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Quatre bonnes pratiques pour négocier votre salaire

Plus vous en savez sur les pratiques de l’entreprise et votre prix sur le marché, mieux vous évaluez votre marge de manœuvre en fait de négociation salariale.

Il y a moins de dix ans, les mots « salaire » et « tabou » se côtoyaient encore souvent dans la même phrase. Puis les Millennials sont arrivés, ont parlé de la rémunération comme d’un critère de choix comme un autre et on a pris moins de pincettes pour aborder le sujet. Merci les jeunes ! Si les pincettes sont moins d’usage, de bonnes pratiques aident à se situer pour négocier au mieux une augmentation ou un salaire d’embauche, quand il y a lieu de négocier.

Choisir le bon moment

Si vous êtes en poste et voulez demander une augmentation, « ne prenez jamais votre manager au dépourvu, choisissez un moment adéquat pour aborder la question : soit l’entretien d’évaluation, soit un entretien spécifique dont vous faites la demande », recommande Catherine Dervaux, directrice des projets de recrutement grands comptes chez Menway Talents. Parlez-en avant la période d’établissement des budgets car il est trop tard une fois qu’ils sont bouclés – selon les entreprises, cette période se situe entre octobre et novembre, ou en février.

Dans le cadre d’un recrutement, l’entretien téléphonique de présélection est un premier moment pour vous situer par rapport à une fourchette donnée qui, nous le rappelons, n’est pas un dû mais une indication (c’est aussi une occasion d'effectuer un peu de veille salaire). « Les contraintes de temps et de productivité font que les recruteurs abordent la question dès ce moment, si c’est pour vous un critère essentiel, vous déterminerez à ce stade de la suite à donner », précise notre interlocutrice. Sachez qu’un recruteur n’aime pas l’idée qu’un candidat soit uniquement motivé par le salaire, c’est la raison pour laquelle on évite d’aborder le sujet en début d’entretien.

Connaître les pratiques de l’entreprise

Les grilles de salaire et les enveloppes budgétaires posent des limites à la latitude de négociation, ayez ceci à l’esprit. « Un manager qui accorde ou refuse une augmentation a aussi en tête un souci d’équité vis-à-vis du reste de l’équipe, sa décision ne tient pas qu’aux seuls résultats d’un collaborateur », explique-t-elle. Dans certaines entreprises, les rémunérations sont « pesées » en fonction des niveaux de diplômes et des classements des écoles. Être au fait de ces éléments-là vous aide à mesurer vos chances.

Savoir ce qu’on vaut sur le marché

« Le marché est inégal et dépend des filières métiers et des secteurs », souligne Catherine Dervaux. On dit qu’il est plutôt favorable aux cadres et aux techniciens, c’est très relatif. Vous le savez si vous êtes un cadre RH par exemple, c’est-à-dire un profil qui n’est pas rare sur le marché, contrairement aux profils IT. Un cadre financier ne se vendra pas non plus au même prix dans la grande distribution, dont les fourchettes sont traditionnellement basses, que dans les services. Le fait d’être chassé, d’être un profil pénurique, rare ou expert change aussi le rapport de force. N’allez pourtant pas croire que les employeurs répondent systématiquement à la pénurie de certains profils par une surenchère salariale.

D’autres critères, comme le niveau d’expérience ou l’implantation géographique du poste, ont également une influence. Complétez les informations publiées dans les enquêtes salaires et dans les offres d’emploi, celles données par les applications de simulation de salaire qui vous aident à comparer/calculer le vôtre (Salaireomètre de Randstadt pour les non cadres, Salary Checker de Robert Walters, Salairescom d’Elae pour les métiers de la communication…), avec les informations obtenues en discutant avec votre réseau et les recruteurs. Les jeunes diplômés quant à eux doivent se renseigner sur le salaire moyen pratiqué à la sortie de leur école.

Savoir ce qu’on veut, au niveau du salaire et au-delà

« Il faut aborder la question du salaire packagé, penser aux avantages mais aussi aux autres systèmes de rémunération comme l’intéressement et la participation quand ils existent dans l’entreprise », poursuit notre interlocutrice. Négocier un salaire ou une augmentation est un jeu de questions/réponses. « Allez-y par paliers successifs, optez pour la souplesse plutôt que pour la position arrêtée », recommande-t-elle. Enfin, cela fait appel à votre libre-arbitre, sachant que la mission du poste, l’ambiance et les conditions de travail, les perspectives d'évolution ont aussi une valeur.

Sophie Girardeau

 

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