L’intelligence émotionnelle, un atout professionnel

Longtemps, l’intelligence émotionnelle a eu une connotation négative, véhiculant les clichés du salarié émotif et sensible. Désormais, cette intelligence un peu particulière se révèle être un avantage considérable dans un parcours professionnel. Explications avec Lucie Lauras, coach chez Performance Consultants France.  

Tout d’abord, comment définiriez-vous l’intelligence émotionnelle ?

Si on divise le cerveau en deux parties, il y d’un côté le Quotient Intellectuel (QI) qui correspond au savoir-faire et de l’autre le Quotient Emotionnel (QE) c’est à dire le savoir-être. L’intelligence émotionnelle, c’est la capacité à comprendre son fonctionnement intérieur, à voir l’impact des émotions sur la communication, à appréhender cet impact sur les autres. Elle aide à gérer le stress dans des périodes de tempête et à prendre les bonnes décisions qui découlent aussi des émotions.

Quelle est la différence entre les soft skills et l’intelligence émotionnelle ?

A l’instar du QI, tout le monde possède une intelligence émotionnelle avec des niveaux différents. Mais si le QI est figé, le QE peut toujours s’améliorer si on a en conscience et envie. Et elle est différente des soft skills parce qu’elle exige de prendre conscience de son propre fonctionnement et de l’impact des émotions sur celui-ci.

Pourquoi cet intérêt du monde de travail autour de ce concept ?

J’accompagne des professionnels autour de l’intelligence émotionnelle  depuis 10 ans mais avant je n’utilisais pas cette expression, je parlais de savoir-être. Aujourd’hui, on n’a plus peur de demander de l’intelligence émotionnelle. Le développement de l’intelligence artificielle fait prendre conscience aux entreprises que la machine va supplanter l’homme. On ne se distinguera plus par le savoir-faire puisque la machine saura mieux le faire que nous, mais par le savoir-être. Les entreprises se rendent compte également que les plus jeunes n’ont pas envie de passer toute leur vie dans la même entreprise, ils n’ont pas les mêmes objectifs. Ce qui fera la différence pour attirer et garder ces talents, c’est le bien-être dans l’entreprise et le comportement. On sait que les augmentations de salaires ne suffisent pas, c’est le bien-être qui prime. Le bien-être ce n’est pas juste installer une table de ping-pong, c’est être plus authentique, mieux se connaître, prendre les bonnes décisions, gérer les changements constantss.

Est-il possible de quantifier l’intelligence émotionnelle ?

 

Oui, il existe un test reconnu, EQ-I (Emotional Quotient Inventory), qui mesure l’intelligence émotionnelle au moment où la personne répond. Elle permet d’avoir un résultat dans les 15 compétences de l’intelligence émotionnelle : la perception de soi (amour propre, réalisation de soi et conscience de soi émotionnelle), l’expression individuelle (expression émotionnelle, affirmation de soi, indépendance), les relations humaines (compétence relation humaine, empathie, responsabilité sociale), la prise de décision (résolution de problème, sens de la réalité, contrôle des impulsions) et finalement la gestion du stress (flexibilité, tolérance au stress, optimisme). Le test est de plus en plus utilisé dans les dernières étapes de recrutement, il permet de repérer les forces d’une personne qui possède l’expérience et le savoir-faire nécessaires. L’objectif est de trouver le candidat qui va se sentir le mieux dans ce poste.

Comment peut améliorer son QE ?

Le test EQ-I est une base de travail. La personne répond en ligne, cela prend 20 minutes. Ensuite, il y a forcément un compte-rendu pour identifier des pistes de développement. Pour certaines personnes, un seul debrief suffit, d’autres auront besoin d’un coaching ou d’une formation. Pour mettre en place des choses concrètes avec les managers que je coache, il faut compter environ 8 sessions à distance d’une heure toutes les 2 semaines environ soit 4 à 6 mois de coaching.

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