Networking : retour aux fondamentaux

L’essor des réseaux numériques a facilité la mise en relation avec de nombreux professionnels mais pu faire perdre de vue ce que networker veut dire. Retour sur les fondamentaux du réseautage. Vous cherchez un job ? Il faut activer votre réseau, tous vos amis vous le diront. Encore faut-il bien s’y prendre. « La plupart des gens ne réfléchissent pas en amont à cette démarche, manquent de discipline et font n’importe quoi. C’est dommageable car le réseau est un fusil à un coup, on ne peut solliciter une personne qu’une fois », constate Hervé Bommelaer, consultant en transition de carrière au sein de L’Espace Dirigeants et auteur de plusieurs ouvrages dont Trouver le bon job grâce au réseau. Le réseautage, ou Networking, permet de rentrer en relation avec d’autres personnes, mais pour que cela puisse fonctionner, les rencontrer est primordial. « Les réseaux numériques peuvent faire penser que le réseau aujourd’hui est sur Internet, or, les plateformes virtuelles ne sont que des facilitateurs et des accélérateurs, la magie du réseau, c’est la rencontre dans la vie réelle,  », rappelle Hervé Bommelaer. Facilitateurs et accélérateurs sont régulièrement confondus avec accumulateurs et font oublier les trois fondamentaux de la démarche réseau : la confiance, la politesse, la force des liens faibles. La confiance Nous parlons bien de confiance, pas de piston. Une personne n’ouvre son carnet d’adresse et ne vous recommande que si elle a confiance. Et vous-même irez vers une personne à laquelle vous accordez du crédit — il s’agira le plus fréquemment d’un de vos anciens collègues. Lui envoyer votre CV ne sera d’aucune utilité dans l’établissement de cette confiance mutuelle, évitez à tout prix de le faire, cela ne marche jamais — plus d’un spammeur vous le confirmeront.  « Il importe avant tout de recréer le lien avec la personne en question, en sollicitant un entretien avec elle. Si l’entretien se passe bien, et à cette condition, vous pourrez lui demander de vous orienter vers d’autres personnes, et ainsi de suite », explique Hervé Bommelaer. La confiance ne se décrète pas, elle se construit et s’entretient en montrant notamment de l’intérêt pour autrui. La personne que vous sollicitez peut vous conseiller mais n’a pas à régler votre problème, sachez établir un échange avec elle. La politesse La politesse contribue également à établir la confiance. Une personne vous a accordé du temps, remerciez-la dès le lendemain par email. Ce rappel peut vous étonner mais la récurrence des oublis et de certaines maladresses nous y pousse. À bannir de vos écrits, les abréviations, les fautes d’orthographe et de syntaxe, la familiarité (les smileys en sont une forme). Et comme plusieurs personnes ont permis que vous en rencontriez une, puis deux, etc., « pensez à remercier toutes celles qui vous ont aidé, celles que vous connaissez (réseau primaire) et celles que vous ne connaissez pas (réseau secondaire, tertiaire, voire le quatrième cercle), qui vous ont simplement donné des contacts, surtout pas de réseau Kleenex ! », insiste Hervé Bommelaer. La force des liens faibles Affects obligent, solliciter ses parents et/ou ses amis est compliqué, aussi convient-il de privilégier les démarches de professionnel à professionnel. « L’erreur du réseauteur amateur est d’appeler les dix personnes qu’il connaît le mieux, oubliant par là même que les proches peuvent parfois être toxiques », pointe Hervé Bommelaer. Déjà six mois que tu cherches un job et toujours rien ? s’enquière-t-on d’un ton soucieux. L’inquiétude d’un ami n’est pas forcément ce dont vous avez besoin et il est plus aisé de se positionner en professionnel lorsqu’on sollicite une personne extérieure à son premier cercle. Il ne s’agit pas d’exclure vos proches, seulement d’attendre d’eux un soutien à d’autres niveaux. Pour que le réseau fonctionne, il faut donc donner envie, en étant poli, en ayant un projet, en étant enthousiaste, fiable, précis, en ne demandant aux gens que ce qu’ils peuvent donner. C’est sur le tard et sur le tas — et non pas dans les écoles ou universités — que l’on apprend l’importance du réseau, quand on n’a pas le choix, quand on est en recherche, en demande. Aussi exigeant soit l’exercice, il est payant ; dans les métiers aux CSP+ on estime que huit emplois sur dix se trouvent grâce au réseau. « C’est un bel outil méconnu, qu’on ne peut pas manier en amateur, n’hésitez pas à vous entraîner », conseille Hervé Bommelaer. Ceux qui vous accompagnent dans vos recherches (Apec, Pôle Emploi, cabinets d’outplacement ou de recrutement, associations…) vous y aideront.   Sophie Girardeau