Peut-on postuler avant l’été ?

En France, les idées reçues ont la dent dure. Ainsi, on pense encore que pendant la période estivale, le monde du travail cesse de fonctionner et qu’il ne sert pas à grand chose de postuler. « Aucune entreprise ne peut s’arrêter de travailler pendant deux mois sous peine de mettre en péril son activité. Le marché du recrutement ne dort jamais » insiste Grégory Lachmany, directeur des divisions Finance, Comptabilité, RH et paie, Expertise comptable et audit de Walters People.  D’ailleurs, certains secteurs recrutent spécifiquement pour les remplacements d’été tandis que d’autres embauchent « en raison de la saisonnalité, des pics d’activités ou d’investissements humains dans des entreprises en plein développement ».

Le candidat se différencie

Dans des marchés de candidats assez pénuriques, une personne qui postule en été peut facilement se distinguer car elle fait preuve de sérieux et d’anticipation. «  Il faut être proactif dans sa recherche d’emploi. Les recruteurs adorent qu’on les sollicite, cela montre un vrai niveau de motivation et de préparation. Le candidat peut déclencher un processus de recrutement quitte à ce qu’il aboutisse à la rentrée. En effet, les entreprises établissent souvent leur budget recrutement à ce moment là. Ils veulent identifier leurs futurs collaborateurs pendant le troisième trimestre, les intégrer et les former pour qu’ils soient totalement opérationnels au début de l’année suivante ». Au sein de l’entreprise, ce ralentissement est aussi bénéfique pour le recruteur moins sollicité par la gestion de son quotidien. « Les recruteurs n’ont pas forcément autant de tâches à gérer, ils peuvent se concentrer sur les CV qu’ils reçoivent ».

Quand et comment bien postuler

Même si les recruteurs ne partent pas tous en vacances pendant les périodes scolaires, y a-t-il une date idéale pour déclencher ce processus ? « Il faut être actif en permanence. Et pour réussir, le candidat doit avant tout définir son projet professionnel. Une fois qu’il est établi, il a besoin d’identifier les décisionnaires de l’entreprise, non par défaut mais par affinité en terme de projet ». Pas la peine donc d’envoyer une centaine de CV, c’est une perte de temps et cela s’avère décourageant. « Cela donne l’impression que le candidat n’a pas réfléchi à son projet. Or, un employeur privilégie aussi les qualités de réflexion du candidat qui veut s’inscrire durablement dans l’entreprise. Comme souvent, quand on prépare bien les choses, on a une force d’impact plus forte. Le recruteur remarque la préparation et cela lui donne envie ».

Partir en vacances>

Même si vous avez envoyé des CV, rien ne vous empêche de profiter de la plage ou de la montagne tout en sachant être disponible. « Il faut rester vigilant sur les retours de ces envois. Grâce aux nouvelles technologies, un candidat peut s’isoler pour discuter via téléphone ou vidéo. Et si le processus de recrutement est urgent, si le candidat est motivé par l’offre, il peut très bien décider de revenir pour l’entretien. C’est une belle preuve de motivation pour le recruteur ».

Le moment de la relance

Postuler pendant l’été c’est bien, faire le suivi c’est encore mieux. « Il faut penser au mail de relance sous une semaine maximum. Cela montre qu’on est intéressé par l’entreprise et c’est aussi l’occasion de voir si le recruteur est en congés grâce au retour du mail d’absence. On peut aussi appeler le contact pour faire le point sur sa candidature. Si elle ne l’intéresse pas, il ne faut pas hésiter à demander du feedback pour comprendre ce qui a empêché la sélection et identifier les points à améliorer » conclut Grégory Lachmany.

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