Comment agir si vous êtes confronté à des comportements LGBTphobes ?

Comment agir si vous êtes confronté à des comportements LGBTphobes ?

Les discriminations LGBT au travail

En février 2020, paraissait le deuxième baromètre publié par l’association autre cercle qui se penchait sur l’inclusion des personnes  LGBT + en France. Même si l’étude relève des signes encourageants (5 employés sur 10 sont à l’aise avec l’éventuel coming out d’un collègue), il n’en reste pas moins que trop de salariés LGBT+ décrivent des situations professionnelles malsaines. En effet, le baromètre révèle qu’une 1 personne LGBT sur 4 a déjà été victime d’au moins une agression LGBTphobe dans son entreprise, 41% des employés ont déjà entendu des expressions LGBTphobes et 1 personne LGBT sur 2 ayant eu des pensées suicidaires en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre a subi des moqueries ou des propos vexants. Que faire alors pour endiguer cette situation préoccupante ? Réponse avec Catherine Tripon, porte parole de autre cercle, une association qui travaille depuis 1997 à l’inclusion des personnes LGBT+ dans le monde professionnel.

 

Etre prêt à faire son coming out

Si vous faites partie de ces salariés LGBT moqués ou discriminés au sein de leur entreprise – ce qui est formellement interdit par la loi -  il n’est pas toujours aisé de savoir comment réagir face à un collègue qui tient des propos homophobes. Pour Catherine Tripon, « la façon de réagir d’un salarié victime de LGBTphobie va dépendre de sa personnalité et de sa capacité à parler. Si certaines personnes n’hésiteront pas à interpeller l’auteur des propos pour lui dire que ces mots sont inacceptables et blessants, d’autres salariés n’oseront pas : pour certains, cela implique de faire leur coming out et ils n’y sont pas prêts. Pour certains salariés, cela peut être aussi compliqué s’il s’agit de leur premier job, s’ils sont en CDD ou en période d’essai ». 


A qui en parler ?

Si vous ne souhaitez pas confronter le collègue en question, Catherine Tripon conseille donc d’identifier le bon interlocuteur. « Si ces insultes sont répétitives, on peut demander un rappel à l’ordre de la part de l’entreprise. En fonction de la taille de la société, on peut se tourner vers les RH, le responsable administratif, le délégué du personnel ou bien le patron, s’il s’agit d’une TPE. Si vous êtes ouvrier et vous n’osez pas aborder le problème avec votre contremaitre, vous pourrez directement aller voir votre chef d’atelier si vous le sentez plus réceptif. Quel que soit l’interlocuteur choisi, il faut lui demander un entretien, réfléchir en amont à ce que l’on va dire et relayer l’incident sans forcément nommer la personne responsable du propos ».

 

Demander de l’aide

Si vous estimez que l’atmosphère sur votre lieu de travail est plutôt LGBTphobe ou si les insultes sont répétitives, des associations LGBT+ comme autre cercle peuvent aussi prendre contact avec l’entreprise. « Nous conseillons ou nous proposons une intervention en entreprise. Cela peut parfois suffire à endiguer le problème, stopper les stéréotypes et rappeler l’importance de la neutralité dans le cadre professionnel ». Si vous avez besoin de conseils ou d’assistance, vous pouvez également contacter le RAVAD (Réseau d’Assistance aux Victimes d’Agression et de Discrimination).

 

Prouver la LGBTphobie discriminatoire

La LGBTphobie ne se manifeste pas que par des insultes, elle peut être plus pernicieuse et donc plus complexe à prouver. Et dans le cas d’agissements discriminatoires, c’est à la personne discriminée d’apporter la charge des preuves. « Vous avez constaté que depuis que l’on sait que vous êtes LGBT, les comportements à votre égard ont changé : vous ne gérez plus de dossiers intéressants, vous êtes mis à l’écart, vos formations sont refusées, vous avez soudainement les pires horaires de l’équipe ou les secteurs les plus difficiles à gérer. Vous pouvez monter un dossier et y assembler des preuves » explique Catherine Tripon. Si vous ne disposez pas de mails ou de témoignages directs, les faisceaux de présomption peuvent jouer en votre faveur. On examine la carrière de la personne, on remarque qu’elle a progressé, elle a eu des formations, des promotions, des hausses de salaires et soudainement, plus rien. Certes, il n’y a pas de preuve écrite de LGBTphobie mais les faits sont là ».

 

Vous n’êtes pas le problème

Catherine Tripon souligne que « subir ce genre de situations peut contribuer à l’isolement et une fragilité psychologique d’un salarié LGBT. Il ne faut pas hésiter à consulter son médecin traitant ou le médecin du travail qui pourront éventuellement vous diriger vers un spécialiste ». Lutter contre l’isolement et le silence autour des ces violences, c’est aussi être conscient que le salarié LGBT n’est coupable de rien.  «  Votre N+1 ou votre patron vous diront peut-être que vous êtes un empêcheur de tourner en rond. Mais sachez que vous n’êtes pas le problème, vous êtes dans votre droit. La LGBTphobie, c’est le problème de l’entreprise ou du harceleur ».

 

Contacter autre cercle : 

https://www.autrecercle.org/

 

RAVAD

En cas d’urgence

06 17 55 17 55

urgence@ravad.org

 

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