Skip to main content

Postuler à l’anglo-saxonne : le CV

Les Français sont mal préparés au marché anglo-saxon en général. Vous aspirez à l'outre-Manche ou à l'outre-Atlantique ? Voici donc un guide en plusieurs parties pour, du CV à l’entretien, adapter votre candidature à l’environnement dans lequel vous postulez.

 

« Je suis capable de négocier avec telles enseignes et d’augmenter de tant le chiffre d’affaires de mon entreprise, je suis très motivé à la perspective de… » Si vous êtes compte clef, partant pour le Royaume-Uni ou les États-Unis, votre CV peut commencer ainsi but obviously in English – comme il vous arrive d'oublier de le rédiger en anglais, nous vous rappelons que c'est impératif.

L’IMPACT, D'EMBLÉE

Très orienté cash  – j’ai les moyens de, les compétences (skills) pour, mes résultats (achievements) le prouvent –, le CV doit montrer ce que l’on veut faire pour l’entreprise, sa valeur ajoutée en tant que candidat. « Les compétences et envies viennent en premier », explique Éric Abdelhamid, directeur chez Hudson Grand Sud. La sélection en France est polluée par la cosmétique école, diplôme, âge alors que « dans le monde anglo-saxon, on va plus à l’essentiel des capacités du candidat à s’épanouir, à agir et à s’intégrer dans l’entreprise, cela doit se voir dans le CV », ajoute Thierry Andrieux, fondateur d’Humanessence. « C’est un élément marketing qui doit avoir un impact fort et rapide », complète Maxime Masraff, directeur chez Michael Page et Page Personnel pour la côte Est des États-Unis. Lui-même apprécie particulièrement les CV commençant par un titre composé de trois à cinq mots clefs « qui représentent l’expérience » : Marketing – Digital – PR par exemple, ou bien : Commercial – Grands Comptes – SAP – Bilingue – MBA.

LE FORMAT

Alors que le CV anglais peut facilement atteindre cinq à six pages, l'américain doit se limiter à une page pour les candidats de moins de dix ans d’expérience, à deux pages pour les autres. Les Anglais « aiment comprendre ce qui s’est passé dans un parcours, vers quoi se projette le candidat, l’en-tête du CV peut presque ressembler à une lettre de motivation. Le recrutement peut ensuite se faire en une demi-heure car tout a été expliqué de façon à donner envie au recruteur », développe Éric Abdelhamid. Notez par ailleurs que le CV européen n’est pas du tout adapté aux États-Unis.

LE CONTENU

Les références : dans l’univers anglo-saxon les références ont du poids, ainsi, quand on postule dans un cabinet anglais ou américain, « il faut mentionner systématiquement des références de personnes ; les candidats très internationaux sur LinkedIn les citent d’ailleurs en amont », souligne Éric Abdelhamid. Il conseille donc d’étudier ces profils-là sur ce réseau – de loin le plus puissant aux États-Unis –, pour se donner une bonne idée des CV attendus dans ce contexte.

Le poids des lois anti-discrimination aux États-Unis : le CV américain ne comporte ni photo, ni adresse, ni mention de l’âge, du genre, de la situation maritale, ni, théoriquement, d’indication de la situation de visa. Maxime Masraff recommande toutefois de préciser ce dernier point.

L’expérience entreprises : après avoir indiqué le nom de la société (le CV peut être chronologique), détaillez son activité et son positionnement sur le marché. « Les Américains sont très orientés résultats et prestige, n’hésitez pas à utiliser des mots comme leader, start-up », conseille-t-il. Puis, sous votre intitulé de poste, parlez de votre mission en deux trois lignes, en notant des éléments clefs pas trop génériques pour faire remonter votre CV du fin fond des bases de données. Celles-ci fonctionnant toutes par mots clefs, restreignez le champ : grand compte, SAP, AS 400, CAC 40 vous cernent mieux que gestion par exemple, qui est beaucoup trop large. Viennent ensuite vos résultats (achievements), ils comptent énormément : « Choisissez deux ou trois exemples pouvant être des sujets de conversation en entretien, qui montrent que vous avez le sens du résultat », précise Maxime Masraff. Cela peut être mise en place de SAP pour un CFO (Chief Financial Officer) ; augmentation de 30% du CA et ouverture de tel grand compte pour un commercial ; lancement d’une marque avec un budget de tant pour un profil communication ou relations publiques ; restructuration avec pertes de tant en année 1 puis profits de tant en année 2 pour un profil direction générale… La notion de confidentialité des clients n’existant pas outre-Atlantique, profitez-en pour parler de vos clients prestigieux ou n’hésitez pas à vous valoriser en mentionnant un prix, une récompense. Indiquer que vous avez été employé du mois ou de l’année, un plus !

La formation (education) : attention à la terminologie des diplômes, « il faut l’adapter à celle du pays où l’on postule », insiste Éric Abdelhamid. Aux États-Unis, on opte donc pour High school au lieu de lycée, pour High school diploma level O (ordinary) au lieu de BEPC, pour High school diploma level A (advanced) au lieu de Bac. Par ailleurs, à part l’INSEAD et la Sorbonne, auréolée d’un certain romantisme, on ne connaît pas vraiment les écoles françaises aux États-Unis. « Appuyez-vous sur le classement du Financial Times ou du New-York Times – un classement américain – pour positionner votre école », recommande Maxime Masraff. Nuançons car dans certains domaines comme le luxe, la finance, le management général, les programmes français peuvent être reconnus. « Les écoles françaises sont appréciées en général et plus particulièrement les MBA d’écoles de commerce », observe pour sa part Éric Abdelhamid.

LA FORME

Enfin, à moins d'intervenir dans le domaine du graphic design et dans ce cas de vous passer de CV au profit d'un lien renvoyant à vos réalisations en ligne, évitez le CV trop "créa" et misez sur la sobriété.

Sophie Girardeau


Back to top