Les comportements observables du recruteur ont des choses à vous dire

Les comportements observables du recruteur ont des choses à vous dire

Malgré un CV qui tient la route, votre candidature cale en entretien. Et si vous alliez chercher des solutions dans les réactions de votre interlocuteur ? En étant attentif à ses comportements observables, vous trouvez le bon canal de communication et pouvez faire la différence avec vos concurrents.

Selon Cécile Fischer, responsable du développement RH et de la communication du Groupe William Sinclair, 30 à 40% des candidats n’ont pas conscience que l’autre ne fonctionne pas comme eux. Quand le courant ne passe pas en entretien, un réflexe courant du candidat consiste à penser que le recruteur s’est levé du pied gauche ou que sa tête ne lui revient pas. Cette tendance s’accentue quand la recherche d’emploi s’enlise. On peut dans ce cas « avoir tendance à tout prendre pour soi, à manquer de recul », note–elle.

« Il faut être prêt à traiter son interlocuteur comme il a besoin d’être traité »

Au lieu de se demander comment faire autrement, le candidat pense « problème ». Il a peut–être face à lui quelqu’un de très cadré alors qu’il est lui–même dans une rondeur expansive. « Même si son CV convient en termes de compétences techniques, sa tendance à partir dans tous les sens par exemple, et son approximation, ne conviendront pas à un recruteur qui est lui–même très organisé et précis alors que ça se passerait mieux avec un recruteur aussi désorganisé que lui », explique notre interlocutrice. Pour faire autrement « il faut être pr&ect à traiter son interlocuteur comme il a besoin d’être traité et non pas comme on a soi-même envie d’être traité ». À compétences égales, envoyer les bons signaux favorise l’embauche, c’est donc pour la bonne cause que vous tenez compte de l’autre.

S’appuyer sur les typologies qui découlent des travaux de Jung

Mais comment savoir ce dont a besoin la personne que l’on rencontre ? En s’intéressant à ses comportements observables – ils livrent plein de clefs pour comprendre à qui on a affaire. Toutes les typologies qui découlent des travaux sur les types de personnalité de Carl Gustav Jung, père de la psychologie analytique, proposent des outils qui font gagner du temps (le but ici n'est pas de les détailler mais de vous inciter à vous y intéresser et à vous en servir) : au lieu de réaliser au bout de plusieurs entretiens qu’il faut adapter son comportement à l’autre et à la situation, on a ce principe fondamental à l’esprit. On économise aussi son énergie : savoir qu’on dispose de clefs pour analyser et pour s’adapter, sans tomber dans l’excès qui consiste à être quelqu’un d’autre que soi-même, réduit en partie le stress. Une littérature abondante existe en matière de développement personnel, de même que des tests en ligne et des formations. Si la théorie ne fait pas tout, elle a le mérite de faire prendre conscience de l’existence d’un autre, ni bon ni mauvais, qui fonctionne autrement que soi et non pas contre soi. Ensuite, il faut mettre en pratique et s’exercer avec ses proches.

Comment voulez-vous que se déroule l’entretien ? : la meilleure question à poser en intro

En répondant à cette question, le recruteur vous livre des clefs de compréhension de sa façon de fonctionner. La suite vous aide à affiner votre impression car tout n’est pas joué, et heureusement !, dans les premières minutes, contrairement à un stéréotype. « Ces premières minutes comptent pour 50%, il ne faut pas se crisper sur ce point, l’échange s’installe petit à petit et permet d’ajuster son comportement », précise Cécile Fischer. Pour ajuster, rien de tel que les fondamentaux des relations interpersonnelles : du savoir-vivre, du bon sens, de l’écoute de l’observation. Une chose est universellement appréciée : le sourire, que l’on soit normatif, directif, coopératif, etc. D’autres choses sont éliminatoires : l’agressivité, la grossièreté, l’ébriété, le refus des process de recrutement.

Une présence à l’autre plus qu’une grammaire des comportements

Être attentif aux comportements observables fait de vous un candidat présent à ce qui se passe. Au lieu de cliquer sur le bitoniau de votre stylo durant tout l’entretien, vous vous rendrez compte que ponctuer vos phrases de clic–clic irrite votre interlocuteur ; au lieu de monopoliser la parole face à un recruteur qui se tait, vous saurez la lui redonner. Il ne s’agit pas de vous focaliser sur un froncement de sourcil ou sur un geste, « c’est la récurrence des signes qui fait sens, pas un signe isolé, c’est du bon sens », précise Cécile Fischer. Se caler sur l’attitude de l’autre, être synchro comme on dit, demande d’apprendre à jongler avec les attitudes et requiert de la souplesse mentale. « Cela aide à donner le meilleur de soi–même sans en faire trop car on est dans un registre approprié », conclut-elle.

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