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'Parlez moi de vous' : une question à bien préparer pour l'entretien d'embauche

'Parlez moi de vous' : une question à bien préparer pour l'entretien d'embauche

Parler de soi en entretien de recrutement, pas si facile. Entre notre éducation qui ne nous y pousse pas naturellement, le stress du moment et l’étendue du sujet, il faut composer. Détendez–vous, vous avez là une formidable occasion de faire la différence avec vos concurrents. C’est à vous !

 

Parlez–moi de vous ! Une invitation qui peut prendre d’autres formes : Qui êtes–vous ? Qu’est–ce qui vous pousse à postuler aujourd’hui ? Pourquoi est–ce que je vous reçois en entretien ? Expliquez–moi ce que vous recherchez comme environnement, pas uniquement professionnel… Une invitation qui prend souvent le candidat de court, qui le déstabilise – parce que, quand même, si c’était un piège ? –, bien que ce point fasse l’objet de toutes les attentions dans le cadre de la préparation à un entretien de recrutement.

L’intention du recruteur

« Au–delà du fond, le recruteur attache de l’importance à la forme. En posant ce type de question, très ouverte, il veut saisir le registre du candidat », explique Alexandre Renoult, directeur associé du cabinet Rhésolution. Est–il calme, stressé, introverti ? S’exprime–t–il avec aisance, va–t–il parler de lui à la première personne (et donc dire ce qu’il a fait, lui) ou se retrancher derrière la neutralité du « on » (et donc laisser le recruteur dans le flou) ? Cette introduction permet au recruteur de choisir sa stratégie d’entretien : vais-je laisser parler ce candidat, le cadrer, lui tirer les vers du nez ? « Ce n�est pas une question pour piéger, c’est une question pour apprendre », précise–t–il.

La difficulté initiale

Des blancs dramatiques en guise de réponse, ça arrive. « En France, nous sommes culturellement dans une relation sachant/apprenant, la prise de parole, d’initiative ne sont pas encouragées », constate Alexandre Renoult. Cette posture héritée du rabâchage de « c’est moi qui sais, tu écoutes et tu te tais » ne nous porte pas naturellement à nous mettre en lumière. En entretien de recrutement, nous voilà seul sur scène. L’occasion ou jamais de briller ! Sauf qu’on ne nous pas appris, sauf qu’on ne sait pas parce qu’on ne l’a jamais fait. Une fatalité ? Non, savoir se présenter en entretien cela se travaille.

Les nombreuses façons de parler de soi

Fifty ways to leave your lover introduce you… Certains candidats commencent par parler de leur actualité, d’autres de leur frustration actuelle dans leur poste ou de leur difficulté à trouver un job. Celui–ci a choisi de partir de sa formation, celui–là de son état–civil… « Il n’y a pas de bonne réponse mais il peut y en avoir de mauvaises : une réponse récitée ou balbutiante, ou encore, abordant des points trop personnels ou trop polémiques, comme la religion ou la politique, que nous, recruteurs, n’avons pas le droit d’aborder en entretien », pointe Alexandre Renoult. De même, les candidats qui se focalisent sur des aspects très matériels – Je postule mais je voudrais savoir pour quand le poste est à pourvoir car j’ai réservé mes vacances de telle date à telle date – ne mettent pas toutes les chances de leur côté. Euphémisme.

L’importance du fil rouge

Tel candidat évoque une maison de famille en région, il fait le lien entre un élément de sa vie personnelle et l’implantation du poste et le recruteur comprend alors pourquoi un savoyard est prêt à travailler en Bretagne. Il a compris l’importance du fil rouge, qui donne de la cohérence et le guide autant que le recruteur. De même, dans cette logique de cohérence et quelle que soit votre option, veillez à éviter en introduction les écueils que vous voulez éviter tout au long de l’entretien.

Le moment pour se distinguer des autres

« Cette question/invitation introductive est le moment pour faire la différence avec les autres candidats. Le recruteur rêve à chaque entretien d’un entretien qui ne ressemble pas au précédent, il rêve de pouvoir se souvenir du candidat », souligne M. Renoult. Car les candidats trop scolaires, trop normatifs sont légion, qui récitent leur CV alors que c’est autre chose qui est attendu : ce qui justement n’apparaît pas dans le CV. « Grâce à ce moment, nous pouvons nous rendre compte de la capacité d’un candidat à faire face à une absence de repère », poursuit–il. La question, très ouverte, vous laisse en effet le champ libre mais il en faut de l’agilité pour s’accrocher à sa liberté de parole, car c’est de cela qu’il s’agit. Libre de parler de vous, vous pouvez pallier l’absence de structure à laquelle vous confronte ce type de question en interrogeant en retour le recruteur : de quel temps est–ce que je dispose pour me présenter ? voulez–vous creuser un aspect particulier ? Par exemple. Le recruteur vous laissera peut–être vous dépatouiller avec le vide mais rien que le fait d’avoir articulé un début de réponse peut vous remettre en selle. Et puis sachez qu’un recruteur n’a, a priori, aucun intérêt à vous stresser, il sait très bien que ce n’est pas en vous tétanisant qu’il obtiendra les informations dont il a besoin.

Enfin, se démarquer ne veut pas forcément dire être original. « On voit des CV originaux portés par des candidats très scolaires en entretien, et inversement des candidats qui font la différence en sachant faire le lien entre ce qu’ils ont à dire d’eux et le poste alors que leur CV est très conventionnel », conclut Alexandre Renoult.

Sophie Girardeau


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