Quels sont les effets de la crise sanitaire sur les femmes ?

Quels sont les effets de la crise sanitaire sur les femmes ?

Les effets de la crise sanitaire sur les femmes

Alors que la parité reste un énorme chantier en cours, la crise sanitaire risque de faire reculer les quelques progrès déjà enclenchés. Plusieurs études démontrent que les femmes pourraient être les grandes perdantes si les entreprises ne se montrent pas à la hauteur de cet enjeu.  

 

  • 82% des femmes disent que leur vie a été négativement impactée par la Covid-19. 
  • 60% des femmes du secteur privé ont confiance en leur avenir professionnel, soit 15% de moins que les hommes. 
  • 41% des femmes affirment ressentir de l’anxiété contre 29% des hommes

 

Les femmes plus touchées par la crise 

Le cabinet de conseil Boston Consulting Group vient de publier une étude qui examine les conséquences de la pandémie sur les salariés français et notamment les femmes. Leur conclusion est sans appel : si 33% des salariés interrogés pensent que la Covid-19 a eu un impact sur les perspectives professionnelles à court terme, l’étude démontre que les femmes ont été plus affectées par les effets de la crise, « creusant les écarts d’une situation fortement déséquilibrée ». BCG alerte même sur un possible retour en arrière dans le domaine de la parité qui, en France, avance lentement puisque le pays se hisse péniblement à la 15èmeplacement du classement établi par le World Economic Forum dans son étude Global Gender Gap 2020.

 

Le poids du télétravail

Avant le début de la pandémie, la majorité des entreprises pratiquaient peu ou pas le télétravail. Sans règles définies, sans processus établis, la transition a donc été brutale, augmentant le blurring c’est à dire la réduction de la frontière entre vie personnelle et vie professionnelle. Souvent improvisé, le télétravail a davantage pénalisé les femmes. Comparé aux hommes, elles sont « 1,3 fois moins nombreuses à disposer d'un espace isolé et 1,5 fois plus de risques d'être fréquemment interrompues lorsqu'elles télétravaillent ». Sans parler de l’augmentation des tâches ménagères, un phénomène prégnant près-Covid, et de la gestion des enfants. Mais les hommes ayant davantage participé aux partages des tâches, BCG espère « une transition vers un ‘nouvel équilibre’ à plus long terme ». On constante aussi que les femmes ont moins entretenu leur réseau ou pris la parole en réunion par rapport aux hommes et se sentent aussi plus isolées vis à vis de leurs collègues. Résultat, 60% des femmes du secteur privé ont confiance en leur avenir professionnel, soit 15% de moins que les hommes. 

 

Les conséquences sur la santé

Sans surprise, les femmes culpabilisent davantage : elles sont « 1,4 fois plus nombreuses que les hommes à penser qu'elles ne sont pas assez disponibles pour leurs enfants » tout en ayant le sentiment de devoir être tout le temps disponible pour le travail. Forcément, si on additionne le climat actuel, la charge mentale encore accrue, tout cela a des conséquences sur leur santé mentale et physique. Dans la récente étude menée par Monster « Future of Work », 41% des femmes affirment ressentir de l’anxiété contre 29% des hommes. Pour BCG, cela risque d’empêcher un « retour à la normale professionnel des femmes ». En effet, environ 60% des femmes qui ont réduit leurs horaires appréhendent un retour aux horaires avant crise, contre 40% des hommes.  43% des femmes envisagent difficilement un retour aux horaires avant crise contre 29% des hommes. L’étude similaire de Deloitte (menée auprès de 9 pays dont la France) montre que 82% des femmes interrogées disent que leur vie a été négativement impactée par la Covid-19.  

 

Le rôle des entreprises 

Pour éviter que les choses empirent, BCG suggère trois pistes de réflexions à mener du côté des entreprises. Tout d’abord,  « une prise de conscience du niveau de fragilité psychologique des salariés, et tout particulièrement des femmes ». Pour  aider ces salariés, il suggère ensuite « des mesures d'accompagnement individuelles et collectives » comme le soutien psychologique, des horaires flexibles, du coaching, des dispositifs d'accompagnement des parents... Enfin, le cabinet estime que « l'impact différencié des modes de travail, notamment la généralisation du télétravail, faisant courir plus de risques pour les talents féminins, nécessite d'être pris en considération et la mise en place d'actions spécifiques ». De son côté, Deloitte se fait l’écho d’inquiétudes similaires et définit 6 axes de travail indispensables pour atténuer les effets négatifs de cette crise et pérenniser une carrière : le travail flexible comme norme, un management empreint d’empathie et de confiance, l’importance du réseau, du mentorat et du sponsoring, l’apprentissage au quotidien, l’assurance que récompenses et promotions ne souffrent d’aucun préjugés et pour finir, faire en sorte que la diversité, le respect et l’inclusion soient non-négociables et fassent partie de la culture de l’entreprise. Reste à savoir si les entreprises seront capables de relever ses nombreux défis pour enfin pérenniser la parité hommes/femmes.

 

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