Les nouveaux métiers de la supply chain

Avec un chiffre d’affaires annuel de 200 milliards d’euros qui génère 1,8 millions d’emplois, le secteur de la supply chain affiche une santé robuste. Côté recrutement, face à la montée en puissance du la digitalisation et du big data, le marché développe de nouveaux postes tout en cherchant à remédier à des manques dans ces métiers historiques.

 

La supply chain, élément clé de l’entreprise

Dans un secteur dynamique et en pleine expansion, les ressources humaines traversent une période de tension. Marie-Laure Gaurat, directeur senior chez Page Personnel sur la division achat et supply chain lie cette situation au « fort développement de la supply chain qui a suscité un nouvel intérêt pour ces métiers. Longtemps, on a associé la supply chain aux seuls transports à la logistique d’exploitation sans forcément y voir le côté stratégique pour l’entreprise et les postes à forte valeur ajoutée que cela implique. Mais la supply chain a vraiment émergé avec la digitalisation et le marché a énormément évolué d’où l’apparition de nouveaux métiers ».  Un secteur qui pèse si lourd dans le quotidien économique que le gouvernement a imaginé un plan d’action « France logistique 2025 » axé, entre autres, sur le développement du « capital humain (pour) faciliter la visibilité de l’organisation logistique » et pallier ainsi aux challenges de recrutement.  

 

Fonctions émergentes et CDI

Disons-le tout de suite, le marché est en faveur des candidats. Selon Marie-Laure Gaurat, « les profils armés de compétences particulières sont très recherchés et trouvent vite un emploi pérenne ». Si la fonction d’analyste supply chain continue de se développer, le demand planner et le pilote de flux figurent parmi les métiers émergeants au sein des sièges sociaux. « Rattachés au supply chain manager,  ce sont des fonctions qui touchent à la gestion et la prévision des approvisionnements, des stocks, la cartographie des flux et l’amélioration des process ». Autre nouveau métier, le data analyst qui examine les flux et les tendances pour donner à l’entreprise une vision plus globale de la supply chain. « Sa mission consiste à analyser les données clients, produits, fournisseurs, performances. Plus analytique et moins terrain, il rationalise les données et fait des préconisations ». Parmi les métiers « historiques », le secteur connaît de vraies pénuries de management intermédiaire sur des sites d’exploitation. « C’est le cas du poste de chef d’équipe, un métier crucial car sans lui, la logistique ne tourne pas. Il bénéficie à tort d’un déficit d’image alors que ce sont souvent des autodidactes qui ont commencé en bas de l’échelle et évoluent vers des métiers à forte responsabilité comme responsable d’exploitation ou responsable logistique ».

 

Des compétences mais surtout des soft skills

Toutes ces nouvelles fonctions exigent des profils bac+3 ou bac+5. « C’est évidemment variable selon les entreprises. Par exemple, un gestionnaire logistique peut être détenteur d’un bac+3. En revanche, les vrais pilotes de flux ont des bac +5, ce sont profils avec des masters spécialisés supply chain ». Dans tous les cas, les recruteurs sont à l’affut des compétences spécifiques telles que « la maîtrise des outils informatiques comme Excel, la maîtrise de l’anglais puisque la gestion de flux se fait à l’international ». Mais les compétences techniques devenant obsolètes très vite (selon l’OCDE, leur durée de vie varie désormais entre 12 et 18 mois), les soft skills sont aussi essentielles dans la supply chain. « Un candidat doit faire preuve d’une bonne capacité d’analyse, être rigoureux et capable de gérer les priorités, avoir une intelligence situationnelle. Il doit aussi avoir un bon sens du contact car il est en relation avec divers services en interne et une forte appétence pour les chiffres notamment pour la partie prévision ». Des softs skills qui pourraient permettre à des jeunes diplômés de se distinguer des autres candidats.

 

Evolution interne et salaires confortables

La filiale de la supply chain, c’est aussi des perspectives d’évolution intéressantes vers des postes de responsabilité. En fonction de la taille de l’entreprises et de la polyvalence des postes, Marie-Laure Gaurat estime que les « métiers de demand planner et pilote de flux peuvent évoluer vers les fonctions de supply chain manager ou responsable des prévisions de vente. Les niveaux de salaire sont assez hauts, le demand planner ou le pilote de flux détenteurs d’un bac +5 peuvent débuter leur carrière à 35-38 k€ et le data analyst peut tabler sur un salaire d’entrée qui oscille entre 33 et 35k€ ».  

 

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