le marché du travail est tout aussi pessimiste. Si l’étude Monster explique que les Z se préoccupent moins des risques sanitaires (53% contre 65% au total), 76% des futurs actifs se soucient en revanche de leur avenir professionnel et près d’un jeune sur deux craint de ne pas trouver d’emploi dans les mois à venir. Les 700 000 jeunes qui arrivent sur le marché attendent certainement avec impatience le plan pour sauver l’emploi jeune qui devrait être annoncé cet été par le gouvernement.

 

Des efforts mais pas à n’importe quel prix 

Durant le confinement, le message du gouvernement était clair : les salariés devront faire des efforts pendant les prochains mois. Et si certains sont d’accord pour renoncer à leurs vacances d’été ou travailler plus, seulement 10% des salariés interrogés sont prêts à accepter une rémunération en deçà de leurs attentes. Et si 21% envisagent de faire des compromis, c’est à la condition de pouvoir renégocier leur salaire à la sortie de la crise.

 

Le temps de la remise en question

L’irruption du Covid-19 dans nos vies a provoqué chez 55% des salariés – témoins du courage des personnels soignants – un questionnement sur le sens de leur travail. Ainsi, 24% des actifs témoignent d’une volonté de changer leur quotidien à travers de nouvelles responsabilités, la concrétisation de projets extra-professionnels ou d’une reconversion. Cette quête de sens particulièrement prégnante chez les jeunes et les habitants d’Ile de France est à relativiser : en effet, même si 30% des salariés se sont interrogé sur leur utilité professionnelle, ils n’envisagent pas forcément d’opérer des bouleversements majeurs, conscients que les prochains mois seront certainement laborieux.