Le congé sabbatique, une bonne chose pour vous et votre employeur

Qui n’a jamais rêve de faire un break de quelques mois ? Beaucoup de salariés si l’on en croit ce sondage de Airbnb publié en janvier 2019 qui affirme que 53% des Français souhaiteraient prendre un congé sabbatique. Pour la majorité, il est question de découvrir de nouvelles cultures (60%), apprendre une nouvelle langue (42%) développer de nouvelles compétences / apprendre de nouvelles choses (36%), reprendre ses études (33%), prendre du temps pour mieux se connaitre (31%) et faire du volontariat (25%). Mais au-delà du fantasme, est-ce que cela sert vraiment à quelque chose ?

Des salariés heureux

Le congé sabbatique, quèsaco ? Il s’agit d’une période d’absence pour convenance personnelle qui peut s’étendre de 6 à 11 mois. Cet accord mutuel entre employeur et employé et soumis à certaines conditions, stipule que le contrat de travail est suspendu et le salarié n’est pas rémunéré. A l’issue du congé, le salarié retrouve son poste (ou un poste similaire) au sein de l’entreprise. Qu’il s’agisse de faire du bénévolat, apprendre une nouvelle langue, découvrir d’autres cultures ou réaliser un projet personnel, le congé sabbatique a un impact positif sur le salarié. Il revient avec une nouvelle énergie, des compétences inédites, des idées fraîches, une meilleure confiance en soi, plus d’autonomie, de motivation et davantage de productivité. Une étude américaine a d’ailleurs suivi 258 universitaires chez qui la pratique est courante depuis des années. Parmi eux, 129 sont partis en congé sabbatique. A leur retour, l’étude a noté une baisse de stress, un bien-être général par rapport à leurs 129 collègues en fonction avec en bonus, des changements positifs qui duraient dans le temps.  

Des patrons satisfaits

Bonne nouvelle. Le monde du travail ne voit plus d’un mauvais œil ce désir de faire une pause dans sa vie professionnelle. Quelques grandes entreprises françaises comme les banques et assurances l’encouragent même. Timidement mais sûrement, les employeurs commencent à entrevoir les bénéfices à tirer de cette expérience. Pour preuve, aux États-Unis, 15% des employeurs proposent désormais des congés sabbatiques (payés ou non) à leurs salariés selon Society for Human Resource. Si le premier à le faire fut McDonald’s en 1977, aujourd’hui, des géants comme Intel, Patagonia ou Adobe Systems encouragent leurs employés à sauter le pas. Pourquoi ? Dans la très sérieuse Harvard Business Review, David Buckus, auteur et professeur à l’université Oral Roberts vante les mérites de ce congé atypique pour les gains qu’il apporte à l’entreprise. Tout d’abord, l’employeur s’assure de conserver des employés de talent en manque d’opportunité d’évolution de carrière. De plus, l’absence temporaire d’un membre d’une équipe est un excellent exercice pour tester l’organisation interne. C’est aussi l’opportunité idéale pour faire naitre de nouveaux talents ou développer les compétences de certains salariés. Le Professeur Buckus note d’ailleurs que ces « intérimaires » peuvent aussi trouver et tester de nouvelles méthodes au sein de l’entreprise. Résultat, ils gagnent en confiance, deviennent plus efficaces et responsables. 

Bien sûr, le congé sabbatique n’est pas peut-être la solution miracle mais il pourrait bien éviter certains maux. A en croire le sondage Airbnb, 30% des Français pensent que cela permettrait d’éviter le burn-out voire même de quitter son emploi (12%). Avis aux intéressés…

 

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