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Emploi dans la fonction publique territoriale, un état des lieux

Emploi dans la fonction publique territoriale, un état des lieux

Si les emplois aidés disparaissent, les métiers techniques recrutent et les fonctions supports connaissent un changement d’échelle.  

Alors que dans les collectivités locales, les recrutements sont très fortement réduits depuis les municipales de 2014 (on remplace mais on ne crée pas de postes, et les embauches ne concernent que les cadres supérieurs ou les experts), alors que l’on sonne le glas des emplois aidés, des opportunités subsistent pour les métiers techniques et les fonctions supports.

Emplois aidés dans les services de proximité : les élus feront des efforts pour les garder

Ces contrats (CUI-CAE, contrat unique d’insertion – contrat d’accompagnement dans l’emploi, pour le secteur non marchand) sont la plupart du temps des emplois d’insertion de jeunes diplômés, ou de personnes éloignées de l’emploiDans une ville de 20 000 habitants comme Gujan-Mestras en Gironde, qui compte 345 agents publics de la fonction territoriale, « on n’a plus de contrats aidés depuis une dizaine d'années, on a transformé progressivement ces emplois précaires en emplois durables et légitimés », explique Tony Lourenço, fondateur de Territoires RH.

Mais sur les 35 000 communes françaises, 80% sont de moins de 5 000 habitants. Avec un effectif variant de 30 à 130 agents en propre dans ces mairies, on a recours aux emplois aidés. « Les élus feront des efforts pour garder ceux qui concernent les services directs et de proximité à la population (éducation, restauration...), mais il y aura de réelles difficultés à maintenir les emplois aidés dans les services moins directs comme les espaces verts », ajoute-t-il. Pour ces derniers, qui peuvent être traités par des associations d’insertion ou de réinsertion professionnelle – bras armés des collectivités sur le territoire –, la tendance est à la délégation de service public à des opérateurs privés.

Il y a un marché dans le public pour les cadres intermédiaires

« Actuellement, le secteur public peine à recruter des cadres intermédiaires de catégorie B (niveau Bac à Bac+2). Il y a donc un marché pour ces candidats, par exemple à des postes de responsable bâtiment », explique notre interlocuteur. Il s’agit de postes de titulaires mais souvent pourvus à défaut sous contrat, à moins de passer le concours, bien que, contrairement à la fonction publique d’état, l’obtention d’un poste à l’issue du concours ne soit pas systématique et qu’il faille chercher son emploi comme dans le privé. 

« Ces postes sous contrat peuvent être titularisés à terme, par la voie d’examen professionnel, après une embauche en catégorie B ou C, bien que la tendance actuelle favorise plutôt la délégation aux acteurs privés », développe-t-il. Des postes sont à pourvoir dans tous les métiers techniques ou assimilés, et concernent l’ensemble des métiers que l’on trouve dans un centre technique municipal (espaces verts, voirie, bâtiment…) ou en intercommunalité (eau, assainissement, déchets...).

 

Changement d’échelle pour les fonctions supports

« Avec la fusion d’intercommunalités en 2017 et la mutualisation des services qu'elle génère, on passe d'une échelle d'organisation de type TPE à celle d'un grand groupe. On ne coupe pas de têtes, on redéploie les hommes et les compétences », note Tony Lourenço. Les cadres des directions financières, ressources humaines, achats notamment, voient ainsi leurs fonctions changer d’échelle. Ce passage du simple au triple, en termes de dimension de structure, est également l’occasion de créer des postes en fonctions supports.

 

Sophie Girardeau


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