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Formations, débouchés... zoom sur le métier de cordiste !

Formations, débouchés... zoom sur le métier de cordiste !

Cool le métier de cordiste ? Tout dépend du point de vue. Celui qui travaille en milieu urbain n’aura en effet pas le même que celui qui change un nez de torchère sur une plateforme pétrolière ou intervient en zone ATEX. A quoi pouvez–vous vous attendre si vous visez ce métier ? Quels sont ses débouchés en termes d'emploi dans le secteur de l’énergie et de l’environnement ? Quelle formation choisir ? Quelques réponses de la profession qui cherche de plus en plus à encadrer ses pratiques.

D’un côté, le folklore : le métier de cordiste, un métier fun, entre l’appel de la nature et l’opération commando. Vers lequel les professionnels de la montagne (guides, secouristes) sont logiquement allés. Mais attirant aussi baroudeurs, casse–cou et marginaux – « certains ont déjà deux pétards dans le nez quand ils arrivent sur un chantier », rouspète un employeur du secteur. On a tous derrière les yeux des images de descente en rappel. Ou celles, sépia, de la construction du Golden Gate Bridge. On a tous prêté l’oreille aux histoires d’autrefois racontant les Indiens dépourvus de vertige, seuls capables de se frotter aux gratte–ciels new–yorkais.

De l’autre, le quotidien d’un métier, jeune – une vingtaine d’années –, qui permet les déplacements en milieux difficiles, « dont l’essence est plus la spéléologie que l’alpinisme », selon Michel Doumer, dirigeant fondateur d’Alti Services. « Un métier physique, pénible », précise Jean–Michel Paulik, responsable du département Travaux sur cordes chez Hydrokarst. Comme celui de scaphandrier, il est une des nombreuses spécialités de la Fédération nationales des travaux publics (FNTP). La profession cherche à  encadrer de plus en plus ses pratiques pour le professionnaliser davantage. Selon le dernier recensement du Syndicat Français des Entreprises de Travaux en Hauteur (SFETH) effectué en 2009, il compte 330 entreprises en activité régulière et 5000 cordistes équivalent temps plein, dont environ 3000 intérimaires et 2000 embauchés en CDI.

L’hydroélectrique et le nucléaire plutôt que l’éolien et le solaire

Le secteur de l’énergie hydroélectrique, le secteur du nucléaire, les industries pétrolières et des hydrocarbures, le secteur de l'énergie solaire et photovoltaïque, le secteur des énergies éoliennes, autant de débouchés pour ces profils. C’est trop vite dit, car, d’une part, l’industrie – dont l’énergie –,  « ne représente que 10% de l’activité de travaux sur cordes », comme le signale François Ranise, gérant fondateur de la société Profil et vice–président du SFETH. D’autre part, en 2012, les énergies alternatives ne leur offrent pas autant d’opportunités d’emploi qu’on pourrait le croire. L’éolien par exemple, qui a eu recours à eux à ses débuts pour le montage des moulins à vent de notre siècle, développe aujourd’hui des systèmes de montage ne nécessitant pas le recours aux professionnels de la corde. C’est le cas notamment du géant allemand de la fabrication d’éoliennes, Enercon. Les chantiers dans ce domaine existent, certes, mais pas au point de parler de filon d’emploi pour les cordistes. Actuellement, c’est de petits chantiers d’entretiens (nettoyer et réparer les pales d’éoliennes) dont il s’agit principalement. Pas de chantiers d’envergure non plus dans le solaire, où « les prix sont devenus très bas, tirant vers ceux pratiqués dans , observe Jean–Michel Paulik.

En France, les plus gros chantiers concernent les barrages hydroélectriques, les hydrocarbures et le nucléaire. Les missions des cordistes dans ce cadre ? « L’inspection des parements ou des appuis latéraux des barrages, pour détecter des problèmes de fissuration, de déplacement, ou encore, des interventions dans les cheminées qui existent à l’intérieur des barrages, l’enlevage de mousses et d’herbes, la sécurisation en pied d’ouvrage : mise en place de filets, de grillages, d’ancrages, de micro–minages, pour protéger des chutes de pierres », développe M. Paulik. Mais aussi, des travaux de soudure, de serrurerie (ajustage et prise de cotes), de peinture. Ou encore, des missions d’assistance aux personnes, aux échafaudeurs au fond  d’une cuve de fioul par exemple. « Cela demande des compétences de mise en œuvre de systèmes d’évacuation, suivant les modes opératoires définis par l’entreprise, et avec des cordistes formés, titulaires d’un CQP ou CATSC . Cela s’apprend lors du passage du
CQP (certificat d’aptitude professionnel) de cordiste », souligne François Ranise.

Dans le nucléaire, l’impact de Fukushima sur le renforcement de la sécurité profite à l’activité des entreprises de travaux en hauteur. Confiner une zone dans une usine d’enrichissement d’uranium, en posant des bardages et des bâches PVC, ou en colmatant les fuites thermiques pour conserver la température d’exploitation du site, fait partie des tâches du cordiste. Il travaille également sur les aéroréfrigérants, ces grandes cheminées qui caractérisent les centrales, pour mettre en place des paratonnerres ou refaire la maçonnerie. « Il y a aussi beaucoup de travaux de contrôle, par carottage et mesure de fissure, ainsi que d’inspections, parfois visuelles. Il faut savoir identifier un défaut ou un dommage et la connaissance du milieu, l’expérience joue, en plus de la spécialisation », pointe–t–il. Quant au pétrole, attention danger ! « Les contraintes sont fortes, le cordiste travaille dans un environnement à haut risque, au milieu de vapeurs toxiques », pointe Michel Doumer.

Formation longue ou formation courte ?

Les risques du métier posent la question de la formation. Le débat n’est pas clos qui oppose les partisans du CATSC, ceux du CQP et ceux de l’IRATA. Mais il est vain. D’une part parce qu’un partenariat a été signé début 2012 entre les GRETA VIVA 5, qui délivrent le CACST, le SFETH et le DPMC, organisme délivrant un agrément aux organismes de formation faisant passer le CQP. « Un comité de pilotage a été créé afin d’avancer sur l’harmonisation des deux certifications », complète François Ranise. Depuis le mois de juillet, le DPMC gère la certification CATSC et a mis en place un CQP1 dans le cursus du CATSC.
D’autre part parce que l’IRATA n’est pas reconnu sur le territoire français. Si vous l’envisagez, c’est que vous visez des missions à l’international, par exemple dans le pétrole en Mer du Nord, chasse–gardée des anglo-saxons, où cette norme prévaut. Toutefois, il importe d’indiquer qu’un IRATA niveau 1 est obtenu en une semaine quand un CQP niveau 1 l’est en quatre. « Les niveaux obtenus ne peuvent donc être identiques », pointe M. Ranise. « L’agrément délivré par le DPMC a été créé pour vérifier que l’organisme de formation répond bien aux exigences de la branche professionnelle, en termes de technique, de sécurité, d’organisation, de compétences et d’amélioration continue. En France, le CATSC et le CQP sont reconnus comme répondant à l’obligation de l’employeur en matière de sécurité du travail, l’INRS et l’OPPBTP les préconisent », explique Stéphane Pompier, fondateur de Prométhée Conseil.

Un agrément qui répond aux besoins de la profession, d’un niveau de sécurité acceptable pour l’employeur, le salarié et les pouvoirs publics. À ce jour, outre Prométhée Conseil, quatre organismes l’ont reçu : l’ITFH à Paris, Hauteur et Sécurité à Millau, Paartner à Albertville et Verticale à Toulon.
Une mise au point qui, nous l’espérons, permettra à l’aspirant cordiste d’y voir plus clair dans le paysage touffu de la formation tant se sont multipliés les organismes ces dernières années. À tel point que les employeurs sont confrontés à une inflation de profils qui ne correspondent pas pour autant à leurs besoins : pâtissier cordiste ou comptable cordiste pour ne citer qu’eux…

Il faut donc rappeler que le certificat n’est qu’une étape vers l’emploi. L’art de la corde doit être complété d’un savoir–faire dans un métier du bâtiment ou du génie civil : soudure, peinture notamment. « Il faut par exemple savoir manier les matériaux composites », signale Michel Doumer. Des spécialisations nécessitant d’autres certifications (Cofrend et Cefracor notamment) sont donc à envisager.

Sophie Girardeau


Pour aller plus loin :

> Consulter toutes les offres d'emploi en cours dans le secteur de l’énergie et de l'environnement

> Consulter toutes les offres d’emploi en cours dans le secteur du BTP

 

 

 


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