Que faut-il attendre de la nouvelle assurance chômage ?

Que faut-il attendre de la nouvelle assurance chômage ?

Que faut-il attendre de la nouvelle assurance chômage ?

Impulsées par le Président de la République, les négociations autour de la réforme de l’assurance chômage entre les représentants des employeurs et des salariés avaient été brutalement interrompues au début de l’année obligeant le gouvernement à reprendre ce dossier brûlant. Menés par le Ministère du Travail, les axes de la réforme devraient entrer en vigueur via un décret à partir du 1er novembre 2019. Une réforme qui est loin de faire l’unanimité. En effet, tous les acteurs sociaux s’estiment lésés par la méthode qui vise à résorber les 35 milliards d’euros d’endettement de l’Unedic (à raison d’1 milliard d’économie par an).

 

Un bonus-malus pour les patrons

Le gouvernement souhaite lutter contre la précarisation du travail et entend imposer un bonus-malus aux entreprises qui abuseraient des contrats courts. Un rapport de la Dares estime en effet que « la part des CDD a nettement progressé en 25 ans, notamment à partir des années 2000, passant de 76 % en 1993 à 87 % en 2017 » en particulier dans certains secteurs d’activité comme l’hébergement médico-social, l’audiovisuel ou la restauration. Le gouvernement souhaite donc moduler les cotisations sociales des entreprises pour pénaliser les mauvais élèves dans un pays où 70 % des embauches se font en contrats de moins d’un mois. Une bonne nouvelle pour les salariés qui enchaînent les contrats précaires mais une mesure très contestée par les organisations patronales qui dénoncent une décision risquant de « freiner l’activité ».

 

Plafonnement des allocations des cadres

Autre point épineux de la réforme, revoir le niveau d’indemnisation des cadres, une catégorie professionnelle moins touchée par le chômage que  l’ensemble de la population française (3,8% contre 8,8%). Sous l’impulsion de Muriel Pénicaud, la réforme vise une baisse du plafond d’indemnisation chômage qui est de 7 700 euros brut actuellement  pour le ramener à 4 800 euros. A noter que selon l’Unedic, seulement 0,05% touchent l’allocation maximale de 6 615 euros net par mois. Pour la Ministre du Travail, ces montants élevés inciteraient à rester plus longtemps au chômage. Naturellement, les syndicats concernés protestent contre cette décision. En revanche, seulement 55% des cadres interrogés par un sondage Ifop affirment être hostiles à cette réforme.

 

Réduction des droits des chômeurs

Sur 3,6 millions d’allocataires, l’Unedic indique que 1,7 million (47%) touchent des allocations et 800 000 cumulent allocations et salaires. Cette « succession de contrats courts entrecoupés de périodes d'indemnisation » déplait fortement à la Ministre du Travail. Selon elle, cette permittence n’encouragerait pas au retour à l'emploi. Par ailleurs, il serait aussi question de repenser le « mode de calcul de l’allocation, qui se fait par rapport au nombre de jours travaillés ». Selon Mme Pénicaud, 1 allocataire sur 5 toucherait plus au chômage qu’en travaillant. Des propos qui hérissent les syndicats de salariés. D’ailleurs sur ce sujet, les chiffres ne concordent pas. D’un côté, Pôle Emploi estime que 21% des demandeurs d’emploi toucheraient une allocation supérieure à leur salaire. Pour l’Unedic, seulement 4% percevraient une indemnité supérieure à la moyenne de leurs revenus antérieurs. La méthode de réduction de droits des salariés n’a, à ce jour, pas été révélée mais le Ministère du Travail estime qu’elle permettrait de réaliser 1,3 milliard d’économies. Des bouleversements qui risquent de ne pas être populaires dans un pays emprunt de tension sociale depuis plusieurs mois.  

 

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