Manager pour la première fois : trois écueils classiques et comment les éviter

Manager pour la première fois : trois écueils classiques et comment les éviter
Il n’est pas rare de manager à 26/27 ans et sans qualification particulière. Les débuts sur le chemin du management ne sont pas exempts d’ornières. Kim Nguyen Phuoc, intervenante à l’Institut du management des RH (IMDRH), nous les indique et donne ses conseils pour les éviter.

Mal assumer sa promotion : Appelons-la Karina. Karina vient d’être promue manager d’une équipe de trois personnes et assume à moitié sa montée en grade. Elle veut rester sur un pied d’égalité avec ses collaborateurs et pense qu’ainsi, elle sera populaire. Elle se trompe car en face d’elle ses collaborateurs veulent un manager, pas une copine. La suite de l'histoire voit se transformer Karina La Cool en Karina La Terrible. Terrible aussi pour elle qui se fait rejeter par son équipe en rébellion contre son serrage de boulons.

Vouloir tout changer : Voici, Nicolas. Très affirmé, Nicolas. Fringuant jeune manager bien décidé à imprimer sa marque, il veut, à peine nommé, tout changer. Révolutionnaire ! Kim Nguyen Phuoc, intervenante à l’Institut du management des RH (IMDRH), tempère notre enthousiasme : « Attention, avec ce type de comportement, on remet en cause la façon de faire des équipes, on ne reconnait pas le travail qui a été fait avant ». Et quand il s’agit d’un collègue qu’on a connu avant sa promotion, on se demande quelle mouche le pique.

Se prendre pour Superman : On a connu l’hyper président court-circuitant ses ministres, voilà l’hyper manager qui frustre et inhibe son équipe. C’est le cas de François qui veut tout faire parce qu’il pense que ce sera mieux fait que par les autres. Son équipe ne peut que le regarder, avec les yeux du plus écarquillé des lémuriens, se métamorphoser en être vibrionnant. « On trouve ce genre de comportement dans les environnements où il existe une très forte pression, où il faut délivrer des résultats, comme la grande distribution ou l’automobile », explique notre interlocutrice. Pauvre François qui finira par tomber malade s’il s’obstine dans cette voie. Selon l’entreprise, l’équipe, bienveillante ou non, ce qui sauve Superman, c’est son N+1 dont le rôle consiste aussi à se rendre compte des fragilités d’un poulain prometteur.

Soyez prêt à entendre et à recevoir

Face à leurs nouvelles fonctions, Karina, Nicolas et François montrent différentes facettes du manque d'assurance. Kim Nguyen Phuoc l’observe : « Ceux qui ont développé leur intelligence émotionnelle se rendent vite compte de ces écueils et changent d'attitude. Il faut s’autoriser l’empathie, c’est-à-dire être prêt à entendre et à recevoir. » Le message passe généralement bien auprès des managers de la génération Y, plus enclins que leurs aînés à reconnaître leurs limites et à demander de l'aide. "Montrer qu'on a besoin de l'autre demande de l'ouverture d'esprit", pointe-t-elle.

L’indispensable confiance en soi, l’indispensable préparation

« Si l’entreprise vous promeut c’est qu’elle reconnaît votre potentiel de manager », rappelle Kim Nguyen Phuoc pour raffermir votre confiance en vous. La préparation est aussi indispensable, l’improvisation n’a pas sa place dans sa mission. Il s’agit quand on a en charge une équipe de connaître ses dossiers, d’aller chercher l’information manquante, auprès de ses collaborateurs ou de sa hiérarchie.

Se montrer préparé rassure l'équipe et se préparer augmente l’exigence qui, elle, est un gage d’exemplarité. "L’exigence est le point de départ de la cohérence, elle fait grandir la posture managériale". Ceci est d’autant plus important dans les contextes tendus : un manager qui demande de réduire les coûts ne va pas lui-même voyager en classe affaires par exemple. « La préparation, même sur un temps court, sauve dans les contextes difficiles, les équipes en sont reconnaissantes », conclut-elle.

Sophie Girardeau

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