Pourquoi le BTP peine à attirer les jeunes ?

Pourquoi le BTP peine à attirer les jeunes ?

le BTP et les jeunes

Télécom, rénovation, grands chantiers : le BTP ne connaît pas la crise. Pourtant, ce secteur rempli d’opportunités peine toujours à recruter, desservi par des clichés qui ont la dent dure :

  • C’est la voie des mauvais élèves
  • C’est un métier physique et pénible
  • C’est un milieu majoritairement masculin

 

La mauvaise image du BTP

La France a tendance à regarder de haut les métiers manuels. Depuis des décennies, les métiers du BTP souffrent d’un déficit d’image « Cela fait une trentaine d’années que la construction souffre d’une mauvaise image. Culturellement, les métiers manuels ont été beaucoup dévalorisés, on a longtemps dit à un jeune que s’il n’était pas bon élève, il irait travailler dans le bâtiment » regrette Stéphane Dupont, Manager du centre expert BTP de la région sud-ouest chez Randstad. Résultat, les difficultés de recrutement persistent alors que le secteur est en plein boom. « On se retrouve avec une pyramide des âges qui n’est pas du tout favorable avec une partie de la population qui va partir à la retraite et pas assez de candidats  pour assurer la relève ».  

Le contre argument : Il y a un véritable travail de fond à entreprendre pour faire évoluer les mentalités. « Pour cela, les acteurs du secteur promeuvent ces métiers avec des portes ouvertes ou des interventions dans les écoles », précise-t-il. Et puis, travailler dans le BTP c’est l’assurance d’avoir un travail, une belle carrière et un bon salaire. « On peut démarrer au bas de l’échelle, acquérir les compétences nécessaires et évoluer rapidement. Avec le télétravail, les besoins de rénovation, il y a de vraies opportunités pour les métiers de la plomberie, menuiserie, peinture, décoration etc. On peut aussi travailler près de chez soi mais si on a envie de voir le monde, on peut aller sur des chantiers à l’étranger. Enfin, les salaires dans le BTP augmentent plus que la moyenne nationale avec une évolution de 2 à 3% chaque année. Sans parler des avantages annexes comme les paniers repas, les primes de déplacement voire même un véhicule, les équipements de protection personnelle (EPI) et un téléphone par exemple ».

 

Les métiers BTP sont physiquement éprouvants

Certains métiers du secteur sont très physiques. La pénibilité d’une activité souvent exercée en plein air peut aussi en rebuter certains. « C’est vrai, ce sont des métiers qui soumettent ceux qui les exercent à la météo et aux intempéries surtout sur des chantiers  de gros œuvre. Ce sont aussi des métiers physiques qui exigent des positions agenouillées ou qui nécessitent de porter des charges lourdes ».

Le contre argument : Le BTP a su se moderniser en s’appuyant sur des avancées technologiques. « Les entreprises ont comme obligation légale de veiller à la sécurité et la santé de leurs employés. Elles ont fait des efforts pour limiter l'apparition  des troubles musculo-squelettiques liés à la pratique du métier et tout est mis en œuvre pour réduire le poids des charges et sensibiliser les salariés aux bons gestes et postures. Les métiers évoluent aussi avec la technologie qui améliore la vie sur les chantiers. Par exemple, pour ouvrir une tranchée, il est rare de se servir de pelles et de pioches, on utilise plutôt un mini engin. L’exosquelette est en train de se déployer et permet de porter des charges sans forcer sur les muscles ».

 

Le BTP, un métier d’homme ? 

On ne peut le nier : c’est un milieu majoritairement masculin même s’il existe de nombreux emplois ouverts aux femmes. En 2020, la FFB recensait 12,3% de femmes dans le bâtiment : 45,3% dans la catégorie employés et techniciens, 20,3% de cadres et 1,6% parmi les ouvriers. « Certes, les métiers du gros œuvre et des travaux publics sont souvent occupés par des hommes en production mais nous les retrouvons en encadrement de chantiers.Nous voyons de plus en plus les  femmes dans le secteur de la décoration, la peinture extérieure ou la menuiserie. Dans l’encadrement, elles sont cheffes de chantier, conductrices ou directrices de travaux ».

Le contre argument : Le retour en grâce de l’apprentissage pourrait aussi aider à féminiser le métier. « Depuis 3 ans, l’image de l’apprenti évolue positivement. Des jeunes et des moins jeunes se lancent dans cette voie pour apprendre un métier manuel. Dans le BTP, l’apprentissage permet de mettre immédiatement en œuvre les compétences acquises. Les formations pour adultes organisées par Randstad accueillent aussi des profils en reconversion qui ressentent un vrai besoin de revenir à du concret » conclut Stéphane Dupont.

 

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