Après les soft skills, place aux mad skills

L’avènement des géants de la Tech et l’ébullition constante de la Silicon Valley ont totalement bouleversé la façon de travailler, manager, recruter ou former. Le travail à distance, l’avènement des soft skills, le management participatif, l’open space à tout va, autant de nouvelles tendances plus ou moins adoptées par les entreprises françaises. Dernière tendance en date made in California, les mad skills qui reflètent pour Pauline Lahary, fondatrice de myCVfactory, « un besoin de compétences atypiques pour mener à bien de gros projets. On savait déjà que ces profils étaient exceptionnels, on n’avait juste pas mis de terme marketing dessus  ».  

 

Des talents exceptionnels 

Si vous associez les mad skills à un savant fou enfermé dans sa tour d’ivoire, vous avez tout faux. « On parle ici d’un loisir ou d’une passion à haut niveau qu’il s’agisse de sport ou d’artistique. Ce n’est pas un hobby, il est plutôt question d’apporter un côté professionnel à ses loisirs. Prenez une personne qui a fait Sport-Etudes à haut niveau. Si un recruteur cherche une personne, persévérante, capable d’embarquer une équipe, elle a le profil idéal. Elle saura motiver son équipe mieux que personne ». Rien d’étonnant donc que de nombreux grands sportifs se reconvertissent et réussissent. « Attention, il ne suffit pas d’avoir fait du sport de haut niveau pendant 15 ans, il faut aussi avoir fait des études qui correspondent ».

 

Des entreprises à la recherche d’exploits

Visiblement, les soft skills ne seront bientôt plus suffisantes pour se distinguer. Avec les mad skills, les recruteurs confirment une appétence grandissante pour « les compétences un peu folles d’un expert lié à un domaine hors du cadre professionnel. Elles recherchent un talent exceptionnel qui apportera une nouvelle vision » précise Pauline Lahary. Si les recruteurs basent toujours leur recherche sur les compétences techniques et le savoir-être, ils veulent aussi des profils qui sortent des rails ou pensent hors du cadre. « Un candidat persévérant dans son travail, c’est une très bonne qualité. Mais un candidat qui aura participé aux JO, on touche à l’excellence. Forcément, l’entreprise se demandera de quels performances il sera capable dans son groupe ».

 

Exploiter le loisir à haut niveau 

Mais peut-on vraiment appliquer ces mad skills quand on candidate pour un poste d’auditeur ? « En réalité, cela dépend plutôt de la culture d’entreprise. Oui, un start-up recherche souvent des pépites. Oui, les grands groupes rechignent encore à recruter sans le sacro-saint diplôme mais on constante l’émergence grandissante de l’intrapreneuriat, des sous groupes d’innovation créés au sein des sociétés pour trouver des outils et des solutions en mode startup ». Si la France découvre tout juste les mad skills, comment un candidat peut-il aborder ce talent particulier sur son CV ? Faut-il le mentionner dans la partie qui recenser les centres d’intérêt du candidat ? « Ce serait un erreur de mettre ce talent au même niveau qu’un hobby. Pour afficher sa différence, un sportif de haut niveau peut y dédier une partie entière pour parler de sa carrière, des prix gagnés, des conférences organisées ». En entretien, il faut aussi savoir se mettre en avant. « Le candidat peut valoriser son talent avec un mot clé associé. Pour le sport, c’est la persévérance par exemple. Pour certains talents artistiques, on va jouer la carte de la créativité, l’innovation, l’inspiration ». Mais pour quantifier ce talent, il faut aussi savoir analyser des exemples concrets. « Par exemple, pourquoi ne pas expliquer comment le candidat a surmonté un échec en tant que grand sportif. De cette façon, il montre une facette de sa personnalité pour la ramener à l’aspect professionnel ».

 

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