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La lettre de motivation post-entretien, celle que lisent tous les recruteurs

La lettre de motivation post-entretien, celle que lisent tous les recruteurs

S’il est admis que les recruteurs ne lisent jamais, ou si peu, la lettre de motivation, le courrier qu’envoie un candidat après un entretien retient toute leur attention. Voici pourquoi et comment améliorer sa qualité.

 

Dans un monde où l’on communique de plus en plus par courriel, « il importe de savoir faire passer ses idées à l’écrit », souligne Julien Verspieren, cofondateur du Groupe Fed. Qui plus est, certaines professions accordent une importance particulière à la qualité du rédactionnel. Celles du domaine juridique par exemple, ou de l’assistanat, ou encore du marketing et de la communication. Le monde du consulting y est également attentif. Et, aux candidats aux postes de haut niveau, on ne pardonne ni les fautes d’orthographe, de syntaxe ni le manque de structure à l'écrit.

Au sein du Groupe Fed, l’importance accordée à la lettre de motivation post-entretien est telle qu’elle fait partie intégrante du process de recrutement. « Nous la demandons aux consultants qui souhaitent nous rejoindre et, dans le cadre des missions de recrutement que nous menons, aux candidats en short-list. Transmise à nos clients, elle est lue dans 100% des cas », explique son cofondateur. Toujours personnalisée puisqu’elle est adressée à une seule personne, c’est un moyen supplémentaire de départager les candidats et de compléter l’avis du recruteur. Mais, puisqu’elle équivaut à un compte-rendu de réunion – c’est ainsi que vous devez l’envisager et surtout pas comme un catalogue de vos qualités – c’est aussi une façon de se placer dans une relation de travail et non plus dans une posture de demande d’emploi. « Le candidat doit comprendre que cette lettre est un document de travail, à ne pas bâcler donc, ce n’est pas un test », poursuit-il.

Synthétique et bien articulée

Une lettre de motivation post-entretien réussie, c’est une lettre qui bien entendu reprend les points évoqués en entretien mais qui les articule judicieusement. Les maladresses fréquemment observées peuvent empêcher l’adéquation entre les besoins de l’entreprise et l’offre du candidat. Un effort de structuration est donc demandé à la majorité des candidats, quel que soit leur niveau d’expérience, même si les jeunes diplômés sont les plus mal à l’aise avec l’exercice. « Les candidats les plus expérimentés connaissent le style qui plaît en entreprise : direct, synthétique, mêlant rédactionnel et bullet-points (ndlr : listes à puces) », observe le recruteur.

Par ailleurs, veillez à respecter les codes rédactionnels, différents selon les métiers. La lecture du site Web de l’entreprise vous en donne un aperçu, ou encore, des documents de travail que de nos jours vous pouvez facilement trouver sur la Toile (cf. les Livres blancs, les documents partagés en mode SlideShare, etc.). Évitez toutefois de tomber dans un wording outrancier, ce jargon que les littéraires réprouvent, qui signe votre appartenance à une entreprise ou un métier et dont certains se moquent avec brio, comme dans cette vidéo.

Enfin, trop de candidats négligent d’aborder dans cette lettre la culture d’entreprise ou en parlent de façon trop générale, c’est pourtant un critère important.

Une occasion supplémentaire d’échanger 

« Cette lettre fait également l’objet d’un nouvel échange entre le candidat et le recruteur. C’est une autre discussion, comme c’est le cas en entreprise après une réunion, pour faire le point », complète Julien Verspieren. Elle permet d’aborder des aspects qui ne l’ont pas été en entretien, de se rattraper si on estime avoir été mauvais sur un point. La rédiger fait prendre du recul puisqu’on est à distance de l’instantanéité de la réponse orale, de son émotivité parfois. Ce recul vous aide à faire ressortir les avantages et inconvénients d’un poste, comment vous vous y projetez, avec vos points forts et vos points faibles.

L’écrit révélant énormément, pour le meilleur ou pour le pire, l’exercice est à double tranchant, il peut servir votre candidature comme lui faire du tort. Et ceci est valable même si votre lettre infirme votre intérêt pour le poste.

Sophie Girardeau


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