Le luxe français à la recherche d’artisans

L’industrie du luxe français affiche une bonne santé insolente. Mais derrière le prestige et les créateurs stars, se cachent des artisans qui fabriquent des produits de très haute qualité que le monde entier s’arrache. Des métiers de main en grande tension et souvent trop méconnus.

 

Le luxe : des chiffres qui affolent

A en croire la sixième édition du True-Luxury Global Consumer Insight, le marché du luxe a totalisé un chiffre d’affaires global de 920 milliards d’euros en 2018 et devrait flirter avec les 1300 milliards d’euros d’ici 2025. Piloté par trois groupes ultra-puissants, l’industrie du luxe français tire brillamment son épingle du jeu et domine le marché mondial. Selon le cabinet Deloitte, neuf entreprises hexagonales se classent parmi les entreprises de luxe avec 24,3% des ventes totales. En France, la Direction Générale des Entreprises estime que la filière luxe atteint un chiffre d’affaires de 150 milliards d’euros soit 1,7% du PIB soit d’avantage que la construction automobile et l’aéronautique réunis.

 

Le fleuron de l’économie française

Le marché du luxe englobe de nombreux activités : du parfum à la haute couture en passant par la joaillerie, les cosmétiques, l’horlogerie, la maroquinerie. En France, une entreprise sur 13 travaille dans le domaine de la mode et du luxe et le secteur compte plus de 500 000 emplois directs et 1 million d’emplois indirects. Internationalement connu et admiré, l’excellence et le savoir-faire à la française reposent en grande partie sur le savoir-faire d’artisans chevronnés. Des enjeux de recrutement qui reposent sur un fort besoin de transmission de talents et une nécessité de rendre attractifs de nombreux métiers méconnus. Pour parer au manque, La Fabrique, créé en 2013 propose entre autres, des programmes maroquinerie, spécialisés dans la maroquinerie-sellerie et des programmes décoration d'intérieur, spécialisés dans la tapisserie d’ameublement siège et décor et l'aménagement d'espaces. Les besoins sont pressants : il y aurait près de 10 000 emplois à pourvoir dans le secteur de l’habillement et du textile notamment en raison de nombreux départs en retraite. 

 

Les métiers en tension

Parmi les 198 métiers d’arts et les 83 spécialités, recensés par le Journal Officiel, un grand nombre de postes restent vacants. Les groupes français mènent de nombreuses actions pour mettre en avant les métiers moins prestigieux comme l’ouverture prochaine à Paris d’un nouvel espace dédié aux métiers d'art et de l'artisanat. De son côté, le Comité Colbert cherche aussi à déclencher des vocations en collaborant avec des écoles pour transmettre la « culture des métiers aux jeunes en âge de s'orienter ». Dans son guide des Secteurs qui recrutent, le CIDJ recense les besoins suivants de l’industrie : assembleur en maroquinerie, bonnetier, coupeur, couturier, joaillier, lapidaire, maroquinier, mécanicien en confection, modéliste, orfèvre, patronnier, polisseur, prototypiste, sertisseur, teinturier et toiliste. Pour cela, il est nécessaire de suivre une formation d’artisan qualifié à partir d’un niveau CAP ou bac pro avant de frapper à la porte des grandes maisons françaises.

 

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