Le commercial, un vendeur de foire, vraiment ?

Le commercial, un vendeur de foire, vraiment ?

Baratineur prêt à tout pour vendre… Le commercial souffre d’une mauvaise réputation. Il est même caricaturé à la télé. Heureusement, des initiatives existent pour tenter de corriger le tir.

 

C’est un fait qui se vérifie d’année en année : le commercial ne bénéficie pas d’une très bonne image en France. Réputé baratineur, il est souvent perçu comme un vendeur de foire, un beau-parleur frappant à toutes les portes et prêt à vendre père et mère pour marchander un aspirateur ou un robot ménager. Dans les médias, la littérature ou le cinéma, il est souvent caricaturé comme un professionnel qui passe son temps à déjeuner pendant de longues heures et à sillonner les routes dans sa belle voiture de fonction.

Comment expliquer cette image ? D’où vient cette réputation ? Selon Lionel Deshors, cofondateur du cabinet de recrutement CCLD, la première raison est culturelle. « D’une façon générale, en France, la culture n’est pas très business, explique-t-il. On a un problème avec l’argent. Or, les commerciaux sont des gens qui peuvent gagner beaucoup d’argent ». La méconnaissance du métier est une autre explication. « Les gens résument la profession au vendeur qui fait du porte à porte », reprend-il.

 

« JC, le meilleur vendeur de la boîte »

 

Le pire, dans ce domaine, se nomme certainement Jean-Claude Convenant, le « meilleur vendeur de la boîte » interprété par Yvan Le Bolloc’h. Affublé de costumes ringards, « JC », comme il est appelé par ses collègues, était l’archétype du « beauf » vantard, macho, pas très futé, fier de sa « Xantia tunée » et de son camping-car, et légèrement porté sur la bouteille. La série Caméra Café, diffusée de 2001 à 2003 sur M6, a amusé des millions de Français mais a porté un coup sévère à l’image de la profession.

Pour tenter de l’améliorer de la profession, Lionel Deshors a créé l’association Valo’Com qui se présente comme un « espace d’informations, de conseils, de réflexions, de propositions et d’échanges, ouvert à tous ceux qui se sentent concernés par la fonction commerciale, et qui souhaitent redorer l’image des professionnels de la vente au sein des entreprises et de la société ». L’objectif de l’association est de toucher, en particulier, les jeunes qui préfèrent souvent s’orienter vers le marketing ou la finance.

 

Un métier noble, complet et indispensable

 

« C’est souvent pour eux une révélation, raconte Lionel Deshors. Ils n’imaginent pas que c’est un secteur qui a un univers, des valeurs et une éthique ». L’association Val’Com organise régulièrement des rencontres avec des professionnels qui leur font découvrir le métier et ses atouts. Avec sa charte de la valorisation de la fonction commerciale, elle incite aussi les entreprises à mettre en place un plan d’action « qui insiste sur la diversité et la richesse du métier »pour attirer de nouveaux talents.

« C’est vraiment un métier noble, complet et qui offre de réelles perspectives d’évolution dans tous les secteurs et à tous les niveaux, reprend Lionel Deshors. C’est aussi un métier où le niveau des interlocuteurs peut être assez élevé, avec des produits à très forte valeur ajoutée. Et c’est surtout une profession dont la France a besoin parce que si on veut exporter nos produits et renouer avec la croissance, il faut bien faire du commerce ».