Que faire si vous êtes discriminé en raison de votre orientation sexuelle ?

La LGBTPhobie existe en France obligeant une minorité à l’invisibilité. Un guide publié en 2017 par le Défenseur des droits révélait qu’entre 1 et 2 millions de personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transidentitaires (LGBT) cacheraient leur orientation sexuelle au travail. Cette hésitation à parler de son orientation sexuelle provient en effet, de la « crainte des conséquences négatives que cela pourrait avoir sur leurs conditions de travail. Cette réticence semble corroborée par les données recueillies : plus d’une personne  homosexuelle sur quatre a constaté une détérioration de ses relations professionnelles  après « s’être dévoilée ». L’Enquête LGBT dans l’UE effectuée en 2012 par l’Agence pour les droits fondamentaux de l’Union Européenne démontrait que 41% des sondés français affirmaient s’être sentis discriminés ou harcelés en raison de leur orientation sexuelle au cours de l’année écoulé.  

 

Discrimination dans la recherche d’emploi et au travail 

De son côté, Homophobie dans l’entreprise estime que « 12,7% des personnes LGBT ont déjà été questionnées sur leur orientation sexuelle lors d’un entretien d’embauche », ce qui est formellement interdit par la loi. SOS Homophobie estime reçevoir 1500 témoignages annuels de discrimination à l’emploi, l’homophobie touchant tous les secteurs d’activité professionnelle. A noter qu’une lesbienne sur deux déclare subir au moins une des deux formes de discriminations et 22% d’entre elles déclarent subir à la fois sexisme et homophobie. Ces types de comportement poussent donc les salariés LGBT à cacher leur orientation sexuelle, une décision douloureuse pouvant entrainer des conséquences sérieuses sur sa santé morale, physique et empêcher son intégration sociale dans l’entreprise.

 

Des taux de non-signalement très élevés 

Par crainte de représailles ou parce qu’ils estiment que cela ne sert à rien, les salariés LGBT peinent à entamer des actions légales même si la loi est de leur côté. Pour preuve, en 2014, SOS Homophobie constatait que 56% des sondés ne recevaient pas de soutien face aux actes homophobes dans l’entreprise. Une absence de réactivité qui contribue à nier le statut de victime aux homosexuels discriminés. Les salariés estiment aussi que se dévoiler pourrait être perçu comme une provocation entrainant des conséquences graves. Les chiffres tendent à leur donner raison : 12% des salariés homosexuels estiment avoir été évincés d’une promotion en raison de leur orientation sexuelle au moins une fois durant leurs parcours professionnel et 20% des personnes LGBT déclarent avoir choisi une entreprise ou des métiers gay-friendly pour échapper à un climat du travail potentiellement homophobe.  

 

Les recours contre la discrimination sexuelle

Des associations comme SOS Homophobie effectuent un gros travail de sensibilisation au sein des entreprises. Mais pour que les choses bougent vraiment, il faut en parler à l’instar de « me too », responsable d’un débat (inter)national sur le sexisme au quotidien. La discrimination revendiquée ou invisible est illégale,  l'auteur des faits risque une peine pouvant aller jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende. Les recours sont multiples : signaler en ligne tout comportement discriminatoire auprès de la police, vous adresser au Défenseur des droits qui pourra, en fonction de la nature de situation, proposer une médiation, une transaction ou bien une action en justice. Dans le cadre professionnel (refus d'une promotion, licenciement abusif, discrimination à l'embauche...), vous pouvez également saisir, le conseil des prud'hommes pour le secteur privé ou le tribunal administratif pour le secteur public. Pour enfin éradiquer ce fléau…

 

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